• Frédéric Wandelère vit et travaille à Fribourg.
    Sa fenêtre donne sur un vallon herbu au bas duquel court la rivière portant le doux nom de Sarine. Sa porte ouvre, non loin de la cathédrale Saint-Nicolas, sur une rue passante où vont et viennent en s'interpellant prostituées et clients. Cette situation de contraste est sans doute la secrète raison qui dessine le sourire de ce poète dont le regard se pose sur les choses en s'en détachant presque aussitôt.
    Comme par peur de les fixer, de les définir trop lourdement,. Mieux vaut, semble-t-il, les laisser flotter en leur incertitude, alors même que l'effort du poète pour les décrire est minutieux. Les présences qui l'entourent et qui forment cette "compagnie capricieuse" traversant son dernier recueil sont des elfes : libellules, sauterelles, cyclistes, jeunes baigneuses, fourmis et chatons auxquels est venue se greffer, depuis quelques années, une panoplie de crevettes, pieuvres et poissons mirobolants...
    Puisque le poète s'adonne désormais à la plongée sous-marine. Mais ne nous y trompons pas ! Leur danse élégante est avant tout la combinaison obtenue par le savant dosage d'un regard attentif et de mots choisis avec le plus grand soin de rythme et d'harmonie. Wandelère parle non pour prendre possession des choses et des êtres qui viennent à sa rencontre, mais seulement pour effleurer la réalité, comme elle se donne, par bribes et par éclairs, dans laquelle la mort, rôdant, se fait par bonheur infiniment discrète.

empty