Anne-Marie Garat

  • Humeur noire

    Anne-Marie Garat

    De passage à Bordeaux, la ville où elle est née et où grandir a voulu dire s'émanciper, la ville dont l'opulence bourgeoise et l'arrogante amnésie lui restent comme un caillou dans la chaussure, Anne-Marie Garat se rend avec un sien cousin bordelais au musée d'Aquitaine où, ensemble, ils découvrent l'exposition consacrée à la traite négrière. Et tombent en arrêt devant certain cartel, au langage pour le moins javellisé. «Humeur noire »revient sur la colère qui jaillit face à la malpropreté des mots. En décortiquant avec humour et lucidité sa propre obsession d'écrivaine, Anne-Marie Garat signe un livre étonnamment personnel (et étonnamment réjouissant), sur les traces d'une histoire collective et d'une mémoire intime (trop) longtemps laissée(s) tranquille(s). Intranquille, vivant, pétillant, virtuose, un emportement qui cristallise combien tout est lié, combien «tout» est important.

  • Fin des années 1930, Yukon, Alaska. Une aventurière fuit la Californie avec une enfant et, bravant les dangers, se lance à la poursuite de ses fantômes sur les pistes des territoires amérindiens du Grand Nord, avec pour seul guide une mystérieuse carte folle. Bud Cooper qui a croisé sa route rapporte le récit de l'équipée que lui en fait, quinze ans plus tard, l'enfant d'alors, au risque de se perdre à son tour avec elle aux confins de l'imaginaire.

  • Automne 1913. A Paris et ailleurs - de Budapest à la Birmanie en passant par Venise -, une jeune femme intrépide, Gabrielle Demachy, mène une périlleuse enquête d'amour, munie, pour tout indice, d'un sulfureux cahier hongrois recelant tous les poisons - des secrets de coeur au secret-défense. Habité par les passions, les complots, le crime, l'espionnage, et par toutes les aventures qu'en ce début du XXe siècle vivent simultanément la science, le cinéma ou l'industrie, Dans la main du diable est une ample et voluptueuse fresque qui inscrit les destinées sentimentales de ses personnages dans l'histoire d'une société dont la modernité est en train de bouleverser les repères. En 1913, Gabrielle Demachy s'avance, lumineuse et ardente, dans les rues de Paris, sur les chemins du Mesnil ; entre l'envol et la chute, entre eaux et sables, la voici qui s'engage dans le roman de sa vie...

  • La nuit atlantique

    Anne-Marie Garat

    Revenant sur les lieux pour se défaire enfin d'une maison qu'elle a jadis acquise sur la côte Atlantique, l'héroïne de ce roman, Hélène, affronte les fantômes du passé qui, secrètement, parasitent son existence, tout en traversant les zones de turbulences que provoquent des rencontres nouvelles. S'ensuivent de nombreuses déflagrations qui vont déplacer les lignes de son existence, passée comme présente, mettre en déroute tous ses démons personnels et lui permettre de s'ouvrir aux initiations qui l'attendent afin de vivre la mutation libératrice et amoureuse à laquelle elle ignorait si ardemment aspirer.

  • La source

    Anne-Marie Garat

    Dans une demeure extravagante, nichée en contrebas d'un bourg de Franche-Comté, Lottie, solide nonagénaire, vit seule. L'histoire de cette maison, du domaine et de ses fantômes, Lottie va la dérouler pour la narratrice, professeur de sociologie venue là sous le prétexte d'une enquête universitaire. Mais faut-il la croire sur parole ? Anne-Marie Garat fait entrer mémoire et mensonge dans le plus passionnant des dialogues et nourrit les sortilèges de la littérature jusqu'à recomposer la matière même du temps.

  • Après "Dans la main du diable", Anne-Marie Garat nous livre un nouvel et ambitieux questionnement sur l'inscription, dans le temps long de l'histoire, des tourments individuels et des destinées sentimentales confrontés à la rémanence du Mal.

  • Dans un deux-pièces de la banlieue parisienne, un homme entretient un dialogue obsédant avec son ordinateur qui semble receler des images de son passé refoulé dans une forêt nordique d'Estonie, vingt ans avant la chute du mur de Berlin. Sur fond de divorce, de drame des sans-papiers, de réchauffement climatique et de tragédie de Fukushima, il affronte son propre conte originel et réinvente sa "vraie" vie.

  • Pense à demain

    Anne-Marie Garat

    Dernier volume d'un grand roman séculaire qui débute en 1913 avec Dans la main du diable, et se poursuit dans les années 1930 avec L'Enfant des ténèbres, Pense à demain couvre une période qui s'étend des années 1960 à septembre 2010. On y retrouve, trente ans plus tard, les personnages dont les destins dessinent le portrait tragique du siècle. Mais qui "tourne la manivelle" de l'Histoire ? De quel sordide passé aux crapuleuses ramifications mêlant politique et affairisme, les uns et les autres sont-ils comptables ? De quels terribles marécages - et parfois quels charniers - s'élèvent les existences ? Qui a pouvoir de désigner le visage du crime, d'absoudre sa face et d'abolir son image ? Comment naissent les histoires ? Sinon par leur fin, souvent. Ainsi le présent est-il prescrit par hier, et demain, illisible, chiffré au passé, souvent très antérieur.

  • Trois récits déclenchés par une image dessinent plusieurs trajectoires possibles dans le labyrinthe des passions et composent un triptyque en forme d'art poétique et d'hommage lyrique et fiévreux aux forces vives de la création.

    «Au départ, l'idée était de semer des petits cailloux entre mes romans, comme des points de suspension. L'Amour de loin, La Rotonde et Hongrie ne sont ni des romans, ni des nouvelles, ni des poèmes. J'aime répondre ainsi par la négative, au sens photographique du terme. Cela rejoint leur forme absente, fantomatique, latente. Ils sont des « revenants » de mon travail en cours. Voilà pourquoi ils apparaissent sans prévenir et s'imposent comme des rendez-vous avec moi-même ;
    Comme une nécessité, une urgence.» Anne-Marie Garat, dans un entretien avec Christine Rousseau, Le Monde des Livres

  • Romancière singulière, amoureuse de l'image, chez qui la mémoire passe par le cadrage, l'ombre et la lumière, Anne-Marie Garat se prête au jeu de la collection Essences. Les champs s'ouvrent, les réminiscences olfactives précèdent le développement de son imaginaire comme autant de solvants et autres sels d'argent au parfum entêtant qui soudain révèlent un lieu, une histoire relégués aux confins d'une mémoire oublieuse.

  • Le hasard d'une promenade nocturne en forêt met en présence la narratrice, en quête de mystérieuses photos anciennes, et Laura, une jeune femme inconnue et familière à la fois. De pertes en rencontres, des plages de l'Atlantique à la Toscane et Amsterdam, et jusque dans une gare abandonnée des Hautes-Pyrénées, elles affrontent leur secret commun, les trompe-l'oeil de l'image et les feintes de mémoire, les horreurs du siècle et leur propre histoire de femmes. Voici un texte où l'on retrouve pleinement le plaisir de la lecture, où la recherche du sens est illuminée par les exigences d'une écriture faisant contrepoint à la pensée, et où le ton et l'autorité de la grande tradition président au jeu du souvenir et de l'oubli, de l'absence et de la présence. Bref, voici un récit que domine un personnage jamais nommé, qui n'est autre que l'écriture elle-même...

  • Chambre noire

    Anne-Marie Garat

    milena trouve, dans la maison familiale de son compagnon jorge marechal, des photos étranges prises par un jeune mort de la guerre de 1914.
    parce qu'elle est photographe, elle déchiffre leur secret et, avec lui, celui d'un siècle d'histoire des marechal : l'aïeule, constance, qu'une rencontre d'enfance au bord d'une allée a vouée à la folie ; son époux, pharmacien voyageur halluciné, et son équivoque ami, aventurier criminel ; son fils trop aimé et la soeur de celui-ci, madeleine, dernier témoin vivant ; mais aussi le jeune rescapé d'une rafle en 1944, qui hante la mémoire de jorge jusque dans les rues de lisbonne...
    de l'empreinte des guerres du xxe siècle nul n'est indemne, elle continue de corroder la mémoire en chambre noire, et milena - qui en mélanie s'inverse cherche à la lumière des négatifs à comprendre sa propre histoire, jusqu'à ce jour d'avril 1986 qu'envahit le nuage de tchernobyl...

  • Du conte de perrault, le plus célèbre du répertoire français, anne-marie garat propose une interprétation subtile qui en restitue les sens occultes.
    Le dialogue intime qu'est la lecture -ici celle d'un écrivain - l'éclaire tour à tour par l'histoire littéraire et l'histoire tout court, l'étymologie, la stylistique, la psychanalyse, dans une langue virtuose. d'oú il ressort que le loup n'est pas qui l'on croit, la galette et le chaperon non plus, ni les mères et mères-grand ; que cette histoire reste saignante en notre mémoire et d'une actualité tragique.
    Ce texte érotique et barbare relate le ravissement et l'effroi sans pareil de l'enfant dans sa rencontre avec le mal et par sa magistrale brièveté, sa pureté de langue, nous enseigne la suprématie de l'art dans toute transmission.

  • Les mal famees

    Anne-Marie Garat

    Pendant la guerre, deux femmes s'installent ensemble entre les murs d'une petite maison, dans un quartier évacué de la ville. Marie, femme d'âge mûr, cuisinière de talent, a pris sous sa protection la jeune Lise, couturière, et elles sont devenues comme mère et fille. Les pénuries, le froid, la pauvreté, les bombardements qu'elles endurent en ce temps de guerre n'entament pas le bonheur qu'elles entendent conquérir.
    Les Mal Famées raconte la détresse sauvage des mal aimées et montre l'insoupçonnable capacité de certaines d'entre elles à répondre à la misère par des salves de désir.

  • Hongrie

    Anne-Marie Garat

    Peut-être ce pays de hongrie, risquais-je, à part moi.
    Ou tout autre d'europe centrale, incarne-t-il pour ma génération les convulsions du vingtième siècle, territoires morcelés, raturage de cartes et frontières. sur les tables d'état-major, au goûter des généraux, on a fait pièce des peuples et des langues, et de ce qui s'en conçoit d'art, de science et d'utopie poètes, peintres et photographes, cinéastes exilés de génie, transfuges, résistants, traîtres et héros.
    La guerre, la nuit et le froid d'oú viennent les espions, et les oeuvres en contrebande la honte et le mal, l'inintelligible de l'histoire, c'est notre siècle, le dernier. amg.

  • Aden

    Anne-Marie Garat

    Aden Seliani est au carrefour de sa vie. Fils d'immigrés d'Europe de l'Est, il s'est totalement investi dans son métier d'informaticien ; mais lors d'une mission à New York, il découvre que son agence parisienne travaille en réalité pour le Pentagone ! Pour couronner le tout, sa femme exige le divorce et sa mère tombe dans le coma. L'heure est venue pour Aden de sortir de sa léthargie - et d'entreprendre le voyage en lui-même qu'il avait toujours différé...

  • Un jour d'automne, c'est rare, le fils pousse une visite à son père, sans prévenir. À quoi bon, vu la nouvelle qu'il porte ?
    Du reste, le vieux ne relève plus son courrier depuis qu'il vit en solitaire dans ce coin perdu au fond d'une gorge de montagne, un vrai sauvage.
    De là à l'accueillir au fusil ! C'est qu'il n'y est pas si tranquille, le bougre...
    Voici une histoire de père et de fils, d'enfance perdue, de rêves et de peurs ; une histoire d'amour et de mort.

  • Convoquant l'origine, la filiation, l'appartenance et l'identité, la photo de famille établit un des liens les plus intenses à l'histoire privée et collective ; l'album de famille, sous ses allures de banal compte-rendu de la vie ordinaire, cèle un récit violent d'amour et de mort. À travers l'exploration d'une quarantaine de photos d'anonymes, Anne-Marie Garat dévoile son rapport d'écrivain à ce genre populaire longtemps dévalué, et nous conte l'histoire de nos chambres noires, où s'écrit le roman familial.
    "Cet essai expose mon rapport d'écrivain à ce genre de la photo d'anonymes, et à l'appareil photo, motifs récurrents dans tous mes romans." "Les photos qui illustrent le livre sont issues d'un corpus personnel, glané depuis de nombreuses années au hasard des brocantes où elles échouent." A-M. G.
    Tout un chacun a au moins une fois feuilleté ce livre, consulté ses pages familières : l'album de famille. Vieilles photos, classées et légendées, ou jetées en vrac dans les tiroirs, les boîtes en carton, images de rien vouées à la conservation dévote, ou à l'abandon, l'oubli.
    Si la pratique sociale de la photo d'anonymes a longtemps été ignorée, voire méprisée, et sa production dévaluée comme genre populaire sans qualité, c'est que ce livre d'images anodines, souvent indigentes, relate l'ordinaire de la vie, chronique sa répétitive banalité. Or, sous son dehors normé et ses rituels, l'album cèle un récit violent d'amour et de mort : le roman familial s'écrit en chambre noire.
    Car la photo de famille obéit à la mémoire de soi et des siens, interroge l'autobiographie. Elle convoque l'origine, la filiation, l'appartenance et l'identité. Hantée par le secret, l'absence et la présence - leur puissance imaginaire -, elle établit un des liens les plus intenses à l'histoire privée et à l'histoire collective, dont le souvenir mué en fiction se construit à travers ces images, investies du pouvoir d'invoquer les fantômes.
    De cet essai, publié en 1994 dans la collection "Fiction & Cie" de Denis Roche, Actes-Sud propose la réédition actualisée : entre-temps, l'appareil et l'image numériques ont bouleversé la nature de la photo et de l'album de famille, dont l'histoire continue de s'écrire.

  • L'amour de loin

    Anne-Marie Garat

    " cet après-midi-là de grand soleil, j'ai vu soudain, sur le mur opposé à la fenêtre, le seul mur passé à la chaux, une image.
    Je suis incapable de te la décrire. elle est indescriptible ? je m'en souviens, mais impossible dire de quoi il s'agit, exactement. or ce n'est pas par oubli, après tant d'années. au contraire, mon souvenir est très clair. mais, dès cet instant, je n'ai su ce que c'était, à la fois indescriptible et d'une très grande netteté. c'était une image. ".

  • L'insomniaque

    Anne-Marie Garat

    A Ravenne, dans l'implacable lumière de l'été italien, Simon Fernet croit assister à la disparition de Clémence, la femme qu'il aime.
    Dès lors, veilleur fasciné par lui-même, il est condamné à refaire les comptes. Mais l'inventaire du passé ne délivre que le désordre et la perte : Fernet assiste à l'éclatement de son existence - l'enfance en Gironde, les figures tourmentées de l'amour et de la famille, la rencontre avec Clémence. Des denses forêts de sa jeunesse aux mosaïques de Ravenne, de la simple maison du bonheur au ciel constellé du tombeau de Galla Placidia, où est la réponse ?... Peut-être à Rimini, quand a lieu le terrible rendez-vous de Simon avec lui-même.
    C'est avec un art subtil et remarquablement maîtrisé qu'Anne-Marie Garat conduit, à travers le tumulte intérieur d'une quête insomniaque, cette expérience de la dépossession.

  • Une escapade : les Landes de Gascogne ne sont jamais trop loin..
    Un arrêt, une rencontre, rapidement la descente en forêt trouble nous transporte au coeur d'un drame dont nul ne devine l'ampleur. Ici, rien ne semble avoir changé, bougé. Immobiles, les pins par milliers, le sable, le ruisseau caché abritent une énigme qu'il vous faudra trouver et comprendre. Comprendre surtout.

  • «La nostalgie des soirs de cafard, le frémissement des errances nocturnes, l'humide beauté des bords de la Gironde, bref quelque chose de vrai, de triste transparaît et vous gagne. Le sable et le temps coulent entre les mots. En sourdine, mais évidents, une voix, un chant s'élèvent de ce livre ; ils vous disent la naissance d'un écrivain.» Matthieu Galey, L'Express, 1984 «Quelque chose de rauque, de voilé, une impalpable violence aimante ce roman. On y découvre, en pleine possession de ses moyens, un écrivain dont on reparlera.» Monique Petillon, Le Monde des livres, 1984 «Et s'il s'agit d'un véritable livre et non de son ébauche, c'est aussi parce que le lecteur y retrouve son image et comme son destin : c'est bien lui qui, depuis le commencement de toute lecture, joue avec du sable, guette des agrandissements de lui-même, en reste blessé à son insu.» Marianne Alphant, Libération, 1984

  • La rotonde - panorama

    Anne-Marie Garat

    Tandis que je naissais, mon père tira soudain un coup de fusil à bout portant sur la jeune soeur de ma mère.
    Par accident, inadvertance, ou par fatalité, la balle à elle adressée alla toucher, au creux du cou, sa belle amie sortant de son lointain jardin, au sud. a l'instant, le frère de celle-ci, escaladant la falaise, par héroïsme ou vanité, surpris par la détonation, faisait une chute mortelle sur les rochers de la baie, au nord extrême du paysage.

  • Un matin comme les autres, Nemours traverse le square gris, quand un homme l'interpelle par son nom. Nemours, contrarié, tente de passer son chemin, mais l'inconnu insiste : il doit lui raconter une histoire qui le concerne. Interloqué, ou cédant peut-être à une vague menace, Nemours prête l'oreille le temps de parcourir le square, cet homme à son flanc. C'était il y a longtemps, une nuit, aux confins du Chili. On avait porté chez l'inconnu, sur une civière de fortune, un marin blessé dans des circonstances obscures. Un jeune compatriote qui, dans les délires des fièvres, aurait récité un poème. Un poème de Nemours.

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