OUXPO  

Un ouvroir d'x potentiel (Ouxpo) est un regroupement de groupes de recherche sur les créations possibles basées sur la contrainte volontaire.

Le terme « ouvroir », recouvrant anciennement des oeuvres de charité, a été réutilisé pour le rapprochement entre « ouvroir » et « oeuvre ». Le terme « potentiel » est utilisé dans le sens de ce qui est possible, réalisable si l'on suit certaines règles. Tous ces ouvroirs se donnent pour objet d'investigation le travail sous contrainte.

Les ouvroirs ont pour la plupart été créés au sein du Collège de Pataphysique. Dans son giron, s'est créé en 1960 l'Oulipo. Selon les voeux de François Le Lionnais et Raymond Queneau, à partir du creuset oulipien, d'autres Ouvroirs d'X potentiel se sont formés pour l'ensemble des arts.

Chaque ouvroir se consacre à un domaine « X ». Il analyse les contraintes préexistantes, et recherche de nouvelles formes de créations potentielles de ce domaine.

L'Ouxpo regroupe l'Oulipo (littérature), l'Oubapo (Bandes dessinées), l'Oumupo (Musique), l'Outrapo (Théâtre), l'Oudropo (Droit), l'Oulipopo (Littérature policière), l'Ouphopo (Photographie), l'Oucuipo (Cuisine), l'Oucarpo (Cartographie), etc.

  • les choses

    Georges Perec

    • 10/18
    • 24 Janvier 2005

    La vie quotidienne d'un jeune couple des années soixante issu des classes moyennes, l'idée que ces jeunes gens se font du bonheur, les raisons pour lesquelles ce bonheur leur reste inaccessible - car il est lié aux choses que l'on acquiert, il est asservissement aux choses.

    " il y a, dira georges perec, entre les choses du monde moderne et le bonheur, un rapport obligé. une certaine richesse de notre civilisation rend un type de bonheur possible : on peut parler, en ce sens, comme d'un bonheur, d'orly, des moquettes profondes, d'une figure actuelle du bonheur qui fait, je crois, que pour être heureux, il faut être absolument moderne. ceux qui se sont imaginé que je condamnais la société de consommation n'ont vraiment rien compris à mon livre.
    Mais ce bonheur demeure un possible ; car, dans notre société capitaliste, c'est : choses promises ne sont pas choses dues ".

  • S'adressant à la fois aux amateurs et aux chercheurs, ce Cahier comporte des inédits de l'auteur et des textes rares, des études approfondies par des spécialistes, des articles critiques, des entretiens, des témoignages et de la correspondance. Il offre l'occasion de revenir sur les aspects marquants d'une oeuvre littéraire caractérisée par une remarquable diversité, dont il arpente les différents territoires : le ludique et le romanesque, l'interrogation du quotidien, l'exploration autobiographique - l'idée générale étant de donner une vue d'ensemble de l'oeuvre perecquienne sans répéter le discours critique qui lui est déjà consacré.

    Richement illustré d'un cahier iconographique et de nombreux fac-similés in texto, ce Cahier contient un grand nombre de documents, pour la plupart inédits. Il permettra de découvrir de nombreux textes de Georges Perec, dont certains éclairent la formation de l'écrivain : textes de jeunesse, mais aussi premiers écrits critiques qui ont forgé sa plume et sa conception de la littérature, et ne sont pas connus du grand public (recensions pour la Nouvelle NRF, pour la revue Partisans, etc.). Il contient des petits textes ludiques très drôles, qui préfigurent l'engagement oulipien de Perec, mais aussi des esquisses de projets témoignant de la prégnance chez lui de l'interrogation autobiographique (« L'Âge », « Lieux où j'ai dormi », etc.). Les contributions des critiques, écrivains et universitaires reviennent quant à elles sur ces thématiques centrales de l'oeuvre de Perec, mais aussi sur des aspects moins connus, tel le rapport de l'écrivain à la radio ou à l'art contemporain, la place chez lui de l'écriture poétique (qu'elle soit ou non contrainte, comme en témoigne la publication de poèmes rares ou inédits), ou sa proximité avec les recherches actuelles en sciences sociales. On y trouve également des comptes rendus critiques importants, parus au moment de la sortie de certaines de ses oeuvres (W ou le souvenir d'enfance, Espèces d'espaces,...) dans des revues comme Esprit, Les Temps modernes et La Quinzaine littéraire, et jamais réédités depuis. Dans son ensemble, ce Cahier contribue à penser la place décisive prise par Perec dans l'histoire littéraire du XXe siècle.

  • Quand débute cette correspondance, en 1956, Georges Perec va avoir vingt ans. Lui et Jacques Lederer, tous deux étudiants, sont inséparables ; ils fréquentent fort peu la Sorbonne mais passent un temps considérable à hanter cinémas et boîtes de jazz, à lire, écrire et chercher l'âme soeur. Leur service militaire, en pleine guerre d'Algérie, met un frein à leurs activités nocturnes et diurnes ; l'éloignement qui en découle donne véritablement naissance à cette correspondance.
    Débordant de jeux de mots, de citations plus souvent ironiques que déférentes et d'inventions langagières invraisemblables, ces 250 lettres font cohabiter André Gide, Apollinaire, Lester Young, Ingmar Bergman et Tex Avery. D'une vitalité irrésistible, elles sont un témoignage unique de la jeunesse d'un des écrivains les plus marquants et les plus singuliers du XXe siècle français.

  • philosophes et voyous

    Raymond Queneau

    • Sillage
    • 25 Novembre 2013

    Raymond Queneau, Philosophes et voyous Une bonne partie de la drôle de guerre, je l'ai passée dans un dépôt avec des rebuts de l'armée française : infirmes, invalides, incapables, communistes, anarchistes, oubliés, cinglés, égarés. On y buvait beaucoup, du vin rouge principalement. (...) Que je fusse un intellectuel, cela stupéfiait mes camarades. L'un d'eux me demande un jour ce que je faisais dans la vie ; embarrassé, je lui réponds : professeur (c'était pas vrai). De quoi ? De philosophie (pas vrai, non plus, mais enfin : j'ai un diplôme). Ah ! ah ! Le camarade me toise avec sympathie et, se souvenant des bons kils de gros rouge que nous avions vidés ensemble, conclut : « C'est vrai, je l'avais toujours pensé que tu étais philosophe. »

  • what a man!

    ,

    What a Man ! est un monovocalisme en « a » : la seule voyelle autorisée est le « a ». Ainsi Georges Perec signa sous le nom de Gargas Parac. Le récit se compose en trois parties : un prologue, un flash-back et un épilogue des aventures d'Armand d'Artagnan, « crack pas bancal, as à la San A », qui, après avoir mis à l'ombre le hors-la-loi Andras Mac Adampour l'assassinat d'un certain Max van Zapatta ac-cumule les exploits jusqu'à ce qu'un « banal anthrax nasal » le fasse passer de vie à trépas.

    Il s'agit bien sûr, d'un jeu à jouer avec l'auteur et à travers du quel le lecteur teste son vocabulaire et surtout son sens de l'humour. Le texte s'accompagne d'un vaste appareil critique mis au point par Marcel Bénabou, facilitant la compréhension du lexique merveilleusement érudit de ce « verbicruciste endiablé » qu'était Georges Perec.

  • 53 jours

    Georges Perec

    53 jours est le roman auquel Georges Perec travaillait au moment de sa mort, survenue le 3 mars 1982. Le livre est publié ici intégralement, dans une édition établie par Harry Mathews et Jacques Roubaud. Il comprend, d'une part, ce que Georges Perec avait déjà rédigé et qui recouvre onze des vingt-huit chapitres prévus ; d'autre part, un abondant dossier de notes et de brouilIons laissés par l'auteur, permettant le déchiffrement du reste du livre. Il a par ailleurs été prélevé dans les notes concernant les dix-sept derniers chapitres, celles qui étaient susceptibles de permettre aux lecteurs passionnés par la narration de reconstituer sans difficulté l'ensemble de l'histoire.

  • Georges Perec s'impose aujourd'hui de plus en plus comme un « contemporain capital », pour reprendre le mot de Malraux à propos de Gide. « Contemporain capital posthume », dans la mesure où la fortune de son oeuvre n'a cessé de croître depuis sa mort prématurée, en 1982. La Disparition est l'une de ses oeuvres les plus emblématiques. Elle marque une prouesse linguistique. Entièrement écrite sans la lettre « e », ce roman policier impressionne non seulement par la difficulté de sa contrainte mais aussi par ses recherches lexicales. La contrainte donne prétexte à la résurgence d'un vocabulaire original voire inconnu.
    13e volume des Cahiers Perec : revue de critique littéraire qui effectue des recherches sur l'oeuvre de Perec, ses filiations et ses prolongements. Elle est dirigée par l'association des Amis de Georges Perec dont Jean-Luc Joly est président.

    Avec : Maxime Decout - Yu Maeyama - Hermes Salceda- Maxime Decout - Shuichiro Shiotsuka - Jean-Luc Joly - Alison James - Marc Parayre - Gaspard Turin - Matthieu Rémy - Raoul Delemazure - Marc Parayre - Yû Maeyama - Maxime Decout - Yû Maeyama - Maxime Decout - Marcel Benabou.

  • Sous forme d'un guide pratique permettant au petit employé désireux d'obtenir une augmentation de sortir du labyrinthe inextracable des bureaux et des bonnes manières, L'art et la manière d'aborder son chef de service pour lui demander une augmentation, est un trésor d'écriture, d'une logique si implacable que nul sens ne peut émerger, laissant toute la place à la drôlerie et à la critique des procédures infinies de nos entreprises et de notre cerveau.

  • L'Honneur de Pédonzigue n'est pas un roman. C'est, aux dires de son auteur, une »épopée» dont la prosodie est singulière : chacune des phrases se décompose en groupe de six syllabes, sonne comme un alexandrin avec rimes internes. Pourtant, il s'agit bien d'un roman de la médiocrité, d'une fresque de la bêtise et de la vanité. La bourgade qu'il nomme Pédonzigue est un condensé de la France franchouillarde, celle des petits boutiqiuers, des intelligences stériles, des petits appétits. Rabiniaux ne recule pas devant l'outrance, il s'en repaît. Pédonzigue est une toile de Bosch repeinte par Dubout.

  • Raymond Queneau (1903-1976) est l'auteur d'une oeuvre qui relève de la modernité au sens le plus plein du terme - non celle de la mode, mais celle d'un rapport moderne au monde et au langage.
    Une oeuvre reliée à toutes les connaissances et disciplines qu'un homme du XXe siècle a pu dominer, dans la méditation et la solitude. Romancier, poète, essayiste, Queneau était d'une curiosité immense. Aucun des domaines du savoir et de l'expérience humaine ne lui était indifférent. " Quelle satisfaction peut-on bien éprouver à ne pas comprendre quelque chose ? " disait-il. Avec malice, avec profondeur, avec un amour jamais démenti pour la " chair chaude des mots ", pour la construction concertée des poèmes et des romans, Raymond Queneau a élaboré une oeuvre qui est le pendant de l'entreprise rabelaisienne à l'orée de temps nouveaux.
    Dans la multiplicité des lectures possibles, elle préserve sa part de mystère tout en s'offrant à nous comme une vivante " encyclopédie d'inquiétude ".

  • En permettant de découvrir plus largement un Georges Perec commentateur de son oeuvre ainsi que son discours sur la littérature et l'art dans leurs manifestations les plus diverses, les documents ici réunis témoignent de l'émergence et de l'affirmation progressive de l'esthétique de lécrivain, tout en la situant par rapport à l'actualité littéraire, culturelle et sociopolitique de l'époque.

  • Queneau le magicien, sa vie son oeuvre. On découvre un personnage étonnant, épris de philosophie, fasciné par la mystique et les chiffres, dont l'humour et la légèreté sont comme l'écho humanisé d'une gravité essentielle. Du surréalisme à l'Oulipo, en passant par la direction de la bibliothèque de la Pléiade, le parcours d'un homme du sérail qui a su rester un inclassable.
    Une excellente introduction à Queneau, qui marie informations biographiques et clés de compréhension des oeuvres.

    AUTEUR :
    Anne Marie Jaton enseigne la littérature française à la faculté des Lettres de l'Université de Pise. Elle a participé à l'établissement de l'édition des oeuvres de Queneau dans la Bibliothèque de la Pléiade.
    On lui doit entre autres un Nicolas Bouvier et un Charles-Albert Cingria.

    SOMMAIRE :
    Introduction : entre le liseron et l'écriveron ILes clés du royaume II De la province à Paris III L'âge d'homme et l'entrée en surréalisme IV Le Chiendent, ou du monde considéré comme mauvaise herbe V À la recherche du roman perdu VI Entre double entente et double nature de l'homme : les Oeuvres complètes de Sally Mara VII Le Dimanche de la vie, l'épopée de Valentin Brû, hégélien sans le savoir VIIIZazie dans le métro, ou " mon tonton est-il une tante " ?
    IX Des Fleurs bleues sur fond d'Histoire X Du romancier à l'oulipoète-oulipotier Conclusion : le " touchatouiste " Chronologie Bibliographie

  • 'Ce qui, en fin de compte, caractérise une bonne définition de mots croisés, c'est que la solution en est évidente, aussi évidente que le problème a semblé insoluble tant qu'on ne l'a pas résolu. Une fois la solution trouvée, on se rend compte qu'elle était très précisément énoncée dans le texte même de la définition, mais que l'on ne savait pas la voir, tout le problème étant de voir autrement...' Avec ce volume, c'est la totalité des mots croisés de Georges Perec que nous publions (plus de 300 grilles). Il reprend celui des éditions Mazarine, ainsi que celui que nous avions autrefois nous-mêmes édité, il y ajoute toutes les grilles publiées ici et là. Il comporte la célèbre préface de l'auteur sur l'art de croiser les mots et, évidemment, en fin de volume, des solutions.

  • L'Almanach illustré du Père Ubu est l'une des tentatives les plus curieuses d'Alfred Jarry.
    Il utilise son personnage fétiche pour traverser d'un regard inattendu le monde contemporain, et même pour le réinventer. Composé comme un véritable almanach (genre fort répandu en 1900), le volume s'ouvre par un calendrier de l'année à venir entièrement réinventé par Jarry: chaque fête, chaque nom de saint a été transformé ou détourné par la fantaisie du Père Ubu. Le lecteur entre ainsi dans un temps entièrement dominé par l'imagination de Jarry.
    Le monde entier passe à la moulinette du Père Ubu! Ce fac similé de l'édition originale de 1901 est abondamment illustré de vignettes et dessins couleur de Pierre Bonnard, ami très proche de Jarry. Ces illustrations sont intégrées au texte grâce à une typographie et une mise en page d'une grande inventivité.

  • Dans La Chandelle verte, Jarry a regroupé les chroniques données à plusieurs revues entre 1901 et 1904.
    Il s'agit toujours pour lui de spéculer sur le sens possible des événements, de battre en brèche les évidences, de révéler le dessous des choses. L'expression de " Chandelle verte " fait partie du vocabulaire propre au Père Ubu ; et c'est à sa lumière que Jarry éclaire le lecteur sur " les choses de ce temps ". Cette lumière est celle de la Pataphysique, que Jarry a définie comme " la science des exceptions " ou " la science des solutions imaginaires ".
    Tout lui est bon pour pratiquer sa méthode : la mort de la reine Victoria, la publication de nouveaux timbres, un accident, un livre incongru, une affaire de moeurs ou un scandale financier. À chaque fois, par un retournement inattendu, Jarry surprend son lecteur. C'est une invention perpétuelle, une invitation à regarder le monde sous un angle toujours neuf une permanente leçon d'humour, de poésie et de provocation.

  • Tout le monde connaît la bobine de la petite Catherine Demongeot, la Zazie de Raymond Queneau par Louis Malle, et celle aussi de Philippe Noiret en tonton Gabriel. Et pour beaucoup encore, ils sont le cinéma de Queneau ou Queneau au cinéma. Ce film impertinent comme ses auteurs, cache, pour le créateur de ces personnages une relation passionnée au cinéma. Passion entretenue comme cinéphile et comme professionnel tout au long de sa vie, depuis ses premières listes de films vus, alors qu'il n'a que treize ans. Afin d'oublier les guerres familiale ou mondiale, son père l'entraîne alors dans les salles du Havre, la Ville Natale, « voir se multiplier les tours de manivelle ». Après, ce sera Paris, le Surréalisme, les salles de quartiers et des grands boulevards, le grand cinéma muet, puis les premières tentatives scénaristiques, les premiers textes à la gloire d'un art neuf et aux Bathing Beauties qui le peuplent. Et ensuite, la mise en vers et en prose du « cintième art », la critique, les adaptations, l'écriture de scénarios, les commentaires de films, les dialogues, les jurys, les festivals, maudits ou pas, les rencontres avec les personnalités les plus diverses, de Pierre Kast à Orson Welles.

  • l'amour absolu

    Alfred Jarry

    L'amour absolu fait l'objet d'une publication presque secrète en 1899.
    Jarry en donne lui-même les limites et en définit l'esprit : "J'ai eu la fantaisie de faire tirer un de mes livres en très petit nombre et en fac-similé autographe. C'est un in-quarto couronne, de cent quatre pages, couverture non imprimée, tirage limité à cinquante exemplaires hors-commerce. C'était une fantaisie pour pouvoir donner le manuscrit autographe à quelques amis." C'est aujourd'hui accompagné de dessins de Julio Silva que nous reproduisons ce rarissime fac-similé.

  • Fidèle à son goût pour l'exhaustivité, Perec nous offre dans ces Nouveaux jeux intéressants un éventail à peu près complet de jeux de lettres et de logique. Où l'on constate que de la récréation à la création, des Nouveaux jeux intéressants à la Vie mode d'emploi, il n'y a qu'un pas. Et où l'on découvre, au détour d'une énigme, l'écho inattendu d'un texte, d'une phrase ou d'un simple geste d'écriture : comme un signe de reconnaissance, de connivence amusée, un clin d'oeil amical à ses amateurs éclairés.

  • « "J'aime Paris", "J'aime jouer" : avec ses deux amours cardinaux, Georges Perec a composé une visite ludique de la capitale, en autant d'étapes que d'arrondissements. Comme dans un jeu de piste, il y a des énigmes à résoudre, des questionnaires de culture générale, des exercices pédestres légèrement tordus (par exemple : comment aller de Faidherbe-Chaligny au cours de Vincennes en empruntant six rues dont les noms commencent tous par la même lettre ?), qui nous plongent dans un Paris labyrinthe. Chaque arrondissement se décline de surcroît dans une grille de mots croisés (très coton !). » Télérama.
    En vingt et une étapes (« Métropolitain » compris), cette visite guidée de la capitale à travers le temps (de l'assassinat d'Henri IV à l'Exposition universelle de 1900) et l'espace (du parcours monothématique à la déambulation alphabétique) s'enrichit de citations rares, listes piégées ou records insolites.
    Avec ces Perec/rinations, jeux et mots croisés initialement publiés chaque mois dans Télérama, au cours des années 1980 et 1981, Georges Perec nous offre, sous les apparences d'un jeu de piste ou d'un Paris mode d'emploi, un reflet miniature, jubilatoire et fidèle de son travail d'écrivain.

  • Aux amateurs curieux d'explorer plus avant d'autres aspects de la personnalité de Raymond Queneau, et de son oeuvre, nous présentons avec ce court texte inédit et inachevé une facette peu connue (oubliée ?) et pourtant récurrente et non négligeable de sa production littéraire, ancrée dans un " art de l'illusion " dérivé, semble-t-il, de la pratique du surréalisme et de Fantômas.

  • L'Amour en visites est un des livres les moins connus, mais les plus surprenants de Jarry. Publié en 1898, deux ans après Ubu roi, chez un éditeur spécialisé dans la littérature érotique, il s'agit d'une série de douze épisodes sur le thème de la rencontre amoureuse. Cette série de petites saynètes, présente dans un registre de vaudeville burlesque, les tentatives amoureuses du jeune Lucien, d'abord lycéen puis militaire, auprès de femmes plus ou moins disposées à lui céder : la bonne de ses parents, une petite cousine perverse ou une femme de lettres ; et ces savoureux personnages féminins, tantôt lubriques et tantôt évanescents, semblent sortis des pièces de Feydeau ou d'un album de Toulouse-Lautrec. L'année 2007 fêtera le centenaire de la mort de Jarry.

  • La biographie richement documentée et illustrée de l'auteur d'Ubu Roi et du fondateur de la 'Pataphysique, par Alastair Brotchie.

    Alfred Jarry (1873-1907) fut un météore ou un monstre dans la littérature au tournant du XIXe et du XXe siècle. Il reste comme une pierre angulaire, pour avoir énoncé les principes fondateurs du théâtre moderne à propos d'Ubu roi (1896), pour avoir brisé la vieille littérature et mis en oeuvre l'Esprit nouveau, selon Apollinaire, pour avoir marqué les dadaïstes, les surréalistes, les tenants de l'humour noir et, plus scientifiquement, les pataphysiciens qui fondèrent les études jarryques.
    La radicalité de ses oeuvres - ses pièces de théâtre, ses romans, sa poésie, ses « spéculations » - est liée à celle de sa vie, qu'il voulut tout entière littérature. Le livre d'Alastair Brotchie fouille cette vie non seulement dans ses détails - avec nombre de documents nouveaux, de la correspondance inédite, des photographies jusqu'ici inconnues - mais dans sa signification : les chapitres narratifs, consacrés aux événements, alternent avec des chapitres réflexifs qui mettent en évidence le rôle des maîtres - tant le Père Hébert, prototype d'Ubu, que Bergson, dont Jarry fut l'élève -, élucident la notion de pataphysique, analysent l'homosexualité apparente de l'homme ou décrivent son fonctionnement de « machine écrivante ».
    Même la légende de Jarry, son culte de la bicyclette, de l'escrime, de la pêche à la ligne, sa propension à jouer du revolver, sa vie dans des galetas magnifiés par la « littérature » : le Calvaire du Trucidé, la Grande Chasublerie, le Tripode, sont intégrés dans cette « vie » irréductible à une simple succession d'événements : une vie pataphysique.

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