Th����tre

  • La cantatrice chauve

    Eugène Ionesco

    Il est neuf heures du soir, dans un intérieur bourgeois de Londres, le salon de M. et Mme Smith. La pendule sonne les « dix-sept coups anglais ».

    « M. Smith : Tous les Bobby Watson sont commis voyageurs.

    Mme Smith : Quel dur métier ! Pourtant, on y fait de bonnes affaires.

    M. Smith : Oui, quand il n'y a pas de concurrence.

    Mme Smith : Et quand n'y a-t-il pas de concurrence ?

    M. Smith : Le mardi, le jeudi et le mardi.

    Mme Smith : Ah ! Trois jours par semaine ? Et que fait Bobby Watson pendant ce temps-là ?

    M. Smith : Il se repose, il dort. »

  • Pour la première fois l'ensemble de l'oeuvre de Tchékhov est offerte au public français sous la forme ramassée de trois volumes de la Pléiade. Le premier tome comporte le Théâtre, traduit par Elsa Triolet, y compris le Platonov, oeuvre de jeunesse étrange et touffue, récemment mise à jour, qui profile en un raccourci baroque tout l'univers théâtral du Tchékhov de la maturité. Le théâtre est suivi des Récits pour la période 1882-1886. C'est l'époque des débuts de Tchékhov; elle est dominée par sa participation aux petites revues satiriques du temps et par la veine humoristique, mais, derrière la fantaisie pittoresque, pointent déjà l'émotion et l'acuité de l'oeuvre ultérieure.

  • «Pirandello (1867-1936) aborda le théâtre à travers les nouvelles et les romans. Il découvrait tôt que l'homme est "un, personne et cent mille" et, à la veille du fascisme, auquel il adhéra cependant, le thème de la destruction de l'identité individuelle hantait sa réflexion. Nul héros viril, nulle gloire nationale sur cette scène, mais des âmes en peine, placées dans des intérieurs bourgeois, exposés aux éclairages, du "théâtre dans le théâtre". Pour qu'à la fin les personnages déposent le "masque" social et paraissent "nus"».
    Marziano Guglielminetti.

  • Cette édition propose des traductions qui, presque toutes, ont déjà subi (victorieusement) l'épreuve de la scène. Soucieuses de la théâtralité du texte et de son oralité, elles respectent l'alternance de vers (rimés ou non) et de prose, et s'efforcent de rendre justice au pouvoir d'invention poétique et dramaturgique de Shakespeare. Elles sont dues, pour la plupart, au maître d'oeuvre de l'édition, Jean-Michel Déprats, qui les soumet ici à une nouvelle épreuve : celle de la confrontation avec l'original anglais. Car cette édition est bilingue. Autre vérité bonne à dire : depuis le XVIIe siècle, le texte des oeuvres de Shakespeare n'a cessé d'être «amélioré» par ses éditeurs successifs. Rien d'étonnant à cela : aucune édition ancienne n'est susceptible de servir de référence absolue. On croit d'ailleurs savoir que Shakespeare n'est pas intervenu personnellement dans la publication de ses pièces. Il convenait donc de tenir le plus grand compte de la mouvance du texte et, dans le même temps, de se garder d'une sorte d'«impressionnisme éditorial» qui aurait consisté à s'autoriser des manipulations de toute nature dans l'espoir toujours déçu de saisir l'insaisissable, de retrouver ce qui est perdu : «le véritable Shakespeare». Shakespeare reste un mystère...

  • Dans la lignée de Carnets de croquis et réalisations publié en 2010, cet ouvrage offre un panorama sur l'activité "spectacle" de la compagnie de François Delaroziere - La Machine - et sur ses nouvelles réalisations. Un voyage au coeur des villes et territoires traversés lors des spectacles, un voyage dans un univers créatif.

  • Théâtres en utopie

    Yann Rocher

    Ce beau livre présente une sélection de quatre-vingt-dix projets de théâtres qui n'ont pas pu être réalisés, de l'Antiquité à nos jours.
    Tout au long de l'histoire, en marge de la construction des lieux théâtraux, les architectes ont rêvé à des théâtres utopiques et idéaux, sous la forme de dessins, maquettes ou textes. Ces « projets de papier » forment une sorte d'historie parallèle de l'architecture théâtrale, qui témoigne d'une fascination pour ces lieux, mais surtout d'une inépuisable encyclopédie d'idées, particulièrement stimulante : on ne peut pas rester insensible à l'incroyable diversité des formes imaginées, à l'audace des expérimentations techniques, à la variété d'expressions plastiques et graphiques des projets, aux organisations sociales qu'ils suggèrent.
    Le parcours iconographique est structuré en périodes et géographies, enrichi par des textes détaillés qui précisent les contextes. Il s'agit à partir de ces projets d'architecture et de théâtre, de partager des réflexions sur les formes et les conditions de l'utopie, d'hier à aujourd'hui.
    Dès l'Antiquité les architectes définissent un modèle de théâtre idéal synthétisant les connaissances et techniques de l'époque. À la Révolution, les concepteurs inventent de nouvelles formes monumentales consacrées aux festivités de la République. Le 19e siècle industrieux est quant à lui un moment de rapprochement entre l'architecture du théâtre et les idéaux naissants d'oeuvre d'art totale. Le 20e siècle et les révolutions scéniques voient éclore une profusion de projets utopiques : les avant-gardes expressionnistes font du théâtre le lieu de la fusion de l'homme, de l'art et de la nature ; les constructivistes composent des théâtres comme des organismes ; les futuristes et le Bauhaus pensent les théâtres du futur comme des machines ; dans l'après Seconde Guerre mondiale et jusqu'au début des années 80, standardisation, dissolution, itinérance, et mobilité sont les nouvelles thématiques qui domineront les utopies et contre-utopies. Plus récemment, le genre connaît une nouvelle tendance par des projets d'espaces scéniques immersifs, reposant sur les technologies numériques.

  • Un voyage à travers quelques collections privées remarquables, avec pour fil d'Ariane les grandes traditions qui ont accompagné l'art de la marionnette à travers le monde - de l'Inde au Japon, de la Chine à l'Afrique - et à toutes les époques - depuis les ombres projetées des temps préhistoriques jusqu'aux spectacles contemporains.
    Ces figures produites par des humains témoignent de la force des mythes, de l'état d'une civilisation, d'une image de l'homme. Le livre raconte l'histoire et la sociologie de la marionnette, ce mode d'expression populaire plusieurs fois millénaire encore très vivant.
    L'ouvrage est illustré de photographies qui rendent compte de l'esthétique de ces étranges personnages, de la finesse de stylisation, du raffinement de leur facture.

  • Paysages Intérieurs est un récit, celui d'une aventure, celle de Philippe Genty où souvenirs, carnets de voyages, notes de travail, hypothèses théoriques et rêveries se mêlent aux photographies de presque cinquante ans de création, et lèvent le voile sur ce grand artiste qui n'a jamais cessé de se métamorphoser.

  • L'histoire du théâtre de l'Odéon, le plus ancien « théâtre-monument » de Paris, inauguré en avril 1782, riche, mouvementée et parfois méconnue, témoigne au plus haut point des évolutions et des événements de la société française, de sa vie théâtrale ou de sa politique culturelle.
    Sur plus de deux siècles, à travers l'Odéon, il est possible de croiser l'histoire de la création théâtrale - des révolutionnaires aux romantiques, jusqu'à Lluis Pasqual, Georges Lavaudant, Olivier Py - avec l'histoire de la politique culturelle (l'Odéon est un curieux et intermittent laboratoire de l'action publique en matière de théâtre) et celle de la politique nationale (du scandale de Figaro à la prise de l'Odéon en 68).
    Mêlant ces chronologies et ces approches, cet ouvrage veut placer l'Odéon, tel un personnage dont on entreprendrait la biographie aventureuse, au centre d'une ambitieuse histoire culturelle.
    Il mêle dans sa forme l'histoire, les archives et les images, et monte l'un avec l'autre un récit nourri de documents, ourlé de spectacles et de portraits, ambitieux dans son approche historique, avec un ruban d'images (gravures, peintures, photographies, maquettes, manuscrits, documents d'archives, documents de presse...) - un continuum visuel puisant dans des représentations généralement peu connues, diverses, parfois spectaculaires. Avec cette idée en forme de manifeste : les rapprochements des images et des mots offrent une forme incarnée à l'histoire du théâtre.

  • " Depuis le XVIIe siècle, le théâtre ne s'adresse qu'à une seule classe : c'est un théâtre essentiellement bourgeois.
    Le propre d'une oeuvre forte est de s'adresser à l'humanité entière. Il n'y a pas de chef-d'oeuvre pour dix personnes et vingt pédants. " Cette déclaration provocatrice de Firmin Gémier vient saluer la création du Théâtre national populaire, qu'il inaugurera le 11 novembre 1920 en tant que directeur. Et qu'il s'agisse de Jérôme Savary, avec la même verve et un égal plaisir du jeu, d'Antoine Vitez, intellectuel et homme de scène scrupuleux défendant l'aidée d'un " théâtre élitaire pour tous ", ou de Jean Vilar et son " théâtre service public ", ceux qui se succéderont à la tête du Théâtre national de Chaillot ne diront jamais autre chose : le théâtre doit être partagé par tous.
    Cette fidélité aux principes fondateurs du théâtre populaire serait anecdotique si elle n'avait donné lieu à l'une des aventures théâtrales majeures de ce siècle.
    C'est cette histoire que relate Colette Godard. Accompagné d'une iconographie abondante et variée, ce récit est éclairé par les interviews de quelques-unes des personnalités qui auront contribué à la légende de ce lieu - de Christiane Minazzoli et Didier Sandre à Yannis Kokkos et Michel Dussarrat, qui démontrent que cette histoire fut écrite avant tout par des hommes et des femmes d'exception.

  • Deux couples d'amoureux transis, une dispute entre le roi et la reine des fées, une potion qui s'en mêle et une troupe de comédiens amateurs qui préparent une pièce pour le mariage d'un prince, tous vont s'entrecroiser dans cette forêt étrange, un peu magique, le temps d'une nuit d'été ensorcelante qui ressemble à un rêve.
    Magistralement illustrée par Arthur Rackham, cette oeuvre majeure du génial William Shakespeare restera, par la puissance de son évocation et la beauté des illustrations, une rencontre inoubliable de deux génies de l'imaginaire

  • Cette plongée photographique permet de découvrir les coulisses des théâtres, pour montrer ce qui se passe derrière le rideau avant le début de la représentation.

  • Edouard VII

    Olivier Barrot

    Le Théâtre Édouard VII vient prendre sa place dans la série des albums consacrés aux grandes scènes parisiennes par les éditions L'avant-scène théâtre.
    Abondamment documenté et illustré, cet ouvrage, qui s'ouvre sur une longue introduction historique d'Olivier Barrot, retrace les grandes heures d'une salle prestigieuse qui apporte depuis près d'un siècle une contribution brillante à la vie théâtrale de la capitale.

    Né à la veille de la Première Guerre mondiale, aménagé dans le style anglais, le Théâtre Édouard VII fut considéré dès son origine comme l'une des plus belles salles de Paris. À partir de 1920, son histoire va se confondre durant dix années avec celle de Sacha Guitry qui occupa la scène d'Édouard VII, parfois aux côtés de son père, souvent auprès d'Yvonne Printemps, et y connut ses plus grands succès.
    Transformé un temps en cinéma, le Théâtre revint à sa vocation durant les années d'Occupation. Dès le lendemain de la guerre, il s'imposa comme l'une des scènes les plus courues de Paris, grâce à une programmation très diversifiée et souvent audacieuse et à d'éclatantes distributions.
    Sa réputation ne devait pas se démentir au cours des Trente Glorieuses, notamment sous la direction de Jacqueline Cormier, qui y accueillit des acteurs devenus les stars d'aujourd'hui comme Isabelle Adjani, Isabelle Huppert, Niels Arestrup, Bernard Giraudeau, Pierre Arditi, dirigés par de jeunes metteurs en scène, parmi lesquels Bernard Murat. Celui-ci reprit le Théâtre Édouard VII en 2001 et lui donna un lustre nouveau. Succès après succès, s'est ainsi imposé un style Édouard VII, dans la filiation de ce que Sacha Guitry a apporté au théâtre français : l'élégance et l'esprit.

  • De Marguerite de Montansier à aujourd'hui, Le Théâtre des Variétés nous fait découvrir, sous la plume de Dominique Jamet, puis en images, toute l'histoire de cet établissement de prestige qui a accueilli les plus grands noms de la scène. Le célèbre théâtre du boulevard Montmartre n'a jamais failli à sa vocation première, celle de divertir et ce, depuis plus de deux siècles !

    « Les Variétés ont aujourd'hui deux cents ans, tout juste passés. Sur la scène de ce théâtre, chargé d'histoire(s), des centaines d'auteurs, des milliers d'acteurs, petits, grands, inoubliables, se sont succédé pour affronter les feux de la critique et le verdict du juge suprême, le public. Au-delà du foisonnement des titres et des noms, de la diversité des talents et des succès, y a-t-il une logique, y a-t-il une continuité, y a-t-il un fil directeur ? [.] [Sa personnalité] s'est tour à tour incarnée dans Scribe, Labiche, Meilhac et Halévy, Flers, Caillavet, Francis de Croisset, Pagnol et Guitry, Françoise Dorin, Jean Poiret, Francis Veber, comme elle s'incarnera demain dans leurs continuateurs.
    Il y a toujours eu des gens pour faire, au nom de la religion, de la morale, de la censure, voire de la dignité humaine, le procès du rire, du vaudeville, du boulevard, du théâtre "facile", comme s'il était facile de faire rire les honnêtes gens. Il y aura toujours des gens, sinon pour interdire le rire et faire taire les rieurs, au moins pour les intimider, les stigmatiser, les montrer du doigt. Faudrait-il donc avoir le rire honteux ? Non, rire n'est pas le sale de l'homme. Mais l'esprit des Variétés est celui du divertissement. Ce n'est pas une si mince affaire ! » Dominique Jamet.

  • Frédéric Franck, directeur du Théâtre de la Madeleine pendant dix ans raconte son expérience dans un livre inattendu, foisonnant et remarquablement illustré Grandes et petites histoires d'un théâtre parisien : La Madeleine (2002-2012).
    Comment les projets de spectacle naissent-ils ? Existent-ils des lois qui président au succès? Quels rôles jouent le metteur en scène, les agents, les critiques et bien sûr les comédiens ?
    Frédéric Franck nous raconte l'histoire de chacun des spectacles qu'il a produit pendant ces dix ans : qui en a eu l'idée, comment furent-ils financés, comment le public et les critiques ont-ils réagi, comment l'équipe qui se constitue à chaque fois s'est-elle entendue ?
    Au fil des pages on devient soi-même directeur de théâtre, on espère le succès, on tremble le soir de la première, on s'inquiète de l'ego des uns, on est touché par la gentillesse des autres et le professionnalisme de ceux dont on ne parle jamais, décorateurs, éclairagistes, techniciens.
    Des dizaines de lettres et de documents inédits, des anecdotes cocasses ou touchantes et les photos magnifiques du théâtre prises par Dunnara Meas et les photos de chaque spectacle nous donnent l'occasion de lever enfin le rideau sur la vraie vie d'un théâtre privé à Paris, aujourd'hui.
    Ces Grandes et petites histoires d'un théâtre parisien, font de ce livre un spectacle. Ici, c'est le théâtre qui est en scène et le lecteur se retrouve spectateur d'un monde qu'il découvre, tour à tour étonné, amusé, ému.

  • en un bouquet d'anecdotes, bernard faivre d'arcier relate la mémoire qu'il a gardée du festival, d'abord comme spectateur puis surtout en tant que directeur, à deux reprises.
    récent énarque, féru de théâtre, il devient en effet à 35 ans le plus jeune directeur du festival, entre 1980 et 1984, et retrouvera cette fonction entre 1993 et 2003. ce capitaine au long cours sillonne ses souvenirs et réveille les émotions vécues aux côtés d'artistes de la scène, de techniciens et de bénévoles toujours sur le pont, de publics parfois houleux, souvent embarqués, toujours renouvelés, dans ce festival international de théâtre à avignon.

  • Le Théâtre Am Stram Gram de Genève, fondé par Dominique Catton en 1974, a été un des premiers "théâtres pour la jeunesse" et reste une référence à niveau européen pour la qualité des spectacles qu'il crée et propose chaque année. Au moment où son fondateur part à la retraite, ce livre célèbre les 38 premières années d'existence de cette institution genevoise.
    Le livre affiche une présentation de tous les spectacles qui y ont été mis en scène depuis sa fondation, et propose pour chaque spectacle, de brefs textes écrits par les personnes qui les ont réalisés ou interprétés. De Les Bijoux de la Castafiore (d'après Hergé) à Les Deux Gredins de Roald Dahl, en passant par l' Histoire du Soldat de Ramuz et Igor Stravinski, jusqu'à Pinocchio ou encore par Une Saison en enfer de Rimbaud ; la liste des spectacles qui défile sous les yeux du lecteur est presque infinie...
    La documentation photographique puise dans les archives de presque 40 ans d'activité de ce lieu unique et fait revivre des moments magiques de théâtre, qui ont marqué des milliers d'enfants sur presque trois générations. La mise en page, réalisée par le très prestigieux atelier de Roger Pfund, donne à ce beau livre une valeur ajoutée pour sa qualité graphique aussi.

  • Paris, au XIXe siècle, est la capitale mondiale des spectacles et les Parisiens sont réputés pour leur passion du théâtre. Pour les accueillir chaque soir, un grand nombre de salles sont construites tout au long du siècle. Les architectes conçoivent ces bâtiments en pensant aux sociabilités propres à la sortie théâtrale : la salle de spectacle est un lieu où l'on vient pour se rencontrer autant que pour assister à une représentation. Elle est aussi l'endroit où se forme l'opinion publique et, à ce titre, elle est étroitement surveillée par les autorités. Bon nombre de ces salles parisiennes sont encore en fonction et gardent tout leur pouvoir de séduction.
    Des institutions nationales aux théâtres populaires, ce livre propose de découvrir, à travers une sélection de quinze salles, un patrimoine architectural méconnu et fait revivre quelques grandes pages de l'histoire du théâtre.

empty