SÉLECTION LGBT

  • Imaginez un choeur polyphonique réunissant douze femmes dont un homme trans, âgées de 19 à 93 ans, presque toutes noires, chantant leur(s) expérience(s) britannique(s) dans une scénographie multipliant décors et points de vue de Newcastle à Cornwall en passant par Londres et dans une chronologie s'étendant du XXe siècle aux trébuchements d'un XXIe siècle remodelé par les mouve-ments #metoo et #Blacklivesmatter. Cela donne Fille, Femme, autre, un roman-fusion époustouflant où, comme le soutien-gorge en son temps, la ponctuation a été allègrement jetée par la fenêtre. Son auteure, Bernardine Evaristo, a raflé comme une tornade dans son passage tous les honneurs dont le Man Booker Prize 2019 devenant ainsi la première femme noire à recevoir le prestigieux prix. C'est l'histoire entremêlée d'Amma, Yazz, Dominique, Carole, Bummi , LaTisha, Shirley, Winsome, Penelope, Megan/Morgan, Hattie et Grace et d'autres encore. Chacune d'elles cherche un avenir, une maison, l'amour, une mère absente, un père perdu, une identité, un genre - il, elle, iel - une existence, et au passage, le bonheur. Toutes ont traversé l'espace et le temps - pour atterrir au coeur de l'Angleterre, carrefour historique des migrations et échouer aux confins éternellement figés des castes britanniques. Femmes invisibles dans la société anglaise, elles prennent corps et âmes sous la plume libre et libératrice d'une auteure, poète, dramaturge qui, avec ce huitième roman, signe une oeuvre d'une grande vitalité.

  • À travers le récit d'un amour interdit, François Roux, auteur du Bonheur national brut, livre une fresque poignante. De 1944 à nos jours, deux êtres affrontent l'opprobre familiale, les ravages du conformisme social, le passage douloureux de la clandestinité à la légalité... La vie rêvée des hommes ou la chronique historique et intime de la condition homosexuelle.

  • appelez-moi Nathan

    Catherine Castro

    • Payot
    • 21 Août 2021

    Nathan est né Lila, dans un corps de fille. Un corps qui ne lui a jamais convenu, il décide alors de corriger cette « erreur génétique » avec le soutien indéfectible de sa famille, ses amis, ses profs et, à seize ans, des injections de testostérone de 0,8 mg par jour. Quitte à devenir quelqu'un, autant que ce soit vous-même.

  • À l'heure où les questions de genre et d'identité sont de plus en plus présentes dans l'espace public, voici un guide qui déconstruit tous les préjugés, les abus de langage, les non-sens liés aux transidentités, afin de mieux les comprendre et de donner les armes pour s'en émanciper . Car si être trans est une histoire de rapport de soi à soi, de prise de conscience individuelle, c'est aussi un rapport à des normes et constructions sociales, culturelles et historiques.
    Véritable prolongement du compte Instagram sur lequel Lexie s'emploie avec patience et grande rigueur à éduquer sur les questions de genre, ce livre est une vraie boussole et un outil d'empowerment pour les personnes trans qui sont souvent isolées, moquées, stigmatisées et font l'objet de violences extrêmes ; mais aussi pour les non trans, concernés ou non, car au-delà des transidentités, c'est sa propre place dans la société et le traitement des différences qu'il s'agit de questionner.

  • le mari de mon frère t.1

    Gengoroh Tagame

    • Akata
    • 8 Septembre 2016

    Yaichi élève seul sa fille. Mais un jour, son quotidien va être perturbé. Perturbé par l'arrivée de Mike Flanagan dans sa vie. Ce Canadien n'est autre que le mari de son frère jumeau. Suite au décès de ce dernier, Mike est venu au Japon, pour réaliser un voyage identitaire dans la patrie de l'homme qu'il aimait. Yaichi n'a alors pas d'autre choix que d'accueillir chez lui ce beau-frère homosexuel, vis-à-vis de qui il ne sait pas comment il doit se comporter. Mais ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ? Peut-être que Kana, avec son regard de petite fille, saura lui donner les bonnes réponses.

  • Pour échapper à la condamnation qui le menace après avoir été jugé déserteur lors de la Grande Guerre, Paul Grappe, marié à Louise Landy, se travestit en femme et devient Suzanne Landgard. Pendant dix ans, il pousse la dissimulation et le changement d'identité au-delà des genres, prenant plaisir à la bisexualité, à l'échangisme ou au proxénétisme occasionnel. Et Louise qui suit. Fidèle. Jusqu'à commettre l'irréparable... Nouvelle édition augmentée d'un cahier de 32 pages reprenant entre autres des extraits du journal intime de Paul Grappe illustrés par Chloé Cruchaudet.

  • L'histoire d'amour entre Hiromi, une jeune mère célibataire, et Chiyoko, une lycéenne, débute au moment où cette dernière s'apprête à se jeter sous un train. Avec Sosûke, le fils de Hiromi, les deux femmes fondent une nouvelle famille et ouvrent une maison d'hôtes d'un genre unique, baptisée l'Auberge de l'arc-en-ciel.

  • Personne gay, lesbienne, cisgenre, trans, non binaire, gender fluide. Le genre traditionnel est bousculé, chahuté, questionné, son évidence est remise en cause. Aujourd´hui comme jamais, le féminisme, les manifestations homosexuelles, les revendications trans ou les performances drag questionnent le genre - pour le déprivilégier, le dégénitaliser, le débinariser ou l´exarcerber. Ce questionnement, ces « déprises » ne sont-elles pas indispensables - conformes à l´intérêt général, même - alors que nos démocraties cherchent à lutter contre les exclusions et les violences liées au genre ?

  • Et si la remise en question des genres n'était pas la catastrophe annoncée par certains ? Et si elle ouvrait un nouvel espace d'épanouissement possible ?
    Egalité des sexes, refus de la puissance patriarcale, fluidité des rôles, décloisonnement des sexualités font aujourd'hui surgir des trajectoires singulières et inédites. Entre le masculin et le féminin, ces deux piliers jusqu'ici considérés comme inébranlables, l'idée même de la dualité et de l'opposition semble s'effacer. Homme ou femme, hétéro ou homo, cisgenre ou transgenre, la construction de l'identité devient une invention de soi, une création personnelle qui se joue des normes et des prescriptions.
    Dans Transitions, comme dans le cabinet de Serge Hefez, on rencontre des mamans autoritaires, des papas poules, des couples qui réinventent leur complémentarité conjugale, des adolescents heureux dans une identité sexuelle flottante, ou en quête de leur identité de genre.
    Nourri de l'écoute de ses patients, il analyse en profondeur cet ébranlement anthropologique et montre que la dichotomie masculin/féminin ne suffit plus à organiser nos pensées, nos trajectoires, nos identités.

  • tant qu'il le faudra t.1

    Cordélia

    • Akata
    • 7 Janvier 2021

    Tant qu'il le faudra, c'est le phénomène de Wattpad (220 000 lectures) signé par Cordélia, l'autrice, youtubeuse, militante. Avec sa chaîne aux 18000 abonnés, elle s'est imposée comme une référence de la diversité lgbt+ en littérature. Plongez dans sa saga en 3 tomes, mettant en scène le quotidien des membres d'une association militante... Entre romance, engagement et dramaqueer. Prudence est une jeune lesbienne dans le placard qui découvre la vie parisienne...
    David est un étudiant gay dont la vie tourne presque exclusivement autour de son engagement associatif et de son meilleur ami... Jade, militante féministe et anti- validisme, essaie de faire entendre sa voix sur les réseaux sociaux... Ina, déjà dans la vie active, doit jongler entre son travail, ses deux associations et ses activités d'autrice Wattpad... Ensemble et aux côtés de leurs amis, ils essaient, tant bien que mal, de s'entendre, pour publier HoMag, une revue LGBT+.
    Mais entre amour, études, travail et autres réalités du quotidien, la vie n'est pas toujours simple, pour celles et ceux qui ne rentrent pas dans le moule d'une société trop formatée. Suivez leurs vies, leurs errances, leurs luttes, durant toute une année scolaire, à travers un récit choral aussi ambitieux que stimulant.

  • Moi, c'est Simon. Simon Spier. Je vis dans une petite ville en banlieue d'Atlanta. J'ai deux soeurs, un chien, et les trois meilleurs amis du monde. Je suis fan d'Harry Potter, j'ai une passion profonde pour les Oréo, je fais du théâtre. Et je suis raide dingue de Blue. Blue est un garçon que j'ai rencontré sur le Tumblr du lycée. Je le croise peut-être tous les jours, mais je ne sais pas qui c'est. On se dit tout, sauf notre nom. À part Blue, personne ne sait que je suis gay.

  • Dans ce livre, il ne s'agit pas de simplement se demander pourquoi les gays sont passés à droite.
    D'entrée de jeu, l'auteur récuse cette interrogation, parce qu'elle confond le symptôme et le mal réel. Si les idées islamophobes et racistes ont pu pénétrer la dite « communauté homosexuelle », c'est en raison d'un problème bien plus structurel : la normalisation, autant voulue par les intéressés que menée par l'État, d'une partie des personnes gays et lesbiennes.
    Cette lame de fond a rencontré son apogée lors de la consécration du « mariage pour tous », présenté comme une victoire d'une revendication, portée de longue date.
    Naze rappelle que, dès l'obtention du Pacs, les mouvements gays et lesbiens avaient fait un pas en arrière par rapport à l'exigence d'un Contrat d'union civile aux prérogatives bien plus larges que le seul couple en situation conjugale.
    Ce qui est en jeu dans la lutte homosexuelle, et ce depuis les années 1970, c'est précisément la possibilité d'autres modes de vie, d'autres pratiques amoureuses, affectives, amicales, que celles proposées par le modèle hétérosexuel et bourgeois.
    Or, en se focalisant sur la revendication du mariage, les mouvements gays et lesbiens ont en partie renoncé à un tel potentiel subversif, pour obtenir la tolérance, voire l'indifférence, de la société hétérosexuelle dominante.
    En dressant ce constat sans appel, Naze nous invite simultanément à réimaginer d'autres possibles, à retrouver l'élan utopique de Guy Hocquenghem, du Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR).
    Pour ce faire, il faut cesser de considérer les « gays » comme une communauté existant à part entière ; toute communauté n'existe qu'à travers sa lutte ; il n'y a pas d'identité collective qui ne soit politique et articulée à des pratiques militantes.
    En ce sens, ce n'est pas la « communauté gay » qui est passée à droite ; il y a une certaine idée de la « communauté » qui s'est imposée, au gré des défaites face au néolibéralisme et en réponse à la tragédie du Sida.
    Lutter contre l'homonationalisme, contre le vote FN chez les gays, c'est lutter contre la normalisation des identités sexuelles minoritaires, pour enfin réinvestir une attitude combative, un élan révolutionnaire.

  • Will Grayson se méfie des sentiments et aime la discrétion. Son meilleur ami, Tiny Cooper, est à la fois une bénédiction et une vraie plaie : ami fidèle et rayonnant, il est aussi ouvertement gay que corpulent et n'a pas l'habitude de passer inaperçu. À l'autre bout de la ville, un adolescent en pleine déprime assume mal sa différence. Le hasard veut qu'il se nomme lui aussi Will Grayson...

  • « Capital », « Désir(s) », « Nudité », « Race », « Tribunal », « Voix »... Les soixante-quatorze textes thématiques de cette encyclopédie explorent les reconfigurations en cours des études de genre.
    Trois axes transversaux organisent cette enquête collective : le corps, la sexualité, les rapports sociaux. Dans les activités familiales, sportives, professionnelles, artistiques ou religieuses, les usages du corps constituent désormais un terrain privilégié pour appréhender les normes et les rapports de genre. Les pratiques érotiques que les sociétés, à travers l'histoire, ont catégorisées comme normales ou déviantes occupent quant à elles une place inédite pour éclairer les articulations entre hiérarchies des sexes et des sexualités. Enfin, les inégalités de genre sont de plus en plus envisagées en relation avec celles liées à la classe sociale, la couleur de peau, l'apparence physique, la santé ou encore l'âge. Cette approche multidimensionnelle des rapports sociaux a transformé radicalement les manières de penser la domination au sein des recherches sur le genre.
    En analysant concepts, débats et enquêtes empiriques, les contributrices et contributeurs de cet ouvrage dessinent une cartographie critique des études de genre qui rend compte de leur remarquable vitalité.

  • Une analyse de l'Etat moderne, de sa création, de son fonctionnement et des alternatives existantes ou utopiques à sa domination, sous l'angle de l'intersectionnalité. Soulignant le fait que les réformes adoptées en vue d'améliorer la condition des femmes confortent trop souvent les structures sexistes, les auteures questionnent le rapport aux institutions à établir dans le cadre des luttes.

  • Ce livre est le récit d'une expérience politique. Celui de l'administration quotidienne, pendant 236 jours, de testostérone synthétique. Une expérience vécue comme un acte de résistance face à l'assignation à la naissance d'une identité sociale et sexuelle considérée immuable. A travers le récit de sa transformation corporelle, Paul B. Preciado dessine la mutation politique contemporaine des technologies de pouvoir. Entre chronique autobiographique et essai philosophique, Testo Junkie est pour la génération queer, trans et non-binaire ce que L'Anti-Oedipe de Deleuze et Guattari était pour la génération 68. Un livre incontournable, une lecture urgente, qui bouleverse nos certitudes et invite à transgresser les normes de genre et de sexualité.

  • Au XIX siècle, lorsque l'homosexualité est inventée comme crime et maladie mentale en Europe, l'écrivain Karl Heinrich Ulrich est le premier à se déclarer «  uraniste  » et à affirmer les droits de «  ceux qui aiment différemment  ». Après lui, Preciado refuse le protocole médico-légal de changement de sexe et entreprend un projet de transformation de son corps et de sa subjectivité via l'auto-administration de testostérone. Il relate cette traversée, ce devenir «  homme-trans  »,   au fil de chroniques dans Libération entamées comme Beatriz et poursuivies une fois devenu Paul.
    Il y développe une philosophie politique dépassant les questions de sexualité et évoque des questions politico-sociales comme le devenir néo-fasciste en Europe, la crise grecque, les luttes zapatistes au Mexique, le conflit en Catalogne.
    Car la dualité sexuelle et son l'épistémologie binaire sont le cadre général de nos sociétés «  technopatriarcales et hétérocentrées  ». La masculinité s'y définit par le droit des hommes à donner la mort et la féminité par l'obligation des femmes à donner la vie. L'hétérosexualité est à la fois une politique du désir et un régime de gouvernement imposant un système de violence et de domination. Face à ce régime, la culture queer et trans est celle du l'expérimentation du genre et de la non-naturalisation des positions de pouvoir. Les corps sont équivalents, le pouvoir est redistribué.
    En devenant Paul, Preciado, «  dissident du système genre-genre  », met en pratique la révolution sexuelle et politique qu'il appelle de ses voeux. Il propose ainsi une cartographie de technologies du pouvoir aussi bien qu'une guide des nouvelles stratégies de résistance à la norme.

  • Ces cinquante dernières années, le mouvement LGBTQ+ a remporté de nombreuses victoires, tant aux États-Unis qu'en France. Son but : lutter contre la discrimination et l'injustice pour que chaque personne soit libre d'être et d'aimer qui elle le souhaite.Derrière ce combat de longue haleine, il y a des individus singuliers qui se cherchent, tombent amoureux et résistent. Pour Mason Funk, fondateur d'un projet d'archives orales LGBTQ+, il est aujourd'hui temps de leur rendre hommage. Avec son équipe, il a sillonné les États-Unis pour recueillir les témoignages de celles et ceux qui ont fait avancer le mouvement, à l'échelle locale ou nationale.De ce voyage résulte C'est ça, notre liberté, un ouvrage unique qui donne la paroleà soixante-quinze figures LGBTQ+. Il a été enrichi de dix témoignages inédits pour l'édition française. Hoàng Phan Bigotte, Sam Bourcier, Alice Coffin, Catherine Gonnard, Élisabeth Lebovici, Caroline Mécary, Marie-Pierre Pruvot, Giovanna Rincon, Kiddy Smile et Louis-Georges Tin mêlent leurs voix, leurs histoires et leurs photos d'archives à celles d'activistes d'outre-Atlantique qui ont oeuvré à rendre le monde plus juste.C'est ça, notre liberté capture des histoires humaines passionnantes et, en filigrane, l'histoire de tout un mouvement.Traduction de l'anglais (États-Unis) par Nino S. DufourÀ propos de l'auteurMASON FUNK est le fondateur et directeur exécutif d'OUTWORDS, une association récompensée pour son travail de documentation de l'histoire LGBTQ+ aux États-Unis, via des témoignages de pionnières et pionniers du mouvement.

  • L'irruption sur la scène publique, culturelle et politique de l'affirmation homosexuelle a entraîné une prolifération de discours sur la définition même de l'homosexualité, et soulevé tout un ensemble de problèmes théoriques, sociologiques, philosophiques : qu'est-ce qu'un homosexuel aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'une identité ? Qu'est-ce qu'une mobilisation politique ?
    Didier Eribon propose ici une série de réflexions qui se déploient selon trois axes.
    D'abord une analyse de l'expérience vécue, dans laquelle il s'efforce de ressaisir comment une place infériorisée est assignée aux homosexuels dans la société, et comment leur subjectivité s'en trouve marquée. Il s'efforce ensuite de restituer quelques étapes cruciales de la constitution de l'identité gay moderne au XIXe siècle, à la fois dans la littérature et dans la culture populaire.
    Il étudie alors comment le procès d'Oscar Wilde mit un terme provisoire à l'émergence de cette prise de parole, et comment il en alimenta par la suite les résurgences (chez Gide et Proust notamment).Enfin, il s'attache à commenter les textes de Michel Foucault sur toutes ces questions en s'interrogeant sur ce que peut être une « culture gay » aujourd'hui.
    Comment les gays peuvent-ils reformuler eux-mêmes leurs propres personnalités, dans un geste toujours recommencé d'écart par rapport aux normes ? Telle est finalement la préoccupation autour de laquelle s'articulent les trois parties de ce livre.

  • Après la mort de son père, Didier Eribon retourne à Reims, sa ville natale, et retrouve son milieu d'origine, avec lequel il avait plus ou moins rompu trente ans auparavant. Il décide alors de se plonger dans son passé et de retracer l'histoire de sa famille. Évoquant le monde ouvrier de son enfance, restituant son ascension sociale, il mêle à chaque étape de ce récit intime et bouleversant les éléments d'une réflexion sur les classes, le système scolaire, la fabrication des identités, la sexualité, la politique, le vote, la démocratie...
    Réinscrivant ainsi les trajectoires individuelles dans les déterminismes collectifs, Didier Eribon s'interroge sur la multiplicité des formes de la domination et donc de la résistance.
    Un grand livre de sociologie et de théorie critique.

  • Afin d'avancer dans son parcours transsexuel, Cassandra décide de se procurer des hormones de manière illégale, sans se douter que l'association lesbienne à laquelle elle s'adresse sert en fait de couverture à un gang de motardes surnaturelles. Le roman "pulp" de Lizzie Crowdagger transpose dans le langage fantastique (vampires, loups-garous, sorcellerie) la transphobie ordinaire et dynamite, au besoin à coups de révolvers, les codes de genre et de sexualité.

    Vous avez toujours trouvé que les biographies trans manquaient de flingues et de moto ? Alors vous aimerez Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires) : entre Buffy, True Blood et Sons of anarchy, mais avec plus de gouines.

  • Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore.

    Ce livre est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu'à Judith Butler.

    Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées...

    Il s'agit ici non seulement d'éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ?

    Car le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.

    E.M.

  • Un souvenir revient dans les écrits d'Audre Lorde. C'est l'hiver à New York. Audre est dans le métro avec sa mère. Emmitouflée, elle est assise à côté d'une dame en manteau de fourrure. Elle regarde la dame, blanche, qui d'une main rageuse retire le pan de manteau qui effleure l'enfant. Une enfant Noire qui ne comprend pas et cherche désespérément un cafard, une poussière, bref une saleté justifiant ce geste.
    Quelque chose pour ne pas réaliser que la saleté... c'est elle. Ensuite, le regard rageur de la dame blanche qui tue l'enfant Noire de cinq ans parce qu'elle ne peut pas le nommer : le regard du racisme. Un souvenir vrillé en elle, plus qu'une douleur, une souffrance indélébile qui permet à la poète adulte d'affirmer qu'au fond, en Amérique, on ne veut pas que les Noir-e-s vivent. Audre a vécu, survécu, pour nous dire son "amérique", ses passions, ses colères, dans une série d'écrits lumineux.

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