Sciences humaines & sociales

  • Iran ; un monde de paradoxes

    Marie Ladier-Fouladi

    • L'atalante
    • 29 Mai 2009

    Depuis la révolution islamique de 1979, l'Iran est le pays qui suscite le plus la polémique en Occident. Dernière controverse en date : l'arme atomique qu'il serait sournoisement en train de fabriquer. Or que sait-on de ce pays ? Peu de choses en vérité tant les considérations géopolitiques, qu'il ne faut surtout pas minorer, rendent impossibles toute lecture approfondie de ce pays grand comme trois fois la France et qui ne se réduit pas à ses « patriarches » religieux.
    Chargée de recherche au CNRS, Marie Ladier-Fouladi fait partie de ces rares observateurs qui examinent patiemment la société iranienne depuis de plusieurs années. Qu'a-t-elle vu de l'intérieur ? Ainsi, les jeunes, qui représentent 60 % de la population locale, n'adhèrent pas ou plus aux idéaux politico-religieux de l'État. Autre constatation : alors qu'elles ont largement participé à la révolution de 1979, les femmes n'ont jamais quitté l'espace public. Elles n'ont jamais cessé de revendiquer l'égalité des droits et de contester les lois et les traditions.
    Dans une année décisive pour l'Iran - trentième anniversaire de sa révolution islamique et élection présidentielle en juin prochain -, c'est ce monde de paradoxes que nous décrit Marie Ladier-Fouladi dans un ouvrage clair et passionnant.

  • Mon malheur arabe

    Jacques Beauchard

    • L'atalante
    • 25 Février 2010

    " Au pied d'un figuier de barbarie, je tombe sur un moudjahidin qui me vise avec son Beretta.
    Rachid, derrière moi, crie. Le type lâche sa mitraillette. Il n'a pas tiré. II m'a pourtant vu le premier. II m'a laissé la vie sauve, ce qui fit mien le malheur arabe. Désormais ma vie, comme celle des miens, est liée à ce malheur. Tu comprends ? " Épargné par un combattant du FLN, la vie du personnage principal du livre a basculé ce jour-là sans qu'il en ait conscience. Une situation semblable vécue trente ans plus tard par un de ses amis en pleine guerre du Liban réveilla cette histoire jusqu'alors perdue dans sa mémoire.
    Désormais, elle ne le quitta plus. Récit passionné et passionnant d'une vie au coeur de lieux écrasés par la tragédie du feu (l'Algérie coloniale, le Liban, le Tchad et la Palestine), Mon malheur arabe est un livre optimiste. S'il nous plonge dans le tragique sans fin de la matière humaine, Jacques Beauchard nous dit qu'elle peut en ressortir enrichie par ces épreuves.

  • Sorti en 2007 aux États-Unis, en plein «bushisme», cet ouvrage suscita la polémique. Les néoconservateurs n'ont pas apprécié cette révision à charge de l'histoire américaine. À lire David Armitage, il est vrai, on découvre que l'Amérique est devenue un empire. malgré elle. Que dit-il? Les États-Unis se sont construits contre les empires, en premier lieu contre l'empire britannique et son roi Georges III. Leur déclaration d'indépendance de 1776 n'est pas un discours sur les droits des individus, comme on l'entend souvent, mais une déclaration. d'indépendance. L'un des nombreux intérêts de cet essai est qu'il «désidéalise» l'histoire américaine.

    On mesure alors combien il sera difficile à Barack Obama de faire des États-Unis d'Amérique un État comme les autres. En effet, être président des États-Unis, c'est irréversiblement présider un empire. Parviendra-t-il à s'émanciper de cette réalité historique?

  • La dette

    Maurice Lemoine

    • L'atalante
    • 27 Janvier 2001

    Merdier amazonien poussé sur nulle part, rivière-des-gueux n'a jamais eu les honneurs ni des atlas de géographie ni des livres d'histoire.
    On comprend vite pourquoi : avec son colonel pyromane et l'autocar défoncé du lundi pour tout viatique, le village n'a de ses droits et surtout de l'économie mondiale qu'une vue très limitée. tellement limitée qu'en un jour funeste le mystérieux senhor f. emmy prête sans barguigner cent mille dollars au colonel pour développer le hameau.
    Pour les paysans venus arracher à l'amazonie de quoi planter et survivre, comme pour rapaz, le narrateur, l'enfant de libertad et démocracio, grandi avec rivière-des-gueux, est-il possible de résister ? car il est des manières d'affronter le chaos maléfique qui s'abat peu à peu sur la communauté pour la détruire.

    La dette, c'est le roman des paysans du brésil, peut-être même du brésil tout entier, la chronique vécue de l'amérique latine ces trente dernière années.
    Passant de la fiction à la réalité - on cherchera la différence -, deux courtes postfaces font le point sur la situation de la paysannerie brésilienne et le phénomène de la dette internationale.

  • Comment on enseigne l'histoire à nos enfants est un livre étrange : on y parle simplement de choses compliquées.
    On y envisage avec une curiosité étonnée l'enseignement de l'histoire, ce glorieux édifice républicain digne des monuments historiques. Sans démagogie médiatique ni terrorisme de corporation, Dominique Comelli entretient son lecteur de l'essentiel, le rapport de notre société à son passé, à travers son école. Le lecteur trouvera tout autant une mise en débat originale qu'un guide pratique permettant de comprendre ce qui se joue dans un cours d'histoire, à un moment de la scolarité de son enfant.
    Construire de l'histoire en classe est un métier avec ses richesses, ses limites et aussi ses impasses. Il faut connaître cela pour faire de l'histoire enseignée autre chose qu'un fantasme, autre chose qu'un rail, une vraie richesse collective pour nous et nos enfants.

  • La paix dans le monde

    Willem

    • L'atalante
    • 29 Octobre 2002

    Willem invite ici le lecteur à une exploration des guerres et des conflits de la seconde moitié du vingtième siècle.
    En cinquante-deux planches parues initialement dans Charlie Hebdo, cette oeuvre graphique originale délie l'oeil et les mémoires, réactive notre pensée, notre passé. Willem, souvent paillard et carnavalesque, se fait archiviste et diablement nécessaire. Quoi, il s'est passé tout ça et nous ne savions pas. L'artiste a adjoint à ses dessins de brefs commentaires acides, petits textes impitoyables et collatéraux.
    A lire et relire. Une préface propose une lecture de l'oeuvre, cartes à l'appui, ainsi qu'un regard sur le travail et l'engagement de Willem.

  • Numero d ecrou 20671 u

    Herman/Bove

    • L'atalante
    • 27 Août 2003

    Où s'expriment l'engagement et la résistance aujourd'hui ?
    Ce livre tire son existence des milliers de lettres reçues à la prison de Villeneuve-les-Maguelonne lors de son incarcération. Mélange d'ex-traits de ces lettres, de portraits militants ou non, portraits sensibles en tout cas d'un autre monde qui partage le combat de la Confédération paysanne, Numéro d'écrou 20671 U entend inscrire l'engagement politique et syndical, l'esprit de résistance dans sa généa-logie, dans sa diversité géographique et sociale, dans sa convivialité, dans sa force aussi.Résister, c'est souvent gagner.
    Un CD de création sonore, offert en accompagnement du livre, met en scène, dans un registre plus poétique, quelques-uns des extraits des courriers les plus sensibles.

  • Ces dernières années ont été marquées par un débat récurrent sur la fin supposée des idéologies, notamment celles de gauche, et, parallèlement, par l'émergence du courant altermondialiste et des discussions théoriques qui lui sont associées. Saisir les enjeux en présence nécessite de connaître ces idéologies, leurs origines et la manière dont elles se sont opposées, chevauchées et articulées au fil du temps. C'est ce que nous propose
    Octavio Rodriguez Araujo à travers ce parcours synthétique. Sans faire l'impasse sur l'approche marxiste qui est la sienne, l'auteur tente de donner ici une vision claire et dynamique des gauches et du gauchisme, d'hier comme d'aujourd'hui, pour dégager des pistes de réflexion sur une interrogation majeure : le mouvement actuel sera-t-il capable de proposer d'autres chemins d'action que l'opposition pure et simple et de se fixer des objectifs précis
    compte tenu de sa composition plurielle oe

  • Après une longue période d'amnésie, l'État français semblait entrer au début des années 2000 dans une phase de pacification avec son histoire coloniale. Mais à la faveur d'un texte de loi qui voulait contraindre les enseignants d'histoire à « enseigner de manière positive la présence de la France dans ses colonies » puis d'un discours régressif du président Sarkozy en juillet 2007 à l'université de Dakar, nous constatons un retour aux heures noires de l'idéologie coloniale. Ouvrage ambitieux, au sens où il n'hésite pas à s'attarder sur les figures les plus complexes du fait colonial et de ses suites, Retours du colonial ? met en perspective la politique de l'État français à l'égard des territoires et des populations issues de ses anciens territoires coloniaux, les analyses et recherches consacrées à ces questions et les idées qui circulent à ce sujet dans l'opinion.

  • Santé ; le trésor menacé

    Antoine Vial

    • L'atalante
    • 26 Janvier 2017

    Ce livre traite sans concession de l'état de la médecine aujourd'hui en France et de ses enjeux. Il a pour ambition de donner à la santé une place dans le débat politique de la campagne présidentielle de 2017, en rendant ses arguments accessibles au plus grand nombre.

    D'où qu'on l'observe, notre système de santé est en panne, et même en régression dans certains domaines.
    L'espérance de vie en chute pour la première fois cette année en est l'expression la plus démonstrative. Patients, soignants, simples citoyens, il n'y a plus d'adhésion à l'un des fondements de la Ve République, à savoir notre système social, et à la médecine publique qui en était l'une des composantes essentielles.
    De crises en scandales, de Médiator® en grippe H1N1, la confiance a été ébranlée, puis finalement rompue. Mais, plus silencieusement, nous avons tous été confrontés à des dysfonctionnements allant de la simple négligence jusqu'à la négation de nos droits fondamentaux d'accès aux soins et d'égalité de prise en charge devant la maladie ou l'accident. Nous avons tous été témoins, quand ce n'est pas victimes, de professionnels en tension, contre l'État et la sécurité sociale, contre les hôpitaux s'ils sont libéraux et contre les libéraux s'ils sont hospitaliers, contre les généralistes s'ils sont spécialistes et inversement, parfois même contre leurs patients.

    Antoine Vial ne se contente pas d'un constat, il propose des pistes de réflexion et d'action. Il s'adresse à toutes et tous - usagers, assurés, patients, professionnels de santé, élus -, tous concernés personnellement autant que collectivement par la qualité des soins, les priorités données à notre médecine et le coût de notre santé.

  • 1928. Cela commence comme un cri du coeur : «Moi, un p'tit gars de Barbin, diriger le grand journal républicain de Nantes!» Ex-ouvrier, gagné aux idées du socialisme, franc-maçon et dreyfusard de la première heure, Francis Portais succède aux patrons de presse Mangin et Schwob. À la tête du Phare de la Loire, son pragmatisme trouve vite à s'em­ployer : crise de 1929, montée des ligues factieuses, unité ouvrière retrouvée. Maurice Thorez lance de Nantes l'idée d'un «front populaire». Un jeune radical, André Morice, s'impose aux côtés de Gaston Veil, le directeur du Populaire. C'est la guerre! La presse sombre dans la collaboration. Elle reparaît à la Libération sous d'autres titres, débarrassée des puis­sances d'argent et parée de nouveaux idéaux. En 1981, le «papivore», Robert Hersant, prend le contrôle d'une presse nantaise où L'Éclair a remplacé Le Populaire, et Presse-Océan La Résistance de l'Ouest. L'avionneur Serge Dassault lui succède. Et, en 2005, Ouest-France a le dernier mot. Témoin d'une période contemporaine à ses lecteurs, ce troisième volet ne peut man­quer de se faire l'écho d'événements encore sujets à polémique dans la presse nantaise.

  • Droites et extremes droites dans le monde

    Octavio Rodriguez-Araujo

    • L'atalante
    • 25 Août 2005

    L'idée selon laquelle la distinction entre la droite et la gauche est affaire du passé relève d'une nouvelle idéologie qui tente d'occulter deux phénomènes : l'aggravation des inégalités sociales malgré le développement de la démocratie formelle, aujourd'hui présentée comme l'objectif à atteindre dans le monde entier, et la montée en puissance de la droite et de l'extrême droite. Afin d'éclairer ce propos, Octavio Rodríguez-Araujo s'attache tout d'abord à définir ce qui caractérise et différencie ces deux concepts, relatifs l'un à l'autre, que sont la droite et la gauche. Il examine à cet égard certaines notions telles que progressisme et conservatisme, démocratie et égalitarisme, souvent articulées de façon trompeuse ou erronée dans le discours dominant.
    L'auteur propose ensuite un résumé de l'évolution des droites et des extrêmes droites tout au long du XXe siècle, en s'attardant sur le fascisme mais aussi sur la domination exercée au moyen du contrôle étatique de l'économie dans les ex-pays "socialistes". Au-delà du cas européen, grâce à l'analyse des pays latino-américains et des nations issues de la décolonisation ou à la distinction qu'il établit au sujet des États-Unis (où coexistent deux extrêmes droites, l'une de gouvernement et l'autre plus marginale, proche de son homologue européenne), il dresse un tableau très descriptif des mouvements de droite, actuels et passés, à l'oeuvre dans le monde et des enjeux politiques qui en découlent.

  • Le nouveau bonheur français ; ou le monde selon Disney

    Hacène Belmessous

    • L'atalante
    • 27 Février 2009

    Si peu de gens connaissent le Val d'Europe, tous ont entendu parler d'Eurodisney. Le Val d'Europe est unique en son genre car il est né de la rencontre de deux projets imaginés au départ de façon indépendante : la réalisation de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée et le projet de la Walt Disney Company d'implanter en Europe un grand parc à thème identique à ceux des États-Unis, mais conçu comme pôle d'attraction d'un vaste programme immobilier.
    Le Val d'Europe, une terre de Disney en France, fruit d'une recherche effectuée entre 2006 et 2007, raconte le type de société fabriquée par un tel urbanisme. La ville « privatisée » échappe à la règle du droit commun en se plaçant en dehors de la sphère publique et en regroupant une population sociologiquement « typée » : les classes moyennes. Ses habitants ont préféré la loi de fer de l'urbanisme libéral à celle de l'urbanisme public. Seul avec soi et libre de tout. Le Val d'Europe leur raconte une histoire, celle d'un monde où les doutes sont chassés.
    Au Val d'Europe, la ville publique n'est pas cassée, elle est morte. Le moralisme et la planification abusive de Disney ont réussi à tracer un modèle de ville (de vie ?) qui marque la fin de l'histoire républicaine française et le début des hystéries communautaires.
    En un mot, la dictature d'une vision des hommes dépolitisés, isolés et serviles. Le plus étrange est que cette perspective ne hante personne en France. Ni le monde politique, ni la société civile. Mais il y a encore plus inquiétant : le Val d'Europe est en train de devenir la référence en matière de productions urbaines et de pactes sociaux : des centaines d'individus en redemandent chaque année.

  • Mixite sociale : une imposture ; retour sur un mythe francais

    Hacène Belmessous

    • L'atalante
    • 23 Février 2006

    Chaque jour, l'actualité témoigne d'un territoire aux abois, miné
    par des clivages et des oppositions préjudiciables à la cohésion sociale.
    Les communautarismes religieux, les séparatismes sociaux, la banalisation
    des ghettos ethniques dans les banlieues populaires et la multiplication des
    "villes privées" ont fini par remettre en question la notion même de société.
    En faisant référence au "passé mythique" des grands ensembles la notion
    de "mixité sociale" aborde le réel en additionnant des termes souvent
    contradictoires : cohabitation, coexistence, brassage, diversité sociale,
    mosaïque, melting-pot, équilibre sociologique, etc. Tout cela témoigne en
    réalité d'une gêne, d'un souci de rendre invisible le fondement du débat sur
    la mixité : le référent racial. Dans cet ouvrage d'analyse politique
    anatomique et virulent, Hacène Belmessous déconstruit ce mythe à travers
    deux champs majeurs : l'habitat et l'école.

  • Afriques, années zéro ; du bruit à la parole

    Robert/Servan

    • L'atalante
    • 21 Novembre 2008

    Après une longue période de transition qui a commencé à la fin de la guerre froide, au lendemain de la chute du Mur de Berlin, et s'est refermée avec l'échec, sur fond de désastre social, des plans de rigueur économique initiés par les organisations internationales (FMI, Banque mondiale) et les riches pays du Nord, l'Afrique subsaharienne a pris à l'entame des années 2000 un tournant historique sur tous les plans : économique, bien sûr, mais aussi politique, social et culturel. Plus qu'ailleurs, le sous-continent noir est aujourd'hui le théâtre des mutations les plus spectaculaires de la globalisation du monde. Si ces transformations ont parfois des formes dramatiques (émeutes de la faim, coups d'État, guerres, revendications identitaires, maladies, etc.) donnant l'impression d'un immense chaos, les événements ne sont pourtant pas moins compréhensibles qu'ailleurs. Ce sont d'ailleurs souvent les simplifications médiatiques et les préjugés dépréciatifs qui créent ce que certains appellent « l'insoluble complexité » du sous-continent.
    En douze chapitres qui mêlent le récit et l'analyse, Afriques année zéro dresse l'état des lieux de ce « nouvel an zéro » d'une aire qui a la particularité tout autant de chuter rapidement aux enfers que de sauter avec brio et une énergie inégalée les étages et les étapes du développement. Au moment où elle marche plus que jamais sur le fil ténu d'un rasoir coupant, les journalistes Anne-Cécile Robert et Jean-Christophe Servant montrent que l'Afrique noire contient tout à la fois le poison et le contrepoison de sa destinée. Surtout, ils nous disent que ce qui s'y joue aura inévitablement des conséquences sur le reste de la planète. Miroir grossissant du monde globalisé, l'Afrique subsaharienne pourrait être, en effet, le laboratoire historique des crises qui guettent désormais le versant riche de la planète (augmentation des inégalités sociales, appauvrissement des classes moyennes, déni de la puissance publique et du rôle de l'Etat).

  • L'urbanisme c'est votre affaire !

    Thierry Paquot

    • L'atalante
    • 22 Avril 2010

    Alors que notre société est rongée de l'intérieur - ghettoïsation des quartiers d'habitat social, « vivre ensemble » malmené par la multiplication des résidences sécurisées et l'exacerbation des communautarismes, etc. - nous semblons accepter cette situation. À croire que cela n'aurait aucun effet sur notre vie quotidienne. Observateur sans complaisance du territoire, Thierry Paquot n'est pas de ceux qui tournent le dos à la réalité. Ce livre, il ne l'a pas écrit pour les prosélytes de la nuance. L'Urbanisme est votre affaire ! est une invitation qui, pour peu qu'on la suive, pourrait faire demain de nos villes des lieux solidaires, écologiques et démocratiques. Il suffit en effet de regarder autour de soi pour se convaincre que ses cinq propositions en faveur d'un nouvel urbanisme, enthousiasmantes et pleines d'espérance, nous sortiront de nos vies trop vite résignées.

  • Bagoundié blues ; petites lumières sur la boucle du Niger

    Mohomodou Houssouba

    • L'atalante
    • 18 Juin 2003

    "Si le Mali n'existait pas, il faudrait l'inventer." .Mohomodou Houssouba procède ici à sa propre invention du Mali, invention de ce pays, de ses habitants, de son histoire. Dans ce texte court à la langue riche du multilinguisme de l'auteur, la réalité malienne contemporaine apparaît : fragmentée, tout en réseaux, souple, faite du va-et-vient entre le village et le monde, pauvre et belle.On comprend que le Mali s'étend bien au-delà de ses frontières administratives, mais que parfois il n'existe pas non plus.Ainsi, le texte en vient à toucher les questions du moment - islamisme, françafrique, humanitaire, ethnicité, football... Nous découvrons le Mali pour ce qu'il est à un instant donné par Mohomodou Houssouba, le centre provisoire du monde.

  • " Le Chili et le monde ont bien changé depuis cette époque " nous avons fait ces choix politiques qui ont failli nous coûter la vie. Nous portons la marque de 1973, au coeur comme dans notre esprit. Nous n'avons oublié aucun de nos compagnons d'idéaux qui sont tombés dans la tourmente, dont nous savons aujourd'hui que rien n'importe plus que de s'opposer toujours à ce qu'elle revienne. Nous avons tenté de regarder l'histoire de notre pays les yeux grands ouverts, sans chercher d'excuses confortables aux erreurs commises. Nous ne craignons plus d'être montrés du doigt pour avoir changé d'idée sur la façon dont progressent véritablement les peuples et dont se créent les conditions d'une amélioration de la vie au bénéfice de tous. Voilà le point de départ d'une réflexion sur le destin hors du commun d'une génération, chilienne mais pas seulement, qui a rêvé de révolutionner en profondeur le monde dans lequel elle vivait. Quelques semaines après le " show " des quarante ans de Mai-68, Après la révolution est une heureuse exploration du réel, en dehors des artifices de relecture de l'histoire. Acteurs d'une histoire qui continue encore de fasciner des millions d'individus, Muñoz et Ottone restituent le temps de la genèse " révolutionnaire " chilienne (mais aussi de la révolution cubaine), témoignent sans fard de leur propre histoire et affrontent sans détour la question de l'échec de l'utopie socialiste.

  • L'histoire de la presse nantaise est une des plus longues de toute la presse française puisqu'elle remonte, en 1757, aux Affiches de Joseph Mathurin, le pionnier, et prend véritablement corps le 4 août 1819, sous Louis XVIII. Raconter cette saga, c'est rappeler à la lumière des héros d'un jour, des anonymes pris dans la course des événements ; c'est aussi redonner vie à des personnages statufiés qui appartiennent à l'histoire.
    Écrire sur Nantes et sa presse, c'est mettre au jour ce « vocabulaire intime » dont Charles Monselet dit qu'« on devrait (en) faire pour chaque ville... » et que « le coeur en battrait plus fort. ».

  • Rien sans elles ; de la parite en politique

    Nicole Roux

    • L'atalante
    • 26 Mai 2004

    Ce texte s'est nourri d'expériences d'élues locales ou nationales et des recherches universitaires les plus récentes sur la place des femmes en politique. Toutefois sa richesse essentielle tient à la qualité des échanges entre chercheur-ses, militant-e-s et élues, au sein desquels la dynamique entre la recherche et l'action est absolument inédite. Une dizaine de contributions, entretiens et synthèses explorent l'état des lieux de la question des femmes en politique, rendent compte de la lente généalogie des femmes politiques, mais aussi du piètre effet de l'application de la récente loi sur la parité et des difficultés à se défaire de la domination masculine dans les différents échelons de la vie politique française. Très accessible, illustré par un caricaturiste breton a Bretagne est la seule région à envoyer un tiers de députées à l'Assemblée ! le texte pose toutes les problématiques actuelles du débat sur le statut des femmes en politique. Il s'agit d'un livre de réflexion, mais aussi, car tout cela n'est pas gratuit, d'un outil, d'un appui pour les élu-e-s et les citoyenn-e-s soucieux-ses de faire tomber les discriminations sexistes dans la vie politique française.

  • L histoire trouee

    Catherine Coquio

    • L'atalante
    • 29 Janvier 2004

    Issu de l'important colloque tenu à la Sorbonne en septembre 2002, L'Histoire trouée propose une réflexion collective sur la mémoire, la connaissance et la visibilité des catastrophes historiques, génocides et crimes contre l'humanité. Universitaires-chercheurs, artistes (littérature, cinéma, photographie), juristes et cliniciens se sont associés dans ce livre pour visiter le couple maudit négation-témoignage, dans une approche résolument humaniste et plurielle qui envisage ces catastrophes à l'échelle du monde (Europe bien sûr, mais aussi Rwanda, Afrique, Cambodge, Argentine, Maghreb, Kurdistan, Arménie, Amériques, etc.).
    La variété des lieux d'histoire mobilisés par la quarantaine d'auteurs fait ainsi écho à la diversité du questionnement, à l'ampleur de la réflexion :
    Sommes nous entrés dans une ère de la négation ?
    Comment disparaît-on de l'histoire ? Qu'est-ce qui rend impensable le crime ?
    Quels sont les agents institués ou non de la négation, leurs modalités d'actionoe De quoi et comment peut-on se faire le témoin ?
    Quelle est la place de la fiction et de l'imaginaire dans le témoignage ?
    Quelles sont les temporalités propres à toutes ces questions ?

  • Les boites les grandes surfaces dans la ville

    Rene Peron

    • L'atalante
    • 27 Novembre 2004

    Le règne du discount et de ses hangars ne cesse d'élargir son emprise.
    Du berceau à la tombe, mise en boîte assurée. Ce triomphe des grandes surfaces procède d'une longue évolution qui commence dès la " guerre des rues et des passages dans les années vingt "... 1820. Plébiscitées par les consommateurs, les grandes surfaces figurent aujourd'hui parmi les objets les plus décriés de la société de consommation. Pour expliquer ce paradoxe, Les Boîtes croise les regards portés par les écrivains, les élus de la République et les sociologues sur deux siècles de modernisation du commerce de détail.
    À l'accusation d'être les responsables de la mort du petit commerce s'ajoutent depuis peu les attaques contre les formes architecturales et paysagères dont les " boîtes " trouent les villes. Le livre s'arrête sur ce procès en esthétique trop consensuel pour ne pas être bien-pensant. Mais il s'intéresse d'abord aux enjeux fondamentaux : les marchandises investissent nos vies et nos villes sur un mode toujours plus intime et totalitaire.

  • à bas le savoir!

    Didier Nordon

    • L'atalante
    • 27 Avril 2005

    "Par horreur de l'ennui, j'ai choisi les mathématiques. Par horreur de l'ennui, je les ai abandonnées..." Tous les jours, dans tous les domaines, nous faisons des progrès formidables et nous nous en réjouissons bruyamment. Le savoir, bien entendu, améliore nos vies matérielles. C'est en outre un excellent divertissement. Mais nous lui prêtons des vertus libératrices qu'il n'a pas et refusons de voir ses aspects aliénants. Les problèmes éthiques empirent au fur et à mesure que la biologie invente de nouveaux procédés. La course au savoir favorise la multiplication de spécialistes soumis. Obsédés par la compétition, ils ne se posent de questions qu'internes à leur spécialité, ne s'interrogent pas sur son sens, ne remettent pas en perspective son rôle social. Didier Nordon traite donc ici avec acuité et tout le détachement que lui permet l'usage de la première personne des revers que l'explosion du savoir nous inflige. Un livre pour tous ceux que les mathématiques, la solitude,
    la philosophie, la méchanceté, la connerie et l'éthique intéressent.

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