Aïas, Ajax (édition bilingue français / grec ancien)

Traduction PAUL DEMONT 

À propos

Le titre choisi, Aïas, pour cette nouvelle édition de l'Ajax de Sophocle montre son orientation : la fidélité au grec. Le héros de Sophocle rapproche explicitement son nom du cri de douleur Aïaï. Le guerrier protecteur de l'Iliade, le héros officiel d'une « tribu » de la Cité d'Athènes, est ici un soldat perdu, traumatisé, un être de douleur. Il a tué des bestiaux au lieu de ceux qu'il visait, les Atrides et Ulysse, pourtant ses compagnons d'armes à Troie, mais qui l'avaient, estime-t-il, déshonoré en lui refusant les armes divines d'Achille après la mort de celui-ci, et en les accordant à Ulysse. C'est qu'Athéna, comme elle le montre à Ulysse dans un prologue extraordinaire, l'avait rendu fou, redoublant son déshonneur. Il n'a donc plus d'autre choix que la mort, et refuse d'écouter les objurgations de sa compagne Tecmesse et du choeur de ses soldats de marine. Après avoir feint ensuite de céder (pour mieux se débarrasser d'eux), il se suicide, seul devant les spectateurs, dans une autre scène exceptionnelle. Le roi Agamemnon interdit à son demi-frère Teucros, d'abord par l'entremise de son frère Ménélas, puis en venant en personne, qu'on ensevelisse celui qui a trahi l'armée achéenne, mais Ulysse, pris de pitié devant la façon dont la déesse Athéna s'est jouée de lui, obtient non sans mal que les Atrides lui accordent les funérailles auxquelles tout homme a droit en vertu des lois divines, et Aïas plus qu'un autre, lui qui est « le meilleur guerrier après Achille » : « Je ne considère pas plus son sort que le mien. Je vois que nous ne sommes rien d'autre que des fantômes, nous tous qui sommes en vie, ou bien une ombre légère ».
Cette tragédie, l'une des plus saisissantes de Sophocle, n'a guère eu de postérité, probablement en raison des difficultés de sa mise en scène : elle permet ainsi d'appréhender le genre tragique dans son contexte historique et littéraire, sans les filtres que la tradition occidentale a imposés à d'autres tragédies plus souvent reprises. Attentive au texte grec de la pièce, avec l'explication des principales difficultés, l'édition s'efforce de rester accessible aussi au lecteur non-helléniste, qui entrera ainsi au coeur de l'analyse de la tragédie grecque.



Sommaire

Introduction.
Ce dont Aïas est le nom.
Aïas et Ulysse.
Le « héros » Aïas.
Naissance, filiation et la date de l'Aïas.
La leçon tragique de l'Aïas.
Résumé de la pièce et distribution des rôles.
Illustration : Tecmesse recouvre le cadavre d'Aïas.
Texte grec et traduction.
Personnages de la pièce.
Prologue.
Parodos.
Premier « épisode ».
Premier « stasimon ».
Second « épisode ».
Second « stasimon ».
Troisième « épisode ».
Épiparodos et kommos.
Quatrième « épisode ».
Troisième « stasimon ».
Exodos.
Commentaire.
Le prologue.
La parodos.
Le premier « épisode ».
Le premier stasimon.
Le deuxième « épisode ».
Le deuxième stasimon.
Le troisième « épisode ».
L'épiparodos et le kommos (v. 866-973).
Le quatrième « épisode » (v. 974-1184).
Le troisième stasimon (v. 1185-1222).
Exodos (v. 1223-1420).
Annexe : le résumé ancien de l'Aïas.
Bibliographie.
Index.

Rayons : Littérature générale > Œuvres classiques > Antiquité > Littérature grecque antique

  • EAN

    9782251452777

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    200 Pages

  • Longueur

    21.5 cm

  • Largeur

    13.5 cm

  • Épaisseur

    1.7 cm

  • Poids

    388 g

  • Distributeur

    Belles Lettres

  • Support principal

    Grand format

Infos supplémentaires : Broché  

Sophocle

Second des grands tragiques athéniens, Sophocle (497-405) connut toute sa vie un succès jamais démentit face à ses deux rivaux Eschyle et Euripide. Sur les 123 tragédies qu'on lui connaît il nous en reste 7. Homme d'une grande piété, on lui attribue un rôle important pour le culte d'Asclépios à Athènes. Il vécut une grande partie de sa vie sous l'impérialisme et le rayonnement de sa cité, participant comme stratège à l'expédition punitive contre Samos (440 av.) puis comme un des dix conseillers désignés après le fiasco de l'expédition de Sicile (415 av.).

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