Bruno Doucey

  • Mars 2010. Après Brassens, Brel et Ferré, disparaissait le quatrième mousquetaire de la chanson française : Jean Ferrat, né Tenenbaum huit décennies plus tôt. Mars 2020 : deux artistes associent leurs talents pour conjurer l'absence de celui « qui aurai[t] pu vivre encore un peu. » L'un est peintre, l'autre écrivain.
    Ensemble ils redonnent vie à l'homme qui détestait les interdits et chantait les poètes. Celui qui dénonçait "la grande injustice" et "la force imbécile" sans jamais cesser de dire « Que c'est beau la vie ! » L'un twiste les mots, l'autre peint les êtres que Ferrat aimait « à en perdre la raison » : Aragon, Desnos, Lorca, Maïakovski, Neruda... Mais aussi Brassens, Vian, Elsa Triolet, Van Gogh ou le vieil Hugo. Comme autant d'étoiles d'une constellation fraternelle et engagée.

  • Carnet intime du dessinateur contenant des croquis de portraits de femmes : à l'encre, au crayon, au pastel gras ou sec. Accompagnés de poèmes contemporains.

  • Née de la pluie et de la terre est le livre d'une rencontre entre deux femmes, de civilisations di érentes, qui se reconnaissent comme soeurs dans le tissage d'une parole universelle. L'une est poète, l'autre photographe. Patricia Lefebvre a rencontré Rita Mestokosho lors des séjours qu'elle e ectua chez les Innus, peuple autonome du Québec. Ses photographies accompagnent la poésie simple, authentique et chamanique d'un être qui s'adresse aux forêts, aux lacs, aux rivières, aux animaux, au vent ou aux nuages, comme elle s'adresse à la grand-mère qui lui a transmis l'amour de la vie. Ainsi que l'écrit Le Clézio, préfacier du recueil, sa poésie « est pleine de cette puissance féminine qui imprègne les peuples anciens. Quelque chose de calme et d'incorruptible qui s'ouvre sur l'avenir. »

  • À l'origine, Passage des arts est le nom d'une petite rue de Paris, une de ces venelles quipermettaient autrefois d'aller d'un atelier d'artiste à l'autre. Bruno Doucey a-t-il donné ce nom à la collection qu'il vient de créer pour rappeler que la poésie relève de l'espace public, qu'elle est un lieu de rencontres, un passage, une passerelle entre les êtres? Oui, mais pas seulement.
    Les livres de la collection Passage des arts sont avant tout des livres de dialogue entre deux artistes, l'un poète, l'autre photographe, peintre, graveur ou musicien.
    Des livres dans lesquels les images de l'un font naître la poésie de l'autre, et inversement.
    Des livres ouverts comme des fenêtres aux ressources de l'imagination créatrice.

  • Un homme sans verso et une femme sortie de l'arbre. Une danseuse-papillon sur un escalier de verre. Un monarque chiromancien aux ailes inquiètes. Un saxophoniste aveugle. Un peintre d'éventail. Un petit nègre à queue de chat venu manger dans la main de l'aube. Sans oublier la fleur-soleil, la lune cerf-volant, la poupée miraculeuse, la femme-calligraphe ou cette orchidée nègre qu'Anthony Phelps a souvent invoquée de sa voix chaude. Les fragments de poèmes que l'écrivain haïtien est allé chercher dans l'ensemble de son oeuvre poétique pour accompagner les tableaux fantasmagoriques et colorés d'Iris Geneviève Lahens nous font entrer dans la géométrie d'un rêve partagé : celui que deux artistes, la plasticienne et le poète, ont conçu avec une liberté, une fantaisie, une joie de créer profondément communicatives. Entrez sans réserve dans ce livre, lectrices et lecteurs qui venez d'Haïti, du Québec, de France ou bien d'ailleurs ! Le monde qui s'anime sous nos yeux relève de la magie. Les âmes métisses nous ouvrent leurs portes. « Le vent-poupée [nous] lèche en traversée secrète ».

  • Outre-choeur... Derrière ce titre, qui évoque l'Outre-mer, se cache un projet de voyage : celui que le musicien et compositeur Thierry Machuel nous propose à travers les richesses insoupçonnées des poésies du monde, convoquant tour à tour, Guillevic et Mahmoud Darwich, Gabriela Mistral du Chili et Maram al-Masri de Syrie, Gérald Bloncourt d'Haïti et le poète noir américain Langston Hughes. Vingt poètes du monde entier, reliés par un même territoire du souffle et de la voix. Car chaque texte de cette anthologie humaniste, accompagnée d'un CD, a été confié à l'ensemble vocal et instrumental que Thierry Machuel a su réunir autour de ses compositions. Sept chanteurs et plusieurs instrumentistes entraînent la poésie vers la forme singulière, et souvent sublime, de l'opéra choral. Un pur bonheur.

  • ELLE peint des visages au regard clos, des yeux qui versent des larmes de sang, des corps qui s'effacent, des enfances sans joie, des portraits de femmes disparues comme les poétesses Sappho et Nadia Anjuman : par son talent de peintre, Mylène Besson donne des couleurs à l'absence. IL écoute les images de l'artiste, se laisse traverser par les émotions qu'elle suscite, écris des poèmes pour prolonger les échos qui se font en lui : par ses mots, Michel Ménaché fait parler les silences de la peinture. Et un dialogue s'instaure entre deux arts ; lisible et visible se mêlent ;
    Les portes de toile nous ouvrent à une compréhension plus subtile du monde. Comme l'a souvent répété Michel Butor, présent dans ce livre par deux poèmes inédits, l'avenir d'une oeuvre d'art réside dans son inachèvement...

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