POÉSIE, THÉATRE

  • Dans cet ouvrage très personnel, écrit en hommage aux poètes chinois de l'époque Tang (618-907) - parmi lesquels Li Bai, Du Fu, Wang Wei, Bai Juyi... -, J.M.G. Le Clézio fait revivre ces figures d'une époque troublée, qui aimaient le vin, les femmes, les errances, la nature, le passage des saisons, qui partageaient les souffrances du peuple face à la pauvreté ou à la violence des guerres... Poètes pour lesquels l'homme ne doit pas dominer mais plutôt échanger avec les autres règnes, les animaux, les plantes, l'eau, la terre, les pierres, les nuages, la brume, les astres...

    Incursion dans une civilisation qui a ouvert la Chine à la modernité, ce livre singulier et passionnant nous conduit dans la création et l'intimité de ces femmes et de ces hommes qui nous touchent encore aujourd'hui par leur art de vivre, leur élégance et leur intransigeante vérité.

  • À l'image de son travail d'artiste performeuse, la poésie de Regina José Galindo est crue, brute, viscérale. Reflet de la violence d'un continent, son écriture radicale dénonce la violence faite aux femmes et aux Indiens dans son « mauvais mauvais mauvais Guatemala » en proie aux gangs après trente-six années de guerre civile. Rendre hommage et affirmer une résistance, c'est ce que construit par son travail artistique et poétique Regina José Galindo, avec rage et vitalité.

  • Une épiphanie évoque le chemin des corps amoureux, avec leurs joies et les souvenirs, les flottements, la voix qui naît d'eux et devient une langue... Jusqu'à la troisième et dernière partie du recueil où s'impose la douleur de l'absence de l'aimée. Mais, même dans l'ambiance crispée par le regret, la lecture de ces poèmes reste une expérience lumineuse grâce à la délicatesse de la voix du poète, toujours discrète, émue et émouvante. Car à l'espace intime vient faire écho un univers riche d'évocations du réel préservant l'équilibre entre l'abstrait et le concret. L'ensemble, en vers libres, est homogène et harmonieux, sa construction cohérente. Par cette langue exigeante mais sans artifices, Alexis Bardini a réussi à communiquer la nécessité de ces traces qui remontent vives du passé.

  • L'Imagination créatrice de l'acteur est le complément indispensable du classique Être acteur, devenu un texte de référence.
    Chekhov y précise son enseignement, développe certains aspects scéniques de l'interprétation, insiste sur l'importance primordiale de l'imagination de toute création artistique, démontre enfin son rôle-clé dans toute construction vraie d'un personnage. Il propose une trentaine d'exercices et des explications plus approfondies sur la psychologie du geste et l'équilibre nécessaire du tempo intérieur et extérieur.
    L'Imagination créatrice de l'acteur s'adresse non seulement aux comédiens, enseignants, metteurs en scène et réalisateurs, mais également à tous ceux qui aspirent à extérioriser le meilleur d'eux-mêmes professionnellement ou à titre privé.

  • être acteur

    Michaël Chekhov

    L'instrument du comédien est le plus difficile à apprivoiser car il s'agit de son propre corps et de sa sensibilité.
    Avant Michael Chekhov, il était aisé d'apprendre la diction mais cet élément du jeu dramatique n'avait jamais été accompagné d'un support concret. Être acteur a révolutionné la technique du comédien. Il est le seul ouvrage qui expose ce qu'il y a de plus important dans l'art dramatique : le moyen de maîtriser le Mécanisme de Création.
    Si l'on peut dire que Chekhov est le prolongement de Stanislavski, il a surtout considérablement actualisé et adapté son enseignement pour le rendre plus accessible. Le théâtre et le cinéma américains doivent à Michael Chekhov le plus clair de leur art.

  • Cette étude, nous fait découvrir Kerouac sous un autre angle, est également une très belle introduction à la voie du haïku.

  • Pour la plupart des gens de théâtre, Stanislavski est comme un saint, un héros, un sage ou un fou.
    Dans ce livre, Stanislavski résume l'essentiel de son expérience et de son enseignement : pour lui, il s'agit avant tout d'incarner sur scène un personnage au lieu de se contenter de le revivre, démarche qui suppose le contrôle et la critique de soi, grâce à l'usage équilibré d'une technique tant spirituelle que corporelle. Vie intérieure et vie extérieure doivent se soutenir mutuellement afin de libérer totalement l'acteur.
    Loin d'être asservi, il devient alors créateur, jouant à volonté de son instrument, et trouve celui de sa propre vie.

  • Ce livre fut une révolution.
    Reconsidération totale de l'acteur, il propose une méthode quotidienne de travail d'une efficacité reconnue mondialement.
    Créateur du Théâtre d'Art de Moscou, Constantin Stanislavski a été le premier dans le monde à offrir une leçon fondamentale de l'art dramatique et de celui du comédien. C'est à lui que l'on doit le nouveau « théâtre réaliste ».
    Rouché, Antoine, Copeau, Dullin, Jouvet - pour ne citer qu'eux - ont profité de son enseignement.
    Le théâtre et le cinéma américains se sont largement inspirés de ses principes. Son élève, Michael Chekhov, neveu du célèbre écrivain, a créé l'Actors Studio, de réputation mondiale.
    Stanislavski a laissé une trace ineffaçable dans l'art dramatique de tous les pays.

  • Drive

    Hettie Jones

    « La femme à la voiture verte ne / sait pas où elle va / donc elle y va à fond... » Dès les premiers poèmes le ton est donné : Drive est un hymne à la route, à l'évasion et à la liberté des femmes. Liberté de dire. De vivre. D'aimer. De traverser la vie comme les Beatniks traversaient les États-Unis, l'imagination en point de mire. Ce courage d'être soi, Hettie Jones en fait le mot d'ordre d'un féminisme joyeux, intrépide et assumé.
    Qu'elle dénonce le sort fait aux femmes en Afghanistan ou en Turquie, au nom du patriarcat et de la religion, qu'elle parle d'amitié ou d'amour, qu'elle évoque les règles des femmes, la ménopause ou l'influence de la lune, elle reste cette femme vive et indépendante que la route de la Beat Generation a conduit jusqu'à nous. À toute vitesse, cheveux au vent.

  • "C'est l'histoire qui compte. Ce n'est pas la peine de me dire que ce n'est pas une histoire, ou que ce n'est pas la même histoire. Je sais que tu as tenu toutes tes promesses, tu m'aimes, nous dormons jusqu'à midi et nous passons le reste de la journée à manger, la nourriture est superbe, je ne dis pas le contraire. Mais je me fais du souci pour l'avenir. Dans l'histoire un jour le bateau disparaît derrière l'horizon, il disparaît simplement, et on ne dit pas ce qui arrive ensuite.
    Je veux dire, sur l'île. Ce sont les animaux dont j'ai peur, ils ne faisaient pas partie du plan, ils pourraient à nouveau se transformer en hommes. Suis-je vraiment immortelle, le soleil s'en inquiète-t-il, lorsque tu partiras me rendras-tu les mots ? Ne te dérobe pas, ne me fais pas croire que tu ne partiras pas : dans l'histoire, tu pars, et l'histoire est sans pitié".

  • Dans la misère d'un bidonville haïtien, une toute jeune fille éprise d'une camarade de classe observe les adultes, leur violence, leurs faiblesses, leurs addictions... et tente de donner corps à ses rêves d'évasion. Le premier roman âpre et poétique d'un poète et dramaturge de vingt-six ans, notamment lauréat du Prix de la Vocation de la fondation Marcel Bleustein-Blanchet pour son recueil de poésie «Nul chemin dans la peau que saignante étreinte» (Cheyne Éditeur, 2017).

  • La voix pleine de sourires et pleine de larmes Sincère comme ce père noir qui repart en pleurs d'un parloir J'ai eu la chance quelque part d'avoir été sauvé par l'art oratoire Ce volume se compose des textes de l'album L'Hiver peul mais aussi de nombreux poèmes inédits de Souleymane Diamanka. L'auteur jongle avec les mots, les fait « métisser ». Sa poésie prêche l'oralité, apparie avec finesse ses cultures peule et européenne, parce qu'il est fier d'être « habitant de nulle part et originaire de partout », dépositaire d'un chant intemporel, d'un appel à l'Amour, à la Tolérance et à la connaissance de l'Autre.

  • Le désir en nous comme un défi au monde se veut un témoin de l'éclectisme de la création poétique actuelle. Ici, aucun courant poétique ni aucune doctrine littéraire ne font la loi.

    Adonis ; Olivier Barbarant ; Linda Maria Baros ; Joël Bastard ; Claude Beausoleil ; Tahar Ben Jelloun ; Zoé Besmond De Senneville ; Zéno Bianu ; Carole Bijou ; Alexandre Bonnet-Terrile ; Alain Borer ; Katia Bouchoueva ; Nicole Brossard ; Tom Buron ; Tristan Cabral ; Cali ; Rémi Checchetto ; William Cliff ; François De Cornière ; Cécile Coulon ; Charlélie Couture ; Laetitia Cuvelier ; Seyhmus Dagtekin ; Jacques Darras ; René Depestre ; Thomas Deslogis ; Ariane Dreyfus ; Michèle Finck ; Brigitte Fontaine ; Albane Gellé ; Guy Goffette ; Cécile Guivarch ; Cécile A. Holdban ; Philippe Jaffeux ; Maude Joiret ; Charles Juliet ; Vénus Khoury-Ghata ; Anise Koltz ; Petr Kral ; Abdellatif Laâbi ; Hélène Lanscotte ; Jean Le Boël ; Yvon Le Men ; Perrine Le Querrec ; Jérôme Leroy ; Sophie Loizeau ; Lisette Lombé ; Mathias Malzieu ; Guillaume Marie ; Sophie Martin ; Jean-Yves Masson ; Edouard J. Maunick ; Marie Modiano ; Marcel Moreau ; Emmanuel Moses ; Anne Mulpas ; Bernard Noël ; Carl Norac ; Serge Pey ; Paola Pigani ; Eric Poindron ; Joseph Ponthus ; Jean Portante ; Jean-Luc Raharimanana ; Suzanne Rault-Balet ; Florentine Rey ; Zachary Richard ; Jacques Roubaud ; Valérie Rouzeau ; James Sacré ; Florence Saint-Roch ; Eric Sarner Eugène Savitzkaya ; Jean-Pierre Siméon ; Jean-Luc Steinmetz ; Frédéric Jacques Temple Mila Tisserant ; Milène Tournier ; André Velter ; Laurence Vielle ; Yolande Villemaire ; Thomas Vinau ; Pierre Vinclair ; Sanda Voica.

  • Un silence s'ouvre

    Amy Clampitt

    • Nous
    • 9 Avril 2021

    Un silence s'ouvre (1994) est le dernier livre d'Amy Clampitt. Elle y explore la beauté et la variété du monde naturel, les questions de l'exil, du déplacement et de l'appartenance, les grands mythes fondateurs américains, et le souvenir d'une enfance et d'une adolescence dans le Midwest. Son écriture déploie une syntaxe baroque, un vocabulaire foisonnant et une versification libre où l'on entend parfois l'écho d'un mètre plus classique. Les poèmes d'Amy Clampitt tissent les fils de la langue, de la croyance religieuse, de la dégradation du monde naturel, de la violence, de la colonisation, jusqu'au noeud du genre et de la sexualité.

  • Il y a 15 ans, Akhenaton, le chanteur du groupe IAM, faisait sensation avec un morceau fleuve de 10 minutes :
    « La fin de leur monde ». Un titre engagé, pamphlétaire, fustigeant la dérive de notre monde. Le clip, réalisé à partir d'images d'archives et d'actualité par l'équipe du Zapping de Canal +, a été alors censuré par TF1 et M6 pour la violence de ses images. Considéré comme la pièce maîtresse du rappeur, le morceau se concluait sur une note d'espoir :
    « ça ne peut qu'aller mieux ».
    En 2021, force est de constater que la situation a empiré : les combats d'hier paraissent plus nécessaires que jamais. Akhenaton redouble de colère et de lucidité, citoyen en alerte qui ne se départit jamais de son humanité.

  • La contraction de la pierre dans la main refermée. La dilatation inverse de la pierre dans le poing tremblant de l'enfant sur le seuil de lui-même, l'abandon inverse de l'enfant. L'ouvert. L'abandon à l'ouvert de l'enfant qui ne voulait pas. Soudain plus grand que son corps l'enfant comme si l'étincelle de sa chair avait pris. L'enfant ne veut pas cela mais il l'accepte, de toutes ses forces il ferme le poing sur le caillou brûlant et il accepte.

  • Un poète entre dans la cage aux fauves et raconte les ménageries de cirque aujourd'hui disparues. Un reportage sans concession, sensible et prophétique.

    Armand Gatti, célèbre auteur de théâtre, a aussi été journaliste. En 1954, il écrit une série d'articles sur un métier qui nourrit de nombreux fantasmes : les dompteurs de fauves. Panthère, ours, lion font partie des animaux qu'il côtoie au cours de ce reportage aux allures de bestiaire. Il expérimente ainsi la peur et l'adrénaline que procure la proximité des fauves, récolte des histoires stupéfiantes et décrit la relation parfois tendre et souvent cruelle entre l'homme et la bête. Une enquête qui esquisse une réflexion sur la place de l'animal dans notre société.

  • Verlaine est un poète à part. Il n'est pas un parnassien, il n'est pas un symboliste, il n'est pas un décadent, il n'est pas un émule de Victor Hugo ni un émule d'Alfred de Musset, il n'est pas davantage un disciple de Gérard de Nerval ni un disciple de Charles Baudelaire, et il n'est pas non plus le double assagi d'Arthur Rimbaud.

    Non, il est lui-même, prodigieusement et totalement lui-même, et il est à lui seul tous ceux qui l'ont influencé et tous ceux qu'il a surpassés grâce à son génie poétique. La cadence de ses vers, leur métrique, leur musique, leur harmonie, leur incandescence n'ont aucun équivalent, quand bien même, sur certains points de détail, elles donneraient quelquefois l'impression d'avoir été empruntées ici ou là, de constituer d'habiles démarquages.

    Le cas est unique, exceptionnel, dans toute l'histoire de la littérature de langue française : avec des riens, avoir écrit des poèmes d'une luminosité éblouissante, d'une perfection inouïe. Et avec ces riens, ces « éclats de chair », être parvenu à transcender les âges, les écoles, les genres, les engouements et les modes.

    Voilà Verlaine. Voilà son vrai visage.

    Et le voilà à cent reprises dans les pages de cet album.

    Textes et images à l'appui.

    Jean-Baptiste Baronian ;

  • Même si les pièces de cette « trilogie familiale », semblent indépendantes les unes des autres, de par leur sujet et leurs faibles échos réciproques, on retrouve dans chacune les principaux personnages que sont Anne, la mère, Pierre, le père, et Nicolas, le fils. Les sujets, douloureux, n'empêchent pas l'humour de certaines répliques. Les scènes opèrent parfois des retours en arrière, comme pour changer le cours des événements, ou comme une consolation pour le personnage qui, probablement, ne fait que les imaginer. Le Père met en scène André, un homme de 80 ans , probablement atteint de la maladie d'Alzheimer. Désemparée, sa fille Anne se démène pour lui venir en aide, lui procurant des infirmières qu'il décourage aussitôt. La maladie progresse avec les oublis, les hallucinations, le délire de persécution, la confusion des lieux et des êtres, mais aussi avec l'étonnante logique d'André dans sa façon de rétorquer et de se défendre, son désir farouche d'indépendance, son refus d'être traité comme un enfant et ses éclairs de lucidité: « J'ai l'impression de perdre toutes mes feuilles, les uns après les autres. » Il ne comprend pas l'inquiétude de sa fille, lui qui n'a rien demandé. Elle l'installe dans l'appartement qu'elle partage avec Pierre, son mari, mais ce dernier s'insurge contre cette présence si perturbante. Anne devra se résoudre à faire admettre son père dans un établissement spécialisé. La Mère exprime le désarroi d'Anne, une femme confrontée à cette période délicate où les enfants s'éloignent, où Pierre, son mari, s'absente de plus en plus souvent, sous des prétextes professionnels. L'alcool et les somnifères accentuent son sentiment d'abandon, de trahison, mais aussi l'amour démesuré et envahissant qu'elle porte à son fils Nicolas. Ce dernier revient d'ailleurs chez elle, mais ce retour, et les propos qu'ils échangent alors, sont peut-être seulement rêvés par Anne. D'où des paroles en boucles, des débuts de scène qui se répètent, comme si l'on reprenait les choses chaque fois à leur début. Un voisin la trouvera inanimée. A l'hôpital, le père et le fils, ombres impuissantes, sont à son chevet. Il ne reste plusalors à Anne que le réconfort des images du passé. Le Fils aborde un autre sujet tragique: celui de l'adolescence parfois insurmontable pour celui qui s'y trouve confronté (en l'occurrence, il s'agit d'un Nicolas plus jeune que celui de la pièce précédente) mais aussi pour ses parents. Anne et Pierre ont divorcé (ce dernier étant en couple avec Sofia, dont il a eu un autre fils, Sacha, encore bébé). Nicolas vit avec sa mère, mais, délaissant l'école et ses amis, il se réfugie chez son père pour tenter d'échapper aux reproches d'Anne, reproches qui reviennent fatalement sous ce nouveau toit. Père et mère tentent tout, dialogue, patience, compréhension, colère parfois, mais leurs paroles glissent sur Nicolas qui se contente, du moins en apparence, d'associer son mal-être à la séparation de ses parents. Or le mal est beaucoup plus profond, et finira par l'emporter, au moment même où ses parents reprenaient espoir.

  • Très présente dans le Journal de Raymond Queneau où il y fait allusion à de nombreuses reprises comme à un travail de la plus haute importance, cette pièce inachevée de 1940 se présente comme une fable biblique dramatisée. Sont en scène quatre anges déchus et trois archanges au moment de la création de l'homme... En rival du créateur une trinité angélique et maudite (Lucifer, le Diable et Satan) figure unique composée de trois personnages se voit assistée de l'énigmatique Monsieur Phosphore, en retrait, porteur de lumière, voué à l'humanité et à la réflexion. Raymond Queneau vient de rompre avec Breton et le surréalisme et cette image de la Création enrobée de mythologie annonce autant l'académie Goncourt que le collège de 'Pataphysique...

  • De la be^te et de la nuit marque a` nouveau le lien profond que Seyhmus Dagtekin entretient entre sa langue maternelle, le kurde, et sa langue d'adoption, le franc¸ais. L'auteur renoue ainsi avec le Kurdistan a` travers la langue franc¸aise et les sonorite´s du kurde. Il impose une musique unique qui de´fie le temps et l'espace pour de´fier les agresseurs et les commandeurs e´ternels. Ces poe`mes marquent une e´tape capitale dans sa que^te d'identite´ qui de´passe les frontie`res.

    Pour Seyhmus Dagtekin, e´crire, c'est tenter d'e^tre juste envers soi-me^me et envers l'autre qu'il soit humain, animal, ve´ge´tal, mine´ral. De la be^te et de la nuit est issu de cette attention, de ce regard qui voudrait serrer, cerner l'autre au plus pre`s de son e^tre et de sa nuit.

    De la be^te et de la nuit est le fruit d'un cheminement dans les me´andres de l'e^tre, des be^tes et de la parole.

  • Dans Plus grand que les faits il est question de cigarettes, d'incendies, d'une rencontre entre un homme et une femme, de la passion qui s'ensuit, de chiens, d'un hôtel, d'une guerre, d'un canari. Au fur et à mesure que l'on avance dans la lecture, peu à peu, les motifs se précisent et dessinent une narration ad minima. Un peu comme dans un film dont le montage serait entièrement du ressort du lecteur (le cinéma de Tarkovski, de Haneke ou de Bunuel, sont des références importantes pour l'auteur). En ce sens Plus grand que les faits tient à la fois du recueil et du long poem - ce qui est particulièrement rare dans le champ de la poésie hollandaise.
    Atypique, aussi étrange que par endroits familier, ce recueil de Jan Baeke est considéré comme une véritable pierre d'angle de la poésie hollandaise d'aujourd'hui. Il fut ainsi dès sa sortie en 2008 sur la liste de nombreux prix, dont le très important VSB Poëzieprijs.

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