Hazan

  • Ce livre reproduit comme jamais auparavant, à travers de saisissants détails en double page, les deux douzaines d'½uvres attribuées  à Léonard de Vinci (1452-1519).  Léonard par le détail s'organise selon des chapitres thématiques qui explorent les motifs des sourires, des gestes, des enfants, des animaux et de la nature présents dans les ½uvres du peintre. Stefano Zuffi s'érige en guide à travers cet ouvrage, il explique la signification de chaque détail dans un vocabulaire clair et accessible et offre des aperçus originaux des ½uvres les plus connues telles que Mona Lisa, La Cène et La  Dame à l'hermine.Le "maitre florentin" est considéré comme l'un des plus grands peintres de l'Histoire de l'art de tous les temps. Souvent décrit comme l'archétype de l'homo universalis, il était l'incarnation du polymathe de la Renaissance, ses connaissances s'étendant à des champs aussi divers que l'astronomie, la peinture, la sculpture, les sciences, les mathématiques, l'ingénierie, la cartographie et l'architecture. Le vrai génie de Léonard tient dans la combinaison des sciences et des arts  : sa peinture reposait sur une compréhension profonde des fonctionnements du corps humain et des règles physiques de l'ombre et la lumière.Léonard incarne l'archétype de l'homme universel. Personnalité géniale et polyvalente, il a laissé une trace indélébile dans toutes les disciplines des arts et du savoir qu'il a pratiquées : la peinture et le dessin, l'architecture, les sciences, l'anatomie, les mathématiques, l'ingénierie, l'astronomie. Comme peintre, son génie naît aussi de la connaissance analytique du corps humain, alliée à celle de la nature et des lois physiques de la lumière. 

  • Aujourd'hui universellement célèbre pour ses paysages, Camille Corot (1796-1875) fut aussi un immense peintre de figures ; Degas l'estimait d'ailleurs tout particulièrement en ce domaine, soulignant sa modernité. Portraits d'intimes et nus étranges, paysannes romaines et moines absorbés dans la lecture, enfants et modèles d'ateliers, femmes à la mode et hommes en armures, Corot aborda tous les genres avec succès, des toutes petites effigies de ses intimes à ses monumentales figures de fantaisie, dont la Femme à la perle au musée du Louvre est la plus célèbre.
    Contemporain aussi bien d'Ingres auquel il rend hommage que de Courbet ou du jeune Manet, auquel il se confronte, Corot, au cours de sa longue carrière, cherche, avec ses figures, à élever un pont entre tradition et modernité. Riche d'une soixantaine de chefs-d'oeuvre provenant des plus importantes collections publiques et privées d'Europe et des Etats-Unis (musée du Louvre, musée des Beaux-Arts de Lyon, musée d'Art et d'Histoire de Genève, de Zurich, Metropolitan Museum of Art de New York, National Gallery de Washington, collection Thyssen-Bornemisza de Madrid...), cet ouvrage rend compte de l'exposition organisée par le musee Marmottan Monet, Corot, peindre la figure humaine, du 8 février au 8 juillet 2018.
    Il met en lumière cet aspect aussi original que brillant de la production de celui qui fut le premier paysagiste moderne.

  • Catalogue officiel de l'exposition présentée au Musée des beaux-arts de Montréal du 17 juin aui 13 novembre 2016, puis à la Phillips Collection à Washington, de février à avril 2017. Henri-Marie Raymond de Toulouse-Lautrec-Monfa naît le 24 novembre 1864 à Albi dans une famille issue de la plus ancienne noblesse provinciale.
    Malgré une vie brève marquée par la maladie, il est aujourd'hui un peintre de légende connu dans le monde entier pour son oeuvre magistrale qui rassemble des centaines de peintures, d'aquarelles, de lithographies (y compris les affiches) et plus de cinq mille dessins.Très tôt, il se passionne pour la peinture en fréquentant, à Paris, l'atelier de René Princeteau. À partir de 1882, il complète sa formation dans les ateliers académiques de Léon Bonnat, puis de Fernand Cormon, situés à Montmartre. Son immersion dans la vie de la Butte va définitivement influencer le cours de sa vie. Car Toulouse-Lautrec n'a vécu que pour son art. Marqué par sa difformité physique, il surmonte sa douloureuse condition en exploitant sans relâche ses dons pour le dessin. Illustrateur de l'Art nouveau et remarquable lithographe, au coeur de tous les mouvements artistiques de la vie parisienne, il s'engage dans la modernité et devient un acteur autant qu'un témoin d'une bohème qui lui fournit son inspiration. Considéré comme « l'âme de Montmartre », passionné par les paradis nocturnes sous toutes leurs formes de l'opéra au café-concert et aux maisons closes , il hante l'univers de la bohème et du demi-monde montmartrois sur lequel il porte un regard humain et sans complaisance, libre de tout jugement moral ou social. Portraitiste de génie, il croque tout un ensemble de personnages qu'il fait passer à la postérité, et peint la vie des cabarets et des théâtres comme le Moulin-Rouge, le Moulin de la Galette, l'Élysée-Montmartre, le Chat-Noir, le Mirliton. Le chansonnier français Aristide Bruant, Jane Avril, Yvette Guilbert  ou  encore Louise Weber (la danseuse de French Cancan plus connue sous le nom de "La Goulue" sont aujourd'hui célèbres dans le monde entier. Comme Degas, Toulouse-Lautrec accorde la priorité au dessin. D'un trait rapide et incisif apte à saisir une posture, un mouvement, il définit ou déforme la psychologie d'un personnage, et ses mises en page audacieuses marquent profondément l'art de l'affiche et de l'illustration, mais aussi les arts appliqués qui participent au développement de l'Art nouveau. Cette exposition et le catalogue qui l'accompagne rendent hommage à cet artiste qui s'est ainsi affirmé comme une personnalité de premier plan dans la vie artistique française à l'orée du xxe siècle. Les oeuvres présentées surtout des lithographies couvrent l'ensemble de sa carrière, de 1892 à 1899. L'ouvrage réunit quelque quatre-vingt-dix estampes et affiches parmi les plus célèbres de l'oeuvre de Toulouse-Lautrec, prêtées par l'un des plus importants collectionneurs privés européens d'estampes et d'affiches de l'artiste. La collection comporte plusieurs épreuves rarissimes ou uniques qui se distinguent par un état de conservation exceptionnel, notamment de fascinantes épreuves d'essai, qui revêtent une importance capitale dans l'évolution de l'artiste (Jane Avril au Jardin de Paris, jamais reproduite auparavant), ainsi que des estampes rarissimes (A Merry Christmas, dont il n'existe que cinq épreuves). Une estampe représentant Jane Avril (1899), coloriée à l'aquarelle par l'artiste, constitue également une rareté. Coédition Musée des beaux-arts de Montréal/Editions Hazan.

  • Catalogue officiel de l'exposition "Frida Kahlo et Diego Rivera, L'art en fusion" au musée de l'Orangerie du 9 octobre au 13 janvier 2014. Si Frida Kahlo (1907-1954) est aujourd'hui l'une des artistes les plus connues et les plus populaires de l'art mexicain du XXe siècle, c'est bien sûr grâce à sa personnalité et à l'originalité d'une oeuvre qui échappe à toute tentative de classification. L'oeuvre est ici avant tout l'expression du récit d'une vie. Vie tragique et tumultueuse, échappant à son tour à toute convention, connue dans le moindre détail et récemment portée à l'écran, faisant d'elle une véritable icône. La seule évocation de son nom soulève enthousiasme et admiration, pourtant son oeuvre est peu montrée. Sa production artistique, quelque 200 oeuvres, n'a fait l'objet que de quelques rares expositions en Europe. Exposée pour la première fois en France, dans l'un de ses musées les plus prestigieux, la sélection proposée par le musée Olmedo, d'environ 38 oeuvres, inclut des oeuvres qui ont contribué à la renommée internationale de l'artiste, comme les autoportraits, parmi lesquels le très célèbre Autoportrait à la colonne brisée. La vie et l'oeuvre de Frida Kahlo sont indissociables de celles de son compagnon Diego Rivera (1886-1957). Ils sont entrés ensemble dans la légende et figurent tous deux au panthéon des artistes mexicains du XXe siècle. Célèbre pour ses grandes peintures murales, les peintures de chevalet, dessins, lithographies, qui constituent une part importante de sa production, sont moins connues du grand public en Europe. Le propos de l'exposition est de retracer son cheminement artistique, depuis les premières oeuvres cubistes, témoignages de ses liens avec le milieu artistique parisien, jusqu'à celles qui firent de lui le fondateur de l'école mexicaine du XXe siècle. L'exposition est une invitation à découvrir les multiples facettes de l'art de Rivera dont les voyages à travers l'Europe, ont nourri sa vision et son répertoire sans l'éloigner de ses racines. Il s'inscrira ainsi dans l'histoire comme le fondateur de l'école nationaliste. L'originalité de l'exposition consacrée au couple mythique incarné par Diego Rivera et Frida Kahlo consiste à présenter leurs oeuvres ensemble, comme pour confirmer leur divorce impossible, effectif dans les faits mais aussitôt remis en question après une seule année de séparation. Elle permettra aussi de mieux entrevoir leurs univers artistiques, si différents, mais également si complémentaires, par cet attachement commun et viscéral à leur terre mexicaine : cycle de la vie et de la mort, révolution et religion, réalisme et mysticisme, ouvriers et paysans. Version bilingue français/anglais.

  • Otto Dix et le retable d'Issenheim

    Collectif

    • Hazan
    • 28 Septembre 2016

    Catalogue officiel de l'exposition au Musée Unterlinden de Colmar du 8 octobre 2016 au 30 janvier 2017. Otto Dix (1891-1969) est l'un des artistes allemands les plus importants du xxe siècle, et pourtant il reste encore très peu représenté dans les collections publiques françaises. Une rétrospective de son oeuvre a eu lieu en 1972 au musée d'Art moderne de la Ville de Paris, mais il a fallu attendre la fin des années 1980 et les années 1990 pour que de nouvelles expositions monographiques lui soient consacrées en France.
    Dès 1996, une exposition organisée à Colmar évoquait l'influence des maîtres anciens dans son oeuvre, parmi lesquels Hans Baldung Grien, Matthias Grünewald, Lucas Cranach, Albrecht Dürer et Hans Holbein.
    Cette fois, le musée Unterlinden souhaite analyser la place qu'occupe dans l'oeuvre d'Otto Dix le chef-d'oeuvre de Grünewald, le retable d'Issenheim (1512-1516). Ce sont en l'occurrence l'influence sur la carrière de Dix des différents panneaux du célèbre retable et l'épisode de l'incarcération de l'artiste à Colmar (1945-1946) qui incitent le musée à mettre en regard ces deux maîtres incontournables de l'histoire de l'art allemand.
      1. La redécouverte du retable d'Issenheim En 1853, la Société Schongauer crée dans l'ancien couvent des Dominicaines de Colmar son musée Unterlinden autour du chef-d'oeuvre de Grünewald, le retable d'Issenheim, saisi pendant la Révolution dans la commanderie des Antonins d'Issenheim. Dès lors, le public, parmi lequel de nombreux artistes (Goutzwiller, Corinth, Böcklin), critiques d'art (Teodor de Wyzewa), écrivains (Huysmans, Verhaeren) et historiens (Friedländer), est en mesure de découvrir cette oeuvre maîtresse de l'histoire de l'art médiéval.
    Dans le contexte de la montée du nationalisme et de l'annexion de l'Alsace à l'Empire allemand, Grünewald devient une source d'inspiration majeure pour les artistes germaniques du tournant du xxe siècle tels que Beckmann, Ernst, Heckel, Nolde, Wollheim ou Otto Dix. Dès ses débuts expressionnistes, avant la Première Guerre mondiale, Otto Dix s'inspire des motifs du retable d'Issenheim pour exécuter ses oeuvres les plus dramatiques.
      2. Dénonciation de la guerre et de ses conséquences À l'issue du conflit, le retable d'Issenheim continue d'inspirer les artistes allemands. Otto Dix s'en empare, d'un point de vue tant formel que technique, pour exprimer l'horreur de la guerre (gravures de La Guerre, 1924 ; triptyque de La Guerre, 1929-1932) et de ses conséquences (triptyque de La Grande Ville, 1927-1928).
    Peintre de la Nouvelle Objectivité, il dresse le portrait de la société décadente des années 1920. Sa représentation sans ménagement d'une humanité humiliée, de la misère, des soldats mutilés et des chairs déchiquetées lui vaut de violentes critiques de la part de ses contemporains.
      3. L'émigration intérieure sur les bords du lac de Constance Avec la montée du nazisme, Otto Dix doit démissionner de ses fonctions de professeur à l'école des Beaux-Arts de Dresde. Les thèmes empruntés au retable d'Issenheim, tels que l'agression de saint Antoine (déclinée en plusieurs versions entre les années 1930 et 1940), vont lui permettre de dénoncer l'idéologie nazie, les menaces qui pèsent sur la liberté artistique et son exclusion en tant qu'artiste dégénéré. Sans quitter l'Allemagne, il s'exile avec sa famille sur les bords du lac de Constance, où il se consacre essentiellement aux paysages et aux sujets bibliques, dans lesquels l'influence du retable de Grünewald reste présente.
      4. Otto Dix à Colmar Enrôlé dans le Volkssturm la milice populaire censée épauler la Wehrmacht dans la défense du territoire du Reich , Otto Dix est contraint de participer à l'âge de cinquante-quatre ans aux derniers combats de la Seconde Guerre mondiale sur le front occidental. Arrêté en Forêt Noire, il est incarcéré dans le camp de prisonniers allié du quartier du Logelbach à Colmar. Reconnu par le lieutenant français du camp comme l'un des représentants les plus fameux de la Nouvelle Objectivité, il bénéficie d'un traitement privilégié : il est intégré à un groupe d'artistes prisonniers et autorisé à travailler dans l'atelier du peintre colmarien Robert Gall.
    En juillet 1945, à la suite de la réinstallation du retable d'Issenheim au musée Unterlinden, Otto Dix a l'occasion de se confronter à plusieurs reprises aux célèbres panneaux de Grünewald et d'y puiser une nouvelle fois son inspiration, notamment avec la réalisation d'un nouveau triptyque pour la chapelle catholique du camp de prisonniers (La Madone aux barbelés, 1945).
      5. Le retour en Allemagne Une fois de retour chez lui, en février 1946, à Hemmenhofen sur les bords du lac de Constance , Otto Dix continue d'être hanté par le retable. Il trouve dans la symbolique de Grünewald le prétexte à exorciser les conséquences de la guerre et de l'obscurantisme et à évoquer sa période d'incarcération. Face aux représentations du martyre de l'humanité point néanmoins chez Otto Dix l'inépuisable espoir d'une rédemption.
      Les auteurs :
    Frédérique Goerig-Hergott, commissaire de l'exposition, conservatrice en chef pour l'art moderne et contemporain, musée Unterliden Aude Briau, historienne de l'art, Strasbourg Katia Baudin, directrice adjointe, Museum Ludwig, Cologne Birgit Schwarz, historienne de l'art, Vienne Sven Beckstette, conservateur au Kunstmuseum de Stuttgart Erdmuthe Mouchet, historienne Christoph Bauer, directeur du Kunstmuseum de Singen Daniel Schlier, coordinateur du département peinture,  Haute école des arts du Rhin, Strasbourg Coédition Editions Hazan/Musée Unterlinden de Colmar   

  • Catalogue d'exposition La Peinture américaine des années 1930 du 12 octobre 2016 au 30 janvier 2017 au musée de l'Orangerie. Les années 1930 sont, à plus d'un titre, décisives dans l'affirmation d'une scène artistique moderne aux Etats-Unis, à un moment particulièrement complexe de son histoire où la définition d'un art moderne américain ne peut être univoque. De l'abstraction au réalisme "social" en passant par le régionalisme, les univers esthétiques de peintres tels que Marsden Hartley, Georgia O'Keeffe, ou Edward Hopper cohabitent et se confrontent dans les mêmes foyers de création.
    Organisée en collaboration avec l'Art Institute de Chicago, cette exposition présentera un ensemble d'une cinquantaine de toiles issues de prestigieuses collections publiques américaines (l'Art Institute à Chicago, le Whitney Museum, le Museum of Modern Art à New-York...) et de collections particulières, dont la diversité reflète toute la richesse de cette période précédant la Seconde Guerre mondiale.
    Coédition Editions Hazan/Musée de l'Orangerie.

  • L'impressionnisme est le premier mouvement artistique qui s'est consacré entièrement à la représentation de la vie moderne et du monde contemporain. La plupart des ouvrages qui proposent une approche historique du mouvement ont trop souvent pour caractéristique de négliger cet aspect. Ils sont organisés soit chronologiquement soit par noms d'artistes, en général les plus ¬ célèbres : Manet, Monet, Renoir, Degas, Pisssaro, etc. Le parti du présent ouvrage est bien différent. Jamses H. Runin part du principe que, loin de se borner à restituer jeux de lumière ou variations atmosphériques, la peinture impressionniste est une peinture de contenu. Elle nous renvoie des aspects précis et détaillées de l'époque vécue par les artistes qu'il convient de regarder donc « de près ». En particulier parce que le programme esthétique de cette école entend célébrer la « modernité » qui s'empare du mode de vie, à partir du milieu du XIXe siècle, sous le double effet des progrès technologiques de la révolution industrielle et du développement des loisirs. Les oeuvres, étudiées isolément, sont ainsi regroupées par thèmes - les thèmes de prédilection traités par les impressionnistes : vues urbaines, scènes de la vie citadine, des cafés et des bals comme des usines ou du moderne chemin de fer ; intérieurs bourgeois et cercles de familles ; lieux de villégiature à la campagne ou sur les bords de mer ; régates et baignades, etc.

  • Catalogue officiel de l'exposition Charles Gleyre (1806-1874) Le romantique repenti au musée d'Orsay du 10 mai au 11 septembre 2016.Charles Gleyre occupe une place majeure dans la peinture académique à Paris au milieu du XIXe siècle. Pourtant, la France n'a jusqu'à présent jamais consacré d'exposition monographique à ce peintre qui mérite d'être redécouvert à plus d'un titre, lui qui reçoit plusieurs médailles au Salon de Paris et qui, nommé professeur à l'École des beaux-arts de Paris en 1843, décide d'ouvrir l'un des ateliers les plus courus de la capitale française (plus de 500 étudiants le fréquenteront, ainsi que les futurs impressionnistes tels que Monet, Bazille, Renoir et Sisley).
    Ce peintre vaudois, Français d'adoption, quitte Chevilly en 1819 pour se rendre à Lyon chez son oncle avant de « monter à Paris ». Il se retrouve au coeur d'une ville en plein essor, centre de la richesse et du mécénat, capitale mondiale de l'art, pôle artistique où bouillonnent les idées et les expressions. Dans ce contexte, Gleyre, cet éternel mélancolique en décalage avec son temps, va explorer des solutions iconographiques nouvelles en créant des sujets totalement originaux.
    Après avoir étudié la peinture dans l'atelier de Louis Hersent, il entreprend plusieurs voyages, le premier à Rome qui va durer trois années, le second en Orient, en 1834, en compagnie de John Lowell Jr., industriel et amateur d'art fortuné, durant lequel il exécute une quantité considérable d'études, d'esquisses, de croquis, de dessins et d'aquarelles reproduisant les sites, les coutumes et les scènes de moeurs des nombreux pays parcourus.
    De retour à Paris, il travaille quelque temps avec Ingres sur un projet pour le château de Dampierre. Mais c'est l'exposition au Salon de 1843 de l'oeuvre Le Soir, plus tard appelée Les Illusions perdues, qui lance définitivement la carrière du peintre et reste indissociable de la renommée de l'artiste.
    Peintre académique au dessin irréprochable, Charles Gleyre se rapproche des romantiques et des symbolistes, par la poésie de son oeuvre aux teintes mystérieuses et irréelles. La perfection lisse de sa facture et ses sujets majoritairement mythologiques ont pu longtemps faire croire à un esthète froid, conventionnel et aveugle aux révolutions de son temps. Mais les recherches en histoire de l'art ont toutefois fait prendre conscience du rôle important de son atelier. En outre, les relectures de son oeuvre, au premier rang desquelles figure l'analyse psychanalytique de Michel Thevoz publiée en 1980, ont fait réapparaitre les contradictions passionnantes de l'artiste comme de son oeuvre.
    Placée sous le signe du spleen et de l'idéal, l'exposition du musée d'Orsay offre l'occasion, à travers les prêts majeurs du Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne, de se replonger avec bonheur dans les illusions de l'académisme. Coédition musée d'Orsay/Editions Hazan.
     

empty