Drame

  • Un raisin au soleil

    Lorraine Hansberry

    • L'arche
    • 18 Février 2022

    Écrit en 1959, ce grand classique du répertoire noir américain emprunte son titre à un poème de Langston Hughes, figure majeure de la Harlem Renaissance.
    Un raisin au soleil est un texte essentiel pour comprendre la ségrégation raciale et sociale aux États-Unis, et les formes de résistance possibles.
    Ce drame raconte la vie d'une famille du quartier noir de Chicago dans les années cinquante, qui rêve d'ailleurs dans un appartement usé par le temps.
    Un chèque de pension de 10 000 $ vient semer la zizanie et divise la famille Younger. Que faire quand soudain tout devient possible ? Lena dite « Mama » décide d'honorer la vie de labeur de son défunt mari et achète une nouvelle maison pour sortir la famille de son taudis, décidant d'épargner le reste pour les études de médecine de sa fille. C'était sans compter sur le désespoir de Walter Lee, son fils, prêt à tout pour donner un sens à sa misérable vie, et la pression exercée par l'association de voisinage pour les faire renoncer à s'installer dans leur nouvelle maison, située dans un quartier blanc de Chicago, illustrant la pratique discriminatoire du redlining. Faut-il tenir tête à un monde hostile ou accepter la place qui nous est assignée ?

  • Mort accidentelle d'un anarchiste Nouv.

    Mort accidentelle d'un anarchiste

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    • L'arche
    • 6 Mai 2022

    Dans le commissariat central de Milan, un « Fou » donne du fil à retordre à un agent de Police et au Commissaire Bertozzo : ils se livrent à un interrogatoire que le « Fou » démonte peu à peu, les déstabilisant et dévoilant peu à peu toutes les facettes de sa personnalité et de ses déguisements (juge à la Cour de cassation, capitaine de police puis évêque) pour faire éclater la vérité au grand jour. « Voyez mon dossier médical ; j'ai déjà été interné seize fois... et toujours pour la même raison : j'ai la manie des personnages. Cela s'appelle « histrionomanie », du latin istriones qui veut dire acteur. En fait, mon hobby, c'est de jouer sans cesse des rôles différents. » Avec un aplomb déconcertant, celui-ci se livre à une contre-enquête menée avec brio et un sens inné de la démesure sur le massacre d'état perpétré à l'encontre du cheminot anarchiste, Guiseppe Pinelli, précipité depuis la fenêtre du 4e étage de ce même commissariat, tandis que l'enquête officielle avait conclu à un suicide. Une affaire qui fit scandale en Italie et en Europe, mettant à jour les méthodes illicites utilisées pour forcer les aveux lors des interrogatoires. Une farce politique subversive qui s'illustre par la démesure de la supercherie mise en scène, la bêtise et l'impunité des puissants, la duplicité de la justice, et l'équilibre toujours fragile de la vérité.

    Satire politique sur la corruption de la justice, écrite en 1970, Mort accidentelle d'un anarchiste est un hommage brûlant et plein d'esprit à la quête de la vérité et au rétablissement d'une mémoire bafouée.

  • Le courage de tuer et autres pièces

    Lars Norén

    • L'arche
    • 18 Mars 2022

    Ces pièces de Lars Norén dont l'écriture s'étend de 1980 au début des années 2000 dressent une peinture tragique et sensible de son univers théâtral, où une violence inouïe investit le réel. Elle s'introduit dans les relations intimes, dans les espaces mentaux des personnages irrépressiblement vivants, en dépit de leur désir de mort. Xénophobie, parricide, meurtres, violence conjugale, huis clos familiaux insoutenables. Pas de psychologie mais une prise directe avec l'inconscient, et une fragilité psychique qui se livre sans fard.
    Les personnages de ces tragédies contemporaines semblent des exilés du présent, des âmes errantes, en quête d'une rive où accoster pour survivre.

  • Points de non-retour [diagonale du vide]

    Alexandra Badéa

    • L'arche
    • 14 Janvier 2022

    Cette pièce vient clore la trilogie des « Points de non-retour » débutée avec [Thiaroye] en 2018, suivie de [Quais de Scène] en 2019, formant ainsi une grande fresque historique aux récits intimes enchâssés. Poursuivant son exploration des récits manquants de l'histoire postcoloniale française, Alexandra Badea s'attache ici à un épisode lui aussi largement méconnu : les « enfants de la Creuse ». Le transfert d'enfants réunionnais organisé par les autorités françaises, dans le but de repeupler certains départements victimes de l'exode rural dans les années 1960 et 1970. Qui sont ces enfants déracinés, qui peuplaient les foyers de la DDAS dans les années 1980 ? D'autres récits d'abandons viennent s'y articuler, posant la question de la responsabilité de l'État dans cette vaste entreprise de déportation.
    Dans un foyer abandonné, envahi par la végétation, Nora (figure récurrente des autres volets de la trilogie) réalise un documentaire sur les « enfants de la Creuse » pour saisir des traces de sa mémoire familiale. Elle rencontre trois anciens pupilles qui, trente ans auparavant, ont séjourné dans ce foyer, aujourd'hui dévasté par le temps.
    S'articulent ainsi mémoire familiale, générations sacrifiées et pages effacées de l'histoire contemporaine, mettant à jour les interférences politiques dans un espace intime anéanti.

  • Huit heures ne font pas un jour

    Rainer Werner Fassbinder

    • L'arche
    • 17 Septembre 2021

    Huit heures ne font pas un jour forme ce que l'on appelle aujourd'hui une « mini-série » en cinq épisodes, diffusée à la télévision allemande d'octobre 1972 à mars 1973, et trois épisodes supplémentaires non réalisés. Cette minisérie décrit la vie quotidienne d'une famille de la classe ouvrière en Allemagne de l'Ouest, entre utopie prolétaire post-« 30 Glorieuses » et fresque sociale reflétant l'anticonformisme culturel des années 1970.
    Sans naturalisme feint ni goût prononcé pour la caricature sociale, Fassbinder y aborde les mécanismes d'oppression, l'aliénation par le travail à l'usine, lieu d'exercice de l'autorité des contremaîtres et des patrons, le désir d'émancipation par le travail chez les femmes, l'opportunisme insidieux de la presse, l'essor du consumérisme avec l'ouverture de l'Allemagne de l'Ouest au libéralisme occidental, ou des sujets plus tabous comme le désir amoureux des personnages âgées.
    Loin du documentaire social, c'est une démarche fictionnelle que privilégie Fassbinder, qui joue de manière délicieusement subversive avec les codes de la représentation télévisuelle. Dans une démarche totalement novatrice et visionnaire, comparable à celle des romanciers réalistes du 19e siècle, le réalisateur s'attache ici à la représentation d'un monde social, le milieu du prolétariat ouvrier, qui n'était traditionnellement pas « montré » dans les fictions télévisées.

  • Un cimetière à la fin de l'automne. Un homme et une femme se croisent sur un banc. On devine une relation amoureuse passée - ou à venir ? Autour d'eux tout le monde s'affaire, s'agite, le temps semble s'accélérer, toujours en suspens. Que s'est-il passé ? Des fantômes ou flottements de présences nichés dans les souvenirs, qui évoquent ces « voix des limbes » dont parlait Jacques Lassalle.

  • Au centre de Et la nuit chante, un couple : lui passe son temps à lire, allongé sur un canapé et voit passer sa carrière d'écrivain qui s'effiloche ; elle désire une autre vie et cherche à s'évader de cette médiocrité du quotidien. Ils ont un bébé et les parents du jeune homme viennent voir leur petit-fils, mais disparaissent aussitôt arrivés. Une nuit, alors qu'elle est sortie en ville, le jeune homme regarde par la fenêtre et attend son retour. L'aurait-elle quitté pour de bon ? La pièce a été adaptée à l'écran par Romuald Karmakar en 2004

  • Ce diptyque théâtral réunit deux récits familiaux, portés par la figure de Frida. La jeune enfant, figure muette mais toujours présente, provoque chez ses parents un besoin d'amour exclusif. Derrière l'apparente légèreté des échanges domestiques se déploie une chorégraphie de possession de l'enfant, avec chantage affectif et recherche permanente d'ascendant sur l'autre parent. Si la première pièce se concentre sur le trio père-mèreenfant, la seconde élargit le cercle familial aux grands-parents, à qui Elle et Magnus rendent visite pour les vacances au bord de la mer. L'insistance à affirmer le bonheur d'être là révèle peu à peu un profond malaise. Alors que les pleurs de la grand-mère semblent taire un terrible secret, Magnus décide de partir seul avec Frida sur la côte sud.
    Les compositions de Brattberg, musicien de formation classique, s'illustrent par la finesse d'un rythme syncopé, avec ses jeux d'échos et e ses silences. Une écriture musicale qui gagne en efficacité dramatique par son économie de mots Les mêmes scènes se répètent, avec de légères variations, où viennent se nicher, par la mise à distance et la dérision, la tension familiale et les obsessions individuelles

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