Actes Sud

  • La prise de la Bastille est l'un des évènements les plus célèbres de tous les temps. On nous récite son histoire telle qu'elle fut écrite par les notables, depuis l'Hôtel de ville, du point de vue de ceux qui n'y étaient pas. 14 Juillet raconte l'histoire de ceux qui y étaient. Un livre ardent et épiphanique, où notre fête nationale retrouve sa grandeur tumultueuse.

  • Enfant, Yukio avait coutume de jouer au parc avec une fillette accompagnée de son père. Des années plus tard, il apprendra avec effroi que cette famille était aussi la sienne ; il perdra alors un père pour la seconde fois.

  • En 1923, pour échapper aux violences japonaises, une jeune Coréenne est cachée sous un nom japonais et confiée au prêtre Tsubame. Son histoire et son impossible réconciliation avec elle-même sont l'occasion d'une réflexion sur l'identité perdue.

  • Je réfléchis à l'histoire de mes parents, que le bonze m'a racontée.
    Au début, j'ai été choqué, mais, à mesure que j'y pense, j'ai le sentiment qu'ils étaient simplement les victimes d'une tradition familiale. pour mon père, ce fut une humiliation de se savoir stérile. et pour ma mère, ce fut une catastrophe de ne pas pouvoir tomber enceinte et d'être jugée stérile à la place de mon père. a. s.

  • Quand Ariane, archéologue au musée de Nice, voit sa mère vieillir et les premiers symptômes de la maladie apparaître, elle sait le peu de temps qu'il lui reste pour comprendre cette femme distante et amère. Qu'a-t-elle laissé en Italie dans les années 1960 pour émigrer de l'autre côté des Alpes ? Un huis-clos de femmes sur fond de Méditerranée, traversé par les paysages de Nice, ses ruines et ses mirages, contre lesquels se fendent les identités telles des vagues.

  • Sol a six ans dans l'Amérique de Bush. Sur fond de 11 septembre et de guerre en Irak, il vit entre sa mère Tess et son père Randall dans l'Etat du Texas. La violence quotidienne absorbée via Internet participe de son éducation. A la vie de Sol en 2004 succède l'enfance de son père vingt ans auparavant, puis celle de sa grand-mère, petite fille dans les années 1960, jusqu'à la jeunesse d'une arrière-grand-mère qui vécut en Allemagna en 1944 et 1945. Au fil de ces vies racontées, le récit remonte le cours d'une histoire oubliée.

  • On pense que le reality show est l'ultime avatar du spectacle de masse. Qu'on se détrompe. Il en est l'origine. Son créateur fut Buffalo Bill, le metteur en scène du fameux Wild West Show. Tristesse de la terre, d'une écriture acérée et rigoureusement inventive, raconte cette histoire.

  • Eric Vuillard poursuit avec Congo son entreprise de relecture de l'Histoire, qu'il tutoie au plus près, à hauteur d'homme, mettant en scène les balbutiements de l'époque coloniale pour dénoncer les travers de notre modernité.
    "Le Congo, ça n'existe pas". Il faut donc l'inventer : lui donner des frontières. Conduite par Bismarck, la conférence de Berlin en 1884, raout diplomatique international où les grandes puissances décident de l'avenir de l'Afrique tout entière, va sceller le sort de ce pays en donnant naissance à la colonie belge du Congo. Viennent alors le défrichage, les premières infrastructures, les massacres. On assiste aux manoeuvres de Léopold II, puis aux mésaventures de Charles Lemaire l'éclaireur, de Léon Fievez le tortionnaire, des frères Goffinet les négociateurs, etc. Cette galerie de portraits de la barbarie occidentale se clôt sur les derniers jours de Léon Fievez. Dévoré par la fièvre, en proie à une décomposition douloureuse et lente, il semble absorber à lui seul la folie des massacres perpétrés au nom de la colonisation, et pendant que Fievez agonise, l'Europe semble bien perdre son âme.
    En donnant un visage au mal, parfois un visage d'une banalité déconcertante, Eric Vuillard poursuit son entreprise de relecture de l'Histoire, qu'il tutoie au plus près. A la fois roman historique et réflexion politique sur le libre-échange, déjà en germe à cette époque, Congo met en scène les balbutiements de l'époque coloniale pour dénoncer les travers de notre modernité.

  • "Rares sont les Gitans qui acceptent d'être tenus pour pauvres, et nombreux pourtant ceux qui le sont. Ainsi en allait-il des fils de la vieille Angéline. Ils ne possédaient que leur caravane et leur sang. Mais c'était un sang jeune qui flambait sous la peau, un flux pourpre de vitalité qui avait séduit des femmes et engendré sans compter. Aussi, comme leur mère qui avait connu le temps des chevaux et des roulottes, ils auraient craché par terre à l'idée d'être plaints." A. F.

  • Un tour du monde animalier sur les traces de Pierre Loti, qui fut l'ami des animaux, leur frère, leur défenseur. Des textes rares où se mêlent la pitié, la colère, l'humour et qui donnent à lire un aspect méconnu et attachant de son oeuvre.

  • 1524, les pauvres se soulèvent dans le sud de l'Allemagne. L'insurrection s'étend, gagne rapidement la Suisse et l'Alsace. Une silhouette se détache du chaos, celle d'un théologien, un jeune homme, en lutte parmi les insurgés. Il s'appelle Thomas Müntzer. Sa vie terrible est romanesque. Cela veut dire qu'elle méritait d'être vécue ; elle mérite donc d'être racontée.

  • L'Allemagne nazie a sa légende. On y voit une armée rapide, moderne, dont le triomphe parait inexorable. Mais si au fondement de ses premiers exploits se découvraient plutôt des marchandages, de vulgaires combinaisons d'intérêts ? Et si les glorieuses images de la Wehrmacht entrant triomphalement en Autriche dissimulaient un immense embouteillage de panzers ? Une simple panne ! Une démonstration magistrale et grinçante des coulisses de l'Anschluss par l'auteur de Tristesse de la terre et de 14 juillet.

  • L'écrivain-jardinier Marco Martella, auteur du «Jardin perdu» et de «Jardins en temps de guerre», ouvre de nouveaux espaces, fragiles et accueillants, empreints de "la poésie des fleurs". Narcisses, campanules, «zagare» (fleurs de citronniers), églantines ou berces du Caucase, les fleurs ici cueillies exhalent le souvenir nostalgique de l'enfance, d'une rencontre, d'un éblouissement, comme autant de concentrés de vie.

  • Accroupi dans la neige, il tirait des branchettes du fouillis de bois mort et les posait directement sur la flamme.
    Il savait qu'il ne pouvait risquer un échec. quand il fait soixante-quinze degrés au-dessous de zéro, on ne peut pas échouer dans sa première tentative de construire un feu. construire un feu, l'un des "récits du klondike" écrits par jack london (1876-1916) an tournant du siècle, fut, dit-on, le livre de chevet de lénine.

  • «Cette maudite race humaine» regroupe cinq textes d'un recueil de courts essais de Mark Twain, écrits à la fin de sa vie, publiés de manière posthume en anglais et encore jamais traduits en français. Tendre satire sur « le complexe de supériorité » de l'homme, cette volée de flèches désopilante sur la tendance anthropo-centrée de l'homme, révèle - s'il en était encore besoin - la causticité irrévérencieuse de cet auteur culte.

  • Après les blessures faites à la terre dans «La Malchimie», Gisèle Bienne élargit le cercle creusé dans la plaine foudroyée autour de sa famille désunie par un héritage inéquitable et dévoile les blessures que les «hommes-frères» se font au nom du droit au salaire différé.

  • Un "Art de la guerre" qui revisite à sa manière historique, politique et polémique le premier conflit mondial.
    "Il y eut d'abord un goût commun. Une élite raffinée et fière. Les petits-fils de la reine Victoria occupaient le trône d'Angleterre et d'Allemagne, un même derrière avait posé ses fesses sur deux chaises." Alternant ironie, portraits intimes, scènes épiques ou émouvantes, La Bataille d'Occident nous offre un récit très personnel de la Grande Guerre. Le livre débute sur un portrait de Schlieffen, le stratège allemand, passant des heures au coin du feu à lire et relire à sa fille de larges passages d'Histoire militaire, obsédé par son formidable plan d'agression contre la France, le retoquant jusqu'à sa mort. Puis c'est l'assassinat de François-Ferdinand à Sarajevo, celui de Jaurès, le front qui s'enlise sur le Chemin des Dames ; une autre guerre commence. La science s'en mêle, chlore et gaz moutarde, pilonnage en masse de la bataille de la Somme, les prisonniers français échouent dans les camps des Ardennes. Le gâchis est irrémédiable, la chair à canon n'aura servi que les intérêts financiers et politiques de décideurs sans scrupule : l'Occident est bel et bien entré dans la modernité.
    Cet "Art de la guerre" revisite à sa manière historique, politique et polémique le premier conflit mondial, et met en parallèle les stratégies militaires et leurs dramatiques conséquences sur le terrain, à travers quelques journées décisives. Une vision à la fois péremptoire et brillante du sort des peuples comme simples jouets entre les mains de meneurs avides de pouvoir, de postérité ou de richesse ; et d'un présupposé ancestral qui devient ici une mécanique hallucinante.

  • Neuf impromptus truculents et hilarants entre deux voisins qui se croisent dans la cage d'escalier de leur immeuble, quand chaque rencontre est l'opportunité pour l'un de questionner l'autre sur ses origines juives. Où comment en finir avec l'obstination des idées reçues sur la question.
    Nouvelle édition augmentée.

  • " Car les épouses étaient toutes accaparées par cette tâche : procréer. Et Dieu qui les guidait, à qui chaque soir elles offraient leur journée, ce Dieu-là se chargeait de bénir leur couche, et de pardonner aux époux la douceur des caresses en soufflant autour d'eux des petits enfants. Ainsi les couples étaient féconds, comme si la terre avait été si belle qu'il fallait enfanter des êtres capables de s'en émerveiller. Ou si cruelle qu'il fallait apprendre à compter, parmi ceux qui naissaient, lesquels survivraient. (...) Le sang et la chair, qui n'ont jamais le temps qu'ils souhaiteraient, ont une éternité devant eux. "

  • Ils disent, par exemple : Apollon. Ou : la Grande Tenue. Ou : Râ, le dieu Soleil. Ou : Notre Seigneur, dans Son infinie miséricorde. Ils disent toutes sortes de choses, racontent toutes sortes d'histoires, inventent toutes sortes de chimères. C'est ainsi que nous, humains, voyons le monde : en l'interprétant, c'est-à-dire en l'inventant, car nous sommes fragiles, nettement plus fragiles que les autres grands primates. Notre imagination supplée à notre fragilité. Sans elle - sans l'imagination qui confère au réel un Sens qu'il ne possède pas en lui-même - nous aurions déjà disparu, comme ont disparu les dinosaures. N.H.

  • Évocation subjective et captivante de la vie, de l'oeuvre et de l'engagement si singuliers du peintre Roman Opalka, le sculpteur du temps, qui éclaire de façon inattendue la création romanesque de Claudie Gallay, et établit une filiation secrète entre les deux oeuvres.
    En parcourant la vie, l'oeuvre et l'engagement si singuliers de Roman Opalka, artiste peintre d'origine polonaise ayant consacré sa vie à sculpter le temps par les nombres, Claudie Gallay ravive ce qui a forgé son imaginaire de romancière, dévoilant des aspérités nouvelles, des passerelles souterraines, des irrigations muettes entre les deux oeuvres.
    Entrant de plain-pied dans le champ privé de la romancière, serti de sa subjectivité - d'écrivain, de lectrice, de regardeuse, d'amatrice d'art - et de cette complicité tacite (elle ne rencontrera jamais celui qu'elle admire tant), le récit éclaire avec concision et évidence l'oeuvre romanesque, son espace-temps, par l'entremise de celle, picturale et philosophique d'Opalka, cosa mentale qui induit un changement d'attitude, de réaction, de perception pour quiconque s'y intéresse.
    Entre promenade dans l'univers et la vie du peintre et références personnelles, le récit progresse en touches émotionnelles et artistiques et fourmille de détails pour les connaisseurs comme pour les non-initiés, donnant à voir tout ce qui forme un artiste. L'enquête s'étoffe ainsi au fil des pages et des reproductions : des premières expositions auxquelles Claudie Gallay assiste, au manoir du peintre qu'elle visite en Aquitaine, aux "erreurs" relevées dans les toiles du maître, jusqu'aux pages qu'elle noircit de suites de chiffres, comme pour éprouver, jusqu'à en devenir le passeur évident et mélancolique, cette dimension épaisse, heureuse et indicible de l'irréversibilité du temps qui l'a totalement bouleversée ; seul objet, motif et projet d'Opalka à compter de 1965.
    Proposition poétique, théorique, esthétique, Détails d'Opalka s'apparente à un hommage monographique par la mémoire des deux trajectoires qu'il contient. Celle du temps sur lequel Roman Opalka veille, et celle des livres de Claudie Gallay.

  • Le film adapté du roman sort en salles le 7 décembre 2011. Il est écrit et réalisé par Sylvie Testud, avec Mathieu Kassowitz, Juliette Binoche, Aure Atika ...
    Marie a vingt-cinq ans. Un soir de fête, coup de foudre, nuit d'amour et le lendemain... elle se retrouve douze ans plus tard, mariée, des enfants et plus un seul souvenir de ces années perdues. Un roman sur le temps, les choix et la durée.

  • Enfermée depuis l'enfance avec sa mère dans la "maison des femmes" où l'on redresse les torts, réels ou supposés, dont épouses, soeurs, ou filles se seraient rendues coupables à l'encontre des lois patriarcales, une jeune fille prise en otage par les mystères qui entourent tant de douleurs en un même lieu rassemblées, cherche en vain l'amour de sa génitrice qui, indifférente à son existence, ne vit plus que dans le seul espoir que vienne la délivrer celui qui l'a abandonnée. Dehors, là-bas, dans la maison du père, où sévit le "clan" familial tout-puissant, un cauchemar affreusement symétrique menace de fondre sur l'héritière sacrificielle née d'un couple tragique et fourvoyé. Sur les ravages du désamour et de l'exil intérieur auquel il condamne, une fable cruelle et incandescente qui pose en lettres de sang la nécessité de la rupture comme condition de toute survie.

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