Flammarion

  • Après la mort de son père, Didier Eribon retourne à Reims, sa ville natale, et retrouve son milieu d'origine, avec lequel il avait plus ou moins rompu trente ans auparavant. Il décide alors de se plonger dans son passé et de retracer l'histoire de sa famille. Évoquant le monde ouvrier de son enfance, restituant son ascension sociale, il mêle à chaque étape de ce récit intime et bouleversant les éléments d'une réflexion sur les classes, le système scolaire, la fabrication des identités, la sexualité, la politique, le vote, la démocratie...
    Réinscrivant ainsi les trajectoires individuelles dans les déterminismes collectifs, Didier Eribon s'interroge sur la multiplicité des formes de la domination et donc de la résistance.
    Un grand livre de sociologie et de théorie critique.

  • Au cours d'un déménagement, Ilaria Gaspari a une révélation : et si les philosophes grecs pouvaient vraiment nous apprendre à vivre ? La voilà qui se lance le défi de prendre au mot les penseurs de l'Antiquité, histoire de remettre de l'ordre dans son appartement et dans sa tête.
    À travers une chronique de six semaines, chacune suivant les préceptes d'une école philosophique différente, la jeune femme nous entraîne dans une expérience existentielle étonnante, tantôt grave, tantôt désopilante, et toujours empreinte de sagesse.
    Un exercice jubilatoire qui nous enseigne que la philosophie, loin d'être inutile, a quelque chose à voir avec le bonheur.

  • « Nous ne devons plus continuer sur la route du «développement». Il nous faut changer de voie, il nous faut un nouveau commencement. » C'est ce que martèle inlassablement Edgar Morin, qui anticipe et déplore les conséquences désastreuses engendrées par les progrès incontrôlables de la science, la surconsommation, la détérioration de la biosphère et l'absence cruelle de solidarité entre les hommes.
    En une série de 10 essais, dont le point commun est d'aborder, à vif, la question de l'avenir de la planète et de notre irresponsabilité collective, Edgar Morin, l'un des plus grands intellectuels de notre temps, nous appelle de toute urgence à penser autrement pour agir autrement. Pourquoi ne pas oser émettre l'hypothèse que la crise actuelle pourrait conduire à une transformation en profondeur de notre société

  • Je vais me permettre de te tutoyer, tu ne m'en veux pas ? On ne se connaît pas, c'est vrai. Mais vu ce qu'il vient de t'arriver, je crois qu'on a quelques points communs. Alors on va faire un truc, si tu veux bien : je t'écris maintenant, et toi, tu me lis quand tu veux. D'accord ? Moi, j 'ai des choses à te dire. Toi, sens-toi libre d'en faire ce que tu veux. D'ailleurs, c'est peut-être par là que je devrais commencer : sens-toi libre de tout, tout le temps, et surtout de refuser. Ton « non » est un droit élémentaire. Au-delà de respectable, il est inaliénable. Même si on vient de te le piétiner. Alors, par exemple, tu peux dire : « Non, Giulia, je ne te lirai pas, pas tout de suite, et peut-être même jamais.» Mais je vais juste poser ça là

  • En France, on s'avoue rarement alcoolique. Quand on boit on est festif, irrévérent, drôle. Français. Un jour pourtant, Claire arrête de boire. Elle prend conscience que cet alcool, prétendument bon-vivant, est en vérité en train de ronger sa vie. Il noyaute ses journées, altère sa pensée, abîme ses relations. En retraçant son passé, elle découvre à quel point l'alcool a été le pilier de sa construction et de son personnage de femme.
    Sans alcool est le journal de son sevrage. Un chemin tortueux, parfois rocambolesque, à travers son intimité. Une quête de libération complexe, dans un pays qui sanctifie le pinard. L'autrice affronte son passé, l'héritage familial, le jugement des autres. Son récit interroge, au-delà de son expérience. Pourquoi boire est une telle norme sociale ? Alors qu'on lui a toujours vendu la sobriété comme le choix des cons et des culs bénis, elle réalise qu'on l'a sans doute flouée.
    Etre sobre est bien plus subversif qu'elle ne l'imaginait.

  • "Traiter les faits sociaux comme des choses" et poser les fondements d'une nouvelle science de la société qui, sur le modèle des sciences expérimentales, permette de mieux la décrire et l'expliquer : tel est le projet d'Emile Durkheim lorsqu'il publie Les Règles de la méthode sociologique, en 1895. Refusant l'explication du fait social par le biologique, la confusion de la sociologie avec la psychologie, théorisant l'influence du milieu social sur les individus, posant une série de règles méthodologiques, ce texte est un véritable défi lancé par Durkheim à ses contemporains.
    Pourquoi et comment lire encore ce grand classique aujourd'hui ? C'est la question à laquelle répond Laurent Mucchielli dans cette édition. Articulant de façon inédite les approches historique et sociologique, celle-ci s'adresse aussi bien aux historiens des sciences et des idées qu'aux enseignants et aux étudiants en sociologie. Cet ouvrage s'accompagne également d'un article de Durkheim contemporain des Règles ("L'état actuel des études sociologiques en France"), qui éclaire le contexte polémique dans lequel l'ouvrage fut écrit

  • Narcisse n'est pas égoïste. Il n'est pas amoureux de lui-même. Tout au contraire, Narcisse, dans toute l'histoire de l'Occident, d'Ovide à Freud, éclaire le sens le plus profond de notre humanité.
    Il est le mythe de la vie, de la joie, de l'innocence... Comment et pourquoi l'avons-nous perverti, détruit, souillé ?
    Une stupéfiante enquête qui, de Sophocle à Barthes, de Caravage à Poussin, de Mallarmé à Rilke, met au jour ce que le mythe signifie.
    Dans cet essai engagé, Fabrice Midal montre aussi qu'à l'heure de la défiguration du monde, d'une négation de notre humanité, d'une instrumentalisation fanatique de tout, Narcisse est le mythe qui peut nous ouvrir un chemin de libération...

  • Désormais, deux France s'ignorent et se font face : la France des métropoles, brillante vitrine de la mondialisation heureuse, où cohabitent cadres et immigrés, et la France périphérique des petites et moyennes villes, des zones rurales éloignées des bassins d'emplois les plus dynamiques. De cette dernière, qui concentre 60 % de la population française, personne ne parle jamais. Laissée pour compte, volontiers méprisée, cette France-là est désormais associée à la précarité sociale et au vote Front national.
    Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi a-t-on sacrifié les classes populaires sur l'autel d'une mondialisation volontiers communautariste et inégalitaire, aux antipodes des valeurs dont se réclame la classe politique ? Comment cette France populaire peut-elle changer la donne, et regagner la place qui est la sienne, la première ? Dans cet essai polémique et percutant, Christophe Guilluy dresse un diagnostic sans complaisance de notre pays, et esquisse les contours d'une contre-société à venir...

  • Peut-on considérer la nature comme un sujet de droit ?
    Comme maîtres et possesseurs, nous la dominons et la réduisons au statut d'objet. Pourtant, cette nature nous reçoit, nous accueille et nous fait vivre. Si nos extractions et nos exploitations la mettent en danger, la menace se retourne aujourd'hui contre nous.
    La nature nous conditionne et, désormais, nous conditionnons la nature. Ancienne et nouvelle, cette interdépendance appelle, pour Michel Serres, l'établissement d'un « contrat naturel », fondement d'un droit nouveau, d'une symbiose vitale, qui termine par un pacte la guerre que nous menons contre la nature. Passé entre les humains et le monde, jadis laissé hors-jeu par le contrat social, le Contrat naturel octroie une dignité juridique à la nature et définit les devoirs de l'humanité envers elle.

  • Il n'est pas anodin que Samuel Paty soit mort d'avoir montré une image. Désormais, on tue pour des caricatures, on détruit des images avec une intensité sans équivalent dans l'Histoire (Palmyre, Bamyan...).
    À un autre niveau, certaines images nous paraissent aujourd'hui intolérables, comme par exemple l'effigie des tyrans ou des esclavagistes d'antan.
    Bruno-Nassim Aboudrar s'interroge sur les raisons spécifiques de cette puissance des images. Il montre quels types d'émotion collective elles suscitent, quels sentiments d'appartenance sociale elles encouragent - musulmans outragés, occidentaux peinés, foules indignées... Au-delà des analyses géopolitiques, une clé de lecture des événements récents qui permet de comprendre pourquoi, de toutes les formes symboliques (discours, rituels, modes de vie...), ce sont les images qui se trouvent aujourd'hui au coeur des conflits les plus violents.

  • A la une du New York Times habillés d'un gilet jaune, poursuivis par les journalistes britanniques à l'occasion du Brexit, fêtés comme des héros pendant la crise sanitaire, redevenus des sujets d'études pour les chercheurs, de nouvelles cibles du marketing électoral pour les partis, les gens ordinaires sont de retour. Les " classes populaires ", le " peuple ", les " petites gens " sont subitement passés de l'ombre à la lumière.
    Les " déplorables " sont devenus des " héros ". Cette renaissance déborde désormais des cadres du social et du politique pour atteindre le champ culturel. De Hollywood aux rayons des librairies, la culture populaire gagne du terrain. Ses valeurs traditionnelles, - l'attachement à un territoire et à la nation, la solidarité et la préservation d'un capital culturel - imprègnent tous les milieux populaires.
    Jack London usait d'une métaphore pour décrire la société de son temps : la cave et le rez-de-chaussée pour les plus modestes, le salon et les étages supérieurs pour les autres. Et si, aujourd'hui, plus personne ne voulait s'inviter au salon ? Sommes-nous entrés dans le temps des gens ordinaires ?

  • Comprendre l'islam ou plutôt : pourquoi on n'y comprend rien « Depuis des années, nous sommes abreuvés d'informations et d'opinions sur l'islam. L'actualité tragique du monde comme les mutations profondes de la société française, tout ne cesse de pointer vers cette religion à laquelle journaux, sites Internet et émissions de télévision consacrent tant de décryptages. Pourtant, le paradoxe est là : plus on l'explique, moins on le comprend. » Pourquoi peut-on dire sur l'islam tant de choses contradictoires ? Et pour connaître son « vrai visage », comment s'y prendre ? Suffit-il de lire le Coran ? Peut-on enfin savoir si cette religion, avec son milliard de croyants, en veut vraiment à notre mode de vie et à la paix dans le monde ? Dans ce livre lumineux, qui éclaire sans prétendre tout résoudre, Adrien Candiard explique pourquoi, en ce qui concerne l'islam, rien n'est simple. Une lecture dont on sort heureux d'avoir, enfin, compris quelque chose.

  • Paru en octobre 2009, Retour à Reims a rencontré un écho considérable et suscité de très nombreux débats. Didier Eribon entreprend ici d'approfondir le récit et les réflexions qui s'entrecroisaient dans son précédent ouvrage, devenu un classique.

    La société assigne des places. Elle énonce des verdicts, qui s'emparent de nous et marquent nos vies à tout jamais. Elle installe des frontières et hiérarchise les individus et les groupes.

    La tâche de la pensée est de mettre au jour les mécanismes d'infériorisation et les logiques de domination et de reproduction sociales. Didier Eribon nous convie à un véritable renouvellement de l'analyse des classes, des trajectoires, des identités et du rôle central et ambivalent des institutions (notamment le système scolaire, la justice, la politique...).

    Pour lui, seule une démarche qui place au centre de ses préoccupations le problème des déterminismes par lesquels nos vies sont régies peut nous permettre d'ouvrir la voie à une politique de l'émancipation.

  • La famille de Carole n'est pas tout à fait comme les autres. Elle a un petit quelque chose en plus : Marcel, leur fils aîné, a trois chromosomes 21. Lorsqu'ils apprennent la nouvelle, le jour de sa naissance, le ciel tombe sur la tête de Carole et Sylvain. Mais très vite, grâce à ce bébé débordant de joie de vivre qui les aide à affronter toutes les difficultés, ils décident d'être heureux et de faire de ce chromosome en plus la chance de leur vie.

    Carole raconte sans tabou le quotidien de sa famille extraordinaire : la peur, les doutes, la colère, la complexité de la prise en charge médicale et des démarches en tout genre, mais surtout le bonheur de voir grandir un enfant, des parents, une famille.

    Carole pose avec humour et tendresse son regard sur la trisomie 21, le handicap et, plus largement, la différence.

  • Il est d'usage, aujourd'hui, de distinguer un bon libéralisme politique et culturel - qui se situerait « à gauche » - d'un mauvais libéralisme économique, qui se situerait « à droite ».
    En reconstituant la genèse complexe de cette tradition philosophique, Jean-Claude Michéa montre qu'en réalité, nous avons essentiellement affaire à deux versions parallèles et complémentaires du même projet historique : celui de sortir des terribles guerres civiles idéologiques des XVIe et XVIIe siècles, tout en évitant simultanément la solution absolutiste proposée par Hobbes. Ce projet pacificateur a évidemment un prix : il faudra désormais renoncer à toute définition philosophique de la « vie bonne » et se résigner à l'idée que la politique est simplement l'art négatif de définir « la moins mauvaise société possible ». C'est cette volonté d'exclure méthodiquement de l'espace public toute référence à l'idée de morale (ou de décence) commune - supposée conduire à un « ordre moral » totalitaire ou au retour des guerres de religion - qui fonde en dernière instance l'unité du projet libéral, par-delà la diversité de ses formes, de gauche comme de droite.
    Tel est le principe de cet « empire du moindre mal», dans lequel nous sommes tenus de vivre.

  • 1913. Proust part à la recherche du temps perdu. Dans le hall d'un hôtel, Rilke et Freud débattent de la beauté et de la fugacité de la vie. Pendant que Stravinski célèbre le sacre du printemps, à Munich, un barbouilleur de tableau autrichien nommé Adolf Hitler vend des vues urbaines pittoresques. Duchamp fixe une roue de bicyclette sur un tabouret et Matisse apporte à Picasso un bouquet de fleurs.
    Armstrong apprend à jouer de la trompette. La petite boutique de chapeaux de Coco Chanel se développe et, en décembre, Malevitch peint un carré noir... Avec brio et sensibilité, Florian Illies croise les trajectoires des grandes figures qui ont fait le XXe siècle et dresse le portrait fascinant d'une année bien particulière, avant que le monde bascule.

  • L'objet de ce livre est de suivre depuis l'Antiquité gréco-romaine ceux qui ont su « voir l'arbre » : Horace et Virgile, mais aussi Ronsard et La Fontaine.
    Par la suite, Rousseau, Goethe, Novalis, Chateaubriand, Hugo, Proust, Yves Bonnefoy et tant d'autres. Il y eut aussi des peintres. S' étendre sous les ombrages, s'y délasser, y méditer, s'enfouir dans le végétal, s'y réfugier, y grimper... À l'époque contemporaine, certains ont tenté d'incruster leur corps dans l'écorce, en espérant que le végétal ferait croître l'empreinte. Par ailleurs, des moribonds sont allés jusqu'à souhaiter que leur ADN soit transmis à l'arbre planté sur leur tombe.
    On le voit, c'est à une longue promenade que ce livre invite, à la rencontre de l'arbre champêtre, de l'arbre haie, de l'arbre isolé et sauvage comme de l'arbre domestique. L'histoire des émotions qu'ils suscitent nous est transmise ici par des individus qui, au fil des siècles, possédaient les mots pour les dire.

  • Dénonçant l'imminence dune crise de l'éducation dans les systèmes démocratiques, la philosophe démontre, à partir d'exemples d'expériences pédagogiques aux Etats-Unis et en Inde, l'importance pour la construction d'une pensée critique des futurs citoyens d'un enseignement accordant une place aux humanités et aux arts plutôt qu'à la seule finalité économique.

  • « Il fut un temps où ce qui était supposé menacer l'ordre social et les traditions civilisatrices de la culture occidentale, c'était la «révolte des masses». De nos jours, cependant, il semble bien que la principale menace provienne non des masses, mais de ceux qui sont au sommet de la hiérarchie.» Dans ce livre testament, Christopher Lasch montre comment le détachement social, économique et géographique d'élites hédonistes et mondialisées est à l'origine du malaise de nos démocraties modernes.

    Cet essai brillant viendra nourrir la réflexion de ceux qui s'inquiètent de l'évolution d'un espace public et médiatique gouverné par des classes privilégiées, coupées du reste de la population.

  • À quel âge se considère-t-on comme vieille ? 40 ans ? 50 ans ? 70 ans ? Les notions de jeunesse et de vieillesse ont-elles encore un sens de nos jours ?

    Ce livre dresse le portrait de femmes âgées de 50 à 100 ans, interrogées sur leur vie amoureuse, sociale et professionnelle. Certaines sont mariées, d'autres sont veuves ou célibataires sans enfant. Elles évoluent dans des domaines et des milieux différents.Leur point commun ? Elles nous donnent envie de rêver notre vie quel que soit l'âge. Découvrez les secrets de ces femmes libres qui inspirent les nouvelles générations, dont Roselyne Bachelot, Perla Servan-Schreiber, Sophie Fontanel et Marie-France Cohen sont d'illustres exemples. On les appelle les perennials.

    Cet essai met en lumière les femmes qui se réinventent à tous les âges de la vie. Une enquête drôle et bienveillante, qui pulvérise nos idées reçues et nous donne envie d'agir...sans attendre la fleur de l'âge !

  • Innovations, croissance, accélération... Notre monde a fait du mouvement un impératif universel. Mais à la passion du changement, François-Xavier Bellamy préfère la sagesse du discernement. Où allons-nous ? Quel est le but de notre action ?
    Convoquant tour à tour écrivains, philosophes de l' Antiquité, penseurs modernes et poètes, Demeure est une méditation philosophique sur notre fascination dangereuse pour la vitesse et le progrès.
    Un essai érudit et engagé qui nous invite à redonner du sens au mouvement de nos vies.

  • « Rien ne relève plus du rêve et de la poésie, rien n'est aussi radical, subversif et psychédélique que la mathématique... » Dans cet essai engagé, aussi drôle qu'instructif, Paul Lockhart se désole de la manière dont les mathématiques sont enseignées aux élèves et perçues par le grand public. Tout en dénonçant avec vigueur les manquements de l'école, cet amoureux des maths partage sa vision passionnée de cette « aventure de l'imagination ». Un livre savoureux qui nous fait (re)découvrir cette discipline joyeuse, exaltante et accessible à tous !

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