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Pytheas
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J'ai un grand atelier à la campagne. J'y travaille, j'y suis mieux qu'en ville.
J'ai réalisé quelques progrès. Pourquoi si tard et si péniblement ? L'Art serait-il, en effet, un sacerdoce qui demande des purs qui lui appartiennent tout entiers ? -
Je crois que tous les paysages aimés partagent entre eux le même sentiment, si bien qu'il ne serait pas étonnant qu'à l'autre bout du monde quelqu'un à son tour écrive la même lettre. Les noms changent mais les sentiments restent les mêmes et l'écriture au fond n'est que la forme usurpée d'une langue commune où les mots nous rappellent au lien étroit qui nous unit au monde, sensible, irréductible et somme toute poétique.
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Avant toute chose vois si c'est spéculativement ou dans la vie pratique que tu as gagné. La philosophie n'est point un art d'éblouir le peuple, une science de parade : ce n'est pas dans les mots, c'est dans les choses qu'elle consiste. Elle n'est point faite pour servir de distraction et tuer le temps, pour ôter au désoeuvrement ses dégoûts ; elle forme l'âme, elle la façonne, règle la vie, guide les actions.
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Que sont en réalité ces paysages étranges faits de jour et nuit qui combinent pêle-mêle des tranches circadiennes sans que l'on puisse répondre à cette question banale, quelle heure est-il ? Des hallucinations ? Les fantasmes d'un esprit rêveur déçu par les réalités trop convenues et enlaidies de son époque ? Des jeux surréalistes qui prennent plaisir à s'inventer des portes pour en ouvrir d'autres et divaguer, selon leur gré, sur des seuils en pointillé toujours plus lointains ?
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Je n'ai jamais cessé d'aimer ma cafetière pour tous les moments incroyables qu'elle m'a apportés, joie et rêverie, addiction et plaisir, solitude et partage. Tous ces instants ont été pour moi les signes d'une existence réussie parce que sans contraintes, sans contrariétés, semblables aux gestes d'une méditation profonde où nous retrouvons le goût d'être là dans la simplicité des choses offertes.
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Que je voudrais faire passer en toi le changement subit que j'éprouve ! Alors je commencerais à prendre une confiance plus ferme en notre amitié, cette amitié vraie, que ni espoir, ni crainte, ni vue d'intérêt privé ne peuvent rompre, cette amitié qui ne meurt qu'avec l'homme et pour laquelle l'homme sait mourir.
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Et dans ce mille-feuille de l'image où les apparences se confondent, un temps rêveur s'écoule emportant dans sa traîne le sentiment qu'il n'y aura plus de lendemains ni de jours anciens.
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Vous rappelez-vous dans les Confessions, vers la fin, Rousseau à l'île de St-Pierre, sur le lac de Brienne, musant enfin tout à son aise, observant tout indifféremment, entreprenant des travaux de dix ans et les laissant au bout de dix minutes sans regrets. Voilà exactement ce que je ressens. - Je vois ici, j'admire bien des choses, j'en classe l'appropriation et l'expression dans mon esprit et je laisserai tout cela sans regret. - La vie est trop courte et on n'a que ce qu'il faut de force.
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Pour moi, je me porte mieux ici que dans le Nord. Je travaille même en plein midi, en plein soleil, sans ombre aucune. Dans les champs de blé, et voilà, j'en jouis comme une cigale. Mon Dieu, si a vingt-cinq ans j'eusse connu ce pays au lieu d'y venir à trente-cinq !
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Vous travaillez dans la confiance et dans la joie, c'est tout ce que je demande, d'abord parce que cela ne pourra qu'embellir votre vie, et parce que fous ferez sûrement des chefs-d'oeuvre de chefs-d'oeuvre. Je n'ai jamais eu qu'un but : vous en procurer les moyens. Si vous voyez mieux avec un oeil qu'avec deux, la main fera le reste. En avant, non pour la gloire, qui n'est rien, mais pour l'accomplissement du monstrueux artiste que vous êtes.
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Je procède très lentement, la nature s'offrant à moi très complexe ; et les progrès à faire sont incessants. Il faut bien voir son modèle et sentir très juste ; et encore s'exprimer avec distinction et force.
Le goût est le meilleur juge. Il est rare. L'art ne s'adresse qu'à un nombre
excessivement restreint d'individus. -
Je pense tout le temps à toi, trop même. J'ai l'impression d'avoir dans la main une pièce de monnaie d'or brûlante et de ne pas pouvoir m'en défaire. Mon petit, c'est que je ne veux pas non plus m'en défaire, je dois me dire que tu es très laid pour pouvoir t'aimer davantage.
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J'avais écrit le nom de cet artiste au haut de ma page, et j'allais vous entretenir de ses ouvrages, lorsque je suis parti pour une campagne voisine de la mer, et renommée par la beauté de ses sites. [...] j'allais, accompagné de l'instituteur des enfants de la maison, de ses deux élèves, de mon bâton et de mes tablettes, visiter les plus beaux sites du monde. Mon projet est de vous les décrire, et j'espère que ces tableaux en vaudront bien d'autres.
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Pourquoi remettre si tard à jouir de vous-mêmes ? Attendrez-vous les fruits de vos capitaux, les gains de vos spéculations, le testament d'un riche vieillard, quand vous pouvez sur l'heure devenir riches ? La sagesse tient lieu de biens à l'homme :
car les lui rendre superflus, c'est les lui donner. -
Je suis tellement absorbé par la peinture que je n'ai plus le temps de respirer... On voudrait commencer à se mettre en évidence d'une façon sérieuse ; pour cela il faut produire des choses importantes, or ce n'est pas tous les jours qu'on réussit. Il me semble que le temps est venu de faire des oeuvres : du moins j'éprouve ce besoin, mais il faudra, pour bien faire, revoir la nature et j'ai hâte de m'escrimer à nouveau devant le ciel et la mer avec la hardiesse que j'acquiers.
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Où commences-tu vraiment ? Où finis-tu ? Est-ce important ? Giono encore : « la route ne va pas à quelque endroit mais est quelque chose »... Qui s'aventure à te parcourir n'entre-t-il pas dans un monde incertain, aux bords invisibles, quasi magique, comme le sont le rêve et la passion ?
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La gloire est ici un mot vide de sens ; tout y porte à une douce paresse : rien n'y dit que ce ne soit pas l'état le plus souhaitable de ce monde. Le beau court les rues : il y est désespérant, et la peinture, ou plutôt la rage de peindre, paraît la plus grande des folies.
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L'enfance n'a tout son éclat qu'au moment où elle finit ; pour les buveurs, la dernière rasade est la bonne, c'est le coup qui les noie, qui rend l'ivresse parfaite. Ce qu'a de plus piquant toute volupté, elle le garde pour l'instant final.
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L'esprit ne peut acquiescer qu'à ce qui lui paraît vrai ; le coeur ne peut aimer que ce qui lui semble bon. La contrainte fera de l'homme un hypocrite s'il est faible, un martyr s'il est courageux. Faible ou courageux, il sentira l'injustice de la persécution, et il s'en indignera.
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Ce fut alors que le souvenir de ses anciennes promenades au bois de Boulogne lui revint à l'esprit et décida de sa vocation. Elle se rappela les ravissements prolongés, les extases délicieuses où la plongeait, tout enfant, la vue de la nature ; elle comprit qu'elle était née peintre de paysages et d'animaux.»
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"Le 20, Lenz traversa la montagne.
Au commencement il se sentait la poitrine oppressée, il cherchait quelque chose, comme des rêves perdus, mais il ne trouvait rien". -
Il n'y a que la peinture à l'huile qui puisse me soutenir. Il faut poursuivre. Je dois donc réaliser d'après nature. Les esquisses, les toiles, si j'en faisais, ne seraient que des constructions d'après nature, basées sur les moyens, les sensations et développements suggérés par le modèle,
mais je dis toujours la même chose...Je t'embrasse, toi et maman, de tout mon coeur. -
Mon cher ami, j'ai fait un rêve, l'autre jour. J'avais écrit un beau livre, un livre sublime que tu avais illustré de belles, de sublimes gravures. Nos deux noms en lettres d'or brillaient, unis sur le premier feuillet, et, dans cette fraternité de génie, passaient inséparables à la postérité.
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Le véritable honneur a perdu tout crédit : l'homme, tour à tour marchand et marchandise, ne s'informe plus du mérite des choses, mais de ce qu'elles se payent : c'est par spéculation qu'il fait le bien, par spéculation qu'il fait le mal.