Langue française

  • Depuis toujours, Didier Blonde collectionne dans un carnet les adresses et numéros de téléphone des personnages de roman qu'il croise au fil de ses lectures.Le présent livre les rassemble par ordre alphabétique de personnages (Madame Arnoux, la Dame aux camélias, Arsène Lupin, le commissaire Maigret, Benjamin Malaussène, Nana, Swann...), avec les adresses où ils résident, transitent, se cachent, ou finissent tranquillement leurs jours. Didier Blonde a mené à chaque fois une enquête de terrain et dans les archives, qui permet d'interroger la part de fiction que revêtent ces lieux : numéros inexistants, immeubles détruits, rues fictives ou disparues, autant de passages dérobés... D'autres histoires se dissimulent parfois à des numéros cryptés.Sous la forme d'une promenade dans Paris, Didier Blonde déploie, en préambule de son répertoire, une réflexion sur les adresses en littérature et la rêverie qu'elle suscite immanquablement.Des index par arrondissements et par rues cartographient ce Paris romanesque.

  • Leïlah Mahi 1932

    Didier Blonde

    Au détour des allées du Père-Lachaise, le narrateur découvre sur une plaque funéraire du columbarium un portrait photographique qui l'attire irrésistiblement. Il représente une femme énigmatique, coiffée d'un turban. Sous la photo, un nom : Leïlah Mahi et une date unique : 12 août 1932. Obsédé par cette vision, le narrateur décide de retrouver sa trace.
    Enquête littéraire, Leïlah Mahi 1932 est aussi une réflexion sensible sur la perte et l'inépuisable pouvoir de fascination des images.

  • J'entre dans un café comme dans un roman. J'attends une surprise, quelque chose de nouveau. Qui m'attire - ou me repousse. Chaque salle a son registre, qui tient à son atmosphère, son style, son rythme, comme une petite musique, son décor, sa disposition, sa lumière, éblouissante, tamisée, froide, une manière dont les voix se posent, avec ses personnages, épisodiques ou périodiques, que je pourrais retrouver d'un jour sur l'autre.

    Modernes ou désuets, les cafés sont un élément incontournable du décor parisien. Ils sont aussi des théâtres où se jouent à tous les instants des scènes de la vie quotidienne : rencontres fortuites ou programmées, retrouvailles ou séparations, dans la solitude ou la foule... Assis à une table de café, Didier Blonde observe et croque en de délicieuses anecdotes, avec beaucoup d'empathie et de délicatesse, un monde en perpétuel mouvement. Célébration de plaisirs minuscules et subtil autoportrait.

  • Le figurant

    Didier Blonde

    À dix-neuf ans, le narrateur a rencontré Judith sur le tournage de Baisers volés de François Truffaut où ils étaient tous les deux figurants. Quarante-cinq ans plus tard, il cherche à savoir ce qui s'est passé ces jours-là et ce qu'elle est devenue. L'enquête dans laquelle il se lance lui fait traverser un Paris peuplé de fantômes, où ce qui reste du décor et des coulisses du film ne coïncide pas toujours avec ses souvenirs ni avec la réalité.

    Quelles traces a laissées leur brève histoire? Sommes-nous les acteurs de notre propre vie ou de simples passants? se demande Didier Blonde tout au long de ce roman tissé de réminiscences d'un temps aujourd'hui enfui.

  • « Chaque fois que je vois ces films, je pars à la recherche de disparus, et c'est un monde de revenants que je découvre, baigné dans la mélancolie du noir et blanc, avant qu'un irrépressible regard jeté en arrière ne le plonge à nouveau dans la nuit. Ces hommes et ces femmes démodés mais jeunes, insouciants, tellement vivants, je sais qu'ils vont mourir et ils me font anticiper ma propre défaite. Les muets me permettent de me livrer à une pratique divinatoire, celle de faire parler les morts. »

  • L?honneur d?un masque mortuaire en plâtre, reproduit à des milliers d?exemplaires et aujourd?hui toujours disponible. Vraie noyée, ou faux fabriqué par un mouleur astucieux à partir d?un modèle vivant ? Autour de celle que l?on appela aussi "la vierge du canal de l?Ourcq", car même le lieu de la découverte reste mystérieux, s?est édifiée une légende romantique qui n?a cessé d?inspirer poètes et écrivains, de Maurice Blanchot à Céline, de Jules Supervielle à Nabokov et d?Anaïs Nin à Rilke.
    Dans la vision romanesque de Didier Blonde, le narrateur, marqué par un deuil récent, mène l?enquête sur ce moulage dans lequel il croît reconnaître le visage d?une femme qu?il a aimée. Enquête qui va le promener dans le Paris de l?époque, dans son obsession de retrouver le personnage réel derrière la figure anonyme. Car la clé de l?énigme se cache-t-elle dans les registres de la morgue conservés aux archives de la police, ou dans des textes méconnus recueillis par la Bibliothèque Nationale, rue de Richelieu ? C?est là, en tout cas, qu?il va rencontrer une jeune universitaire, bien vivante, elle; dont l?image va progressivement s?imposer dans l?esprit du narrateur en lieu et place de celle qu?Aragon appelait "la Joconde du suicide".

  • Il a habité tantôt en haut, tantôt en bas, de plain-pied ou sous les toits, près du ciel ou de la rue.
    Les témoignages contemporains, ou la tradition orale qui a suivi, ne retiennent, dans la cinquantaine de domiciles parisiens qu'il a occupés, que des mansardes ou des rez-de-chaussée. a l'hôtel d'york - rebaptisé hôtel baudelaire parce qu'il y a passé quelques jours en février 1854 - la femme de service m'a fait visiter sa chambre et a récité recto tono tout ce qu'on lui avait fait apprendre par coeur comme un parfait guide de musée.
    Et à l'hôtel voltaire, sur le quai du même nom, qui commémore fièrement son séjour ici par une plaque de cuivre apposée sur la façade avec les derniers vers du " crépuscule du matin ", le réceptionniste que j'ai interrogé, embarrassé, s'en est tiré comme mb, de la rue frochot c'était certainement en haut, au cinquième, a-t-il répondu après un moment d'hésitation. un poète ne peut vivre que dans une mansarde, près du ciel, la tête dans les nuages.

  • Des vies, mais telles que la mémoire les invente, que notre imagination les recrée, qu'une passion les anime. Des récits subjectifs, à mille lieues de la biographie traditionnelle. L'un et l'autre : l'auteur et son héros secret, le peintre et son modèle. Entre eux, un lien intime et fort. Entre le portrait d'un et l'autoportrait, où placer la frontière ? Les uns et les autres : aussi bien ceux qui ont occupé avec éclat le devant de la scène que ceux qui ne sont présents que sur notre scène intérieure, personnes ou lieux, visages oubliés, noms effacés, profils perdus...

  • Le narrateur est nègre dans une maison d'édition.
    Il retouche la vie des autres qui signent à sa place, passe de livre en livre, incognito. Main postiche, il n'a pas de nom. Congédié pour faute professionnelle, il décide d'écrire la vie de Sudor, acteur du cinéma muet, doublure d'occasion et star éphémère, dissimulé sous des pseudonymes, disparu dans les années trente. Il rêve sur les visages et les noms, fouille les revues et les lieux. Paris désert devient la salle obscure de sa propre histoire.
    Les écrans se peuplent d'ombres vacillantes, celles d'un monde silencieux plongé dans l'oubli. C'était l'époque des vamps en collants et des voyous en cravate, des Vampires et de Belphégor, de Musidora et d'Ivan Mosjoukine. Sur les lèvres muettes des acteurs et sous la cagoule de Fantômas, il tente de déchiffrer les énigmes d'une vie pour retrouver l'identité insaisissable de celui qui, comme lui, s'est caché derrière les autres.

  • Autoportrait aux fantomes Nouv.

  • Des vies, mais telles que la mémoire les invente, que notre imagination les recrée, qu'une passion les anime.
    Des récits subjectifs, à mille lieues de la biographie traditionnelle. L'un et l'autre : l'auteur et son héros secret, le peintre et son modèle. Entre eux, un lien intime et fort. Entre le portrait d'un autre et l'autoportrait, où placer la frontière ? Les uns et les autres : aussi bien ceux qui ont occupé avec éclat le devant de la scène que ceux qui ne sont présents que sur notre scène intérieure, personnes ou lieux, visages oubliés, noms effacés, profils perdus.

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